‹ Traité des maladies des femmesChapitre 38 sur 114 · MANIÈRE ILS DEVRONT ÊTRE EMPLOYÉS · texte numérisé non relu

MANIÈRE ILS DEVRONT ÊTRE EMPLOYÉS

Le remède appelé à-roxiov, sans accouchement, diffère de celui appelé tpôoptov, avortement. Le premier empêche la conception de se faire, le second détruit ce qu’elle a produit, d’où la nécessité d’exposer ce qui a trait à ces deux ordres de moyens. Quelquesuns pensent que exë oXtov, expulsion, signifie la même chose que (pOcptov, avortement ; d’autres disent que non, quand il ne s’agit pas de remèdes, mais de quelques chocs (sauts). C’est pourquoi ils soutiennent (\u Hippocrate repoussant l’avortement, «poôçiov, et ayant dit dans son livre de la nature de l’enfant : « Je n’enseignerai à aucune un moyen abortif qui a pour effet de détruire le produit de la conception », avait cependant procuré à une danseuse l’expulsion du produit de la conception par des sauts1. Il ne voulait pas procurer la destruction du produit de la conception,

Peut-on faire usage de substances abortives ? — On ne le doit pas pour quelques-unes, car la mission du médecin est de guérir ce que la nature a commencé et non de le détruire. Mais il y en a qui veulent faire usage d’abortifs non pour cause d’adultère ni pour un motif intéressé, mais à cause d’obstacle siégeant à l’orifice de la matrice ; une femme qui devient enceinte dans ces conditions pourra faite usage d’abortifs attendu qu’il est préférable d’exterminer le produit de la conception que de s’exposer à ne pouvoir accoucher quand le moment sera venu puisque l’enfant ne pourra sortir et qu’elle serait menacée alors d’un très grand danger.

i Voy. Littré (De la nature de l’enfant), VII, p. 491, ligne 14.

MÉDICAMENTS DÉTERMINANT l’aVORTEMENT. 59

puisque la mission du médecin est de protéger ce que ciée la nature ; il en est qui ont admis avec joie cette proposition. Il en est qui ont la même opinion sur les remèdes qui causent la stérilité, nous partageons aussi cette idée et, à cet égard, nous voulons dire notre opinion : Il y a des femmes qui, par le fait de la conception, sont mises dans un état dangereux à cause de l’étroitesse du col de l’utérus ou parce que la matrice tout entière est trop petite et ne peut suffire à la nutrition de 1 enfant, ou parce qu’à l’orifice de la matrice il existe des condylomes, des fissures ou quelque autre défectuosité de nature telle, qu il eût été plus utile à la femme de n’avoir pas conçu; que si, pourtant, elle est enceinte, il serait préférable de tuer le fœtus plutôt que de le couper (pour l’extraire). Comme il serait plus utile pour ces femmes qu’elles n’eussent pas conçu, il est essentiel de dire ici quels sont les moments les plus favorables à la conception pour que les femmes puissent l’éviter dans l’acte du coït. Pendant cet acte, au moment où l’homme est sur le point d’éjaculer, la femme retiendra un peul’haleine et se glissera en arrière afin d’éviter que, pendant l’émission, la semence arrive dans la cavité utérine; immédiatement après elle se lèvera, se mettra à genoux, essuiera avec soin le pourtour de l’orifice du vagin ; cela fait, elle provoquera un éternuement et boira un peu d’eau fraîche ; pour éviter aussi la conception avant le rapprochement, elle enduira le col avec de l’huile rance ou avec du miel, ou avec de la décoction de racine de cèdre, ou de l’opobalsamum seul, ou avec de la céruse, ou du cérat liquide avec de l’huile de myrte et delà céruse ou de l’alun liquide, ou avec du galbanum mêlé de vin ; ou bien un flocon de laine douce sera introduit dans l'orifice utérin, ou bien la femme introduira dans le vagin, avant le coït, un pessaire astringent ayant la propriété de durcir la semence. Ces remèdes, bien qu’ils soient astringents et réfrigérants, ont la propriété de resserrer l’orifice utérin et de ne pas permettre à la semence de pénétrer dans la cavité utérine et d’y rester, mais ils ont aussi la propriété de provoquer la sécrétion d’un autre liquide dans l’utérus. Nous en mentionnerons quelques-uns : l’écorce de pin, le sumac des tan-

6o TRAITÉ DES MALADIES DES FEMMES.

neurs, de chacun partie égale, broyés avec du vin de raisins ; avant le coït on introduira un petit peloton de laine imbu de ce liquide et on l’enlèvera deux ou trois heures après ; — autre moyen : des racines de panais et de la terrede cimolia, de chaque, partie égale, triturées ensemble avec de l’eau, qu’on emploiera de la môme manière, ou la partie interne de l’écorce de grenade triturée avec de l’eau, même usage. Avec deux parties d’écorce de grenade, de noix de galle une partie, triturées, on en fera une petite boule qu’on placera (dans le vagin) après la cessation des règles ; — de l’alun liquide et de l’écorce de grenade triturée avec de l’eau, dont on imbibera de la laine; avec des galles non mûres, partie interne de la grenade, gingembre, de chaque deux drachmes, triturées ensemble avec du vin, on fera des pilules de la grandeur d’un pois qu’on séchera à l’ombre et qu’on placera avant le coït ; — ou avec des chairs de figues broyées avec du nitre, qu’on placera de même ; — ou bien avec des écorces de grenade triturées avec même quantité dégommé et additionnées d’huile de roses, même emploi ; ensuite la femme prendra comme boisson de l’eau miellée. Il fiiut éviter les substances âcres à cause de l’ulcération qu’elles causent. On fera usage de tous ces médicaments jusqu’à la cessation de la menstruation. Quelques-unes feront bien de prendre du suc de cyrénaïque, la valeur d’un pois dans deux hémines d’eau à la fin de la menstruation ; — ou bien : opopanax et suc de grenade, semence de rue, de chaque deux oboles, enrobés de cire, à donner à manger, après quoi on boira de l’eau et du vin, on pourra même mélanger cela avec du vin coupé ; — ou bien semence de violettes et de myrtes, des deux un tribole, poivre blanc deux grains macérés dans du vin pendant trois jours, ou bien une demi-obole de semence de roquette1, mélangées avec de l’oxymel. La stérilité est produite aussi avec l’eau des forgerons qui a servi à refroidir le fer, bue habituellement, surtout après la cessation de la menstruation ; non seulement ces moyens empêchent la conception de se produire, mais

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