‹ Traité des maladies des femmesChapitre 39 sur 114 · I . Br assied eruca · texte numérisé non relu

I . Br assied eruca

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ils tuent le foetus. A notre avis, le grand danger, le grand mal qui résulte aussi de l’emploi de ces moyens est de troubler l estomac, d’alourdir la tête et d’éveiller de fâcheuses sympathies. D’autres font usage d’amulettes et pensent obtenir par antipathie ce qu’elles désirent, on y met des utérus de taupes et des saletés trouvées dans leurs oreilles, remèdes trompeurs, comme on le voit, quand on veut en constater l’effet.

La conception ayant eu lieu, il faudra, pendant les trente premiers jours, pour la contrarier, faire usage des moyens dont nous avons parlé, pour dissoudre la semence; marcher beaucoup, supporter les secousses des voitures et sauter, et porter des fardeaux très lourds au-dessus de ses forces. Il faudra faire usage de décoctions diurétiques qui aussi provoquent la menstruation ; relâcher le ventre en prenant des lavements irritants ; onctionner de temps en temps le corps, le frictionner, surtout la région du pubis, le bas-ventre et les lombes ; chaque jour on lavera la femme avec de l’eau pas trop chaude, tiède ; elle prendra des bains prolongés après avoir bu un peu de vin léger et pris les aliments âcres dont nous avons parlé. Si cela ne suffit pas, elle prendra des bains de siège dans une décoction de fenugrec, de mauve, de guimauve, et d’artémise, ces décoctions pourront servir pour faire des cataplasmes ; elle fera des injections d’huile rance seule, ou additionnée de suc de rue, ensuite de miel, ou d’huile d’iris, ou d’absinthe, avec du miel ou de l’opopanax ou fleur de sel, avec delà rue et du miel ou du baume syriaque. Si l’avortement tarde à se faire, il ne faudra pas continuer à faire usage de cataplasmes simples, mais les composer avec de la farine de lupin et du fiel de bœuf et d’autres topiques de ce genre, parmi lesquels on cite le ciclamen, le concombre sauvage, l’artémise, de chaque cinq drachmes, d’absinthe, de coloquinte, trois drachmes, des grains de cnide n° XX, nitre dr. VIII, d’huile de ciprin en quantité suffisante, pour en faire un emplâtre ; après avoir chauffé le bas-ventre, on appliquera sur le ventre puis sur les lombes une décoction d’artémise ; en même temps on introduira dans le vagin des figues sauvages avec du nitre ou une autre substance de la même es-

pèce, ou on huilera avec de l’huile rance additionnée de résine de cèdre. Si la semence n’est pas détruite par les moyens que nous venons d’indiquer, il faudra en employer de plus efficaces et en venir à l’avortement (çôopta) non pas au hasard et sans circonspection. Car toute corruption du foetus est périlleuse, surtout si la femme est en bonne santé et robuste, l’utérus plus dur et plus dense. C’est pourquoi il faut éviter le deuxième et le quatrième mois, car, naturellement et nécessairement, ces mois apportent quelques dispositions morbides aux souffrances et une prédisposition aux maladies. Il faudra donc choisir le troisième mois, pas avant ni après. La femme qu’on devra faire avorter y sera préparée pendant trois ou quatre jours par des bains prolongés, une diète et des pessaires émollients ; il faudra qu’elle s’abstienne du vin ; puis on fera une saignée copieuse, car ce que Hippocrate dit dans ses aphorismes ne s’applique pas aux femmes qui souffrent d’astriction, mais est vrai pour la femme bien portante : « une femme enceinte, saignée, est exposée à avorter (V Sec. 31) », d’autant plus que le foetus est plus avancé. Car de même que la sueur, l’urine et les selles se portent au dehors quand les parties qui les renferment sont relâchées, de même aussi le produit de la conception sort de l’utérus quand ce dernier est relâché. Après la saignée, la femme fera bien de s’exposer aux chocs de la voiture ; l’ébranlement des parties sera beaucoup plus efficace sur les tissus qui auront déjà été débilités ; on fera usage aussi d’un pessaire émollient. Si la femme ne supporte pas la saignée, il faudra commencer par relâcher les parties au moyen des bains, de pessaires émollients, de boissons aqueuses, la diète alimentaire et le relâchement du ventre par des lavements émollients, ce n’est qu’après qu’il faudra placer le pessaire dissolvant. Il ne faudra pas choisir ceux qui sont âcres et qui causeraient de la chaleur. Le pessaire d’une action sûre sera composé comme suit: iris, galbanum, grains de cnide, térébenthine dr. I, avec huile de susine ou de roses ou de cyprin, enveloppez-le de laine; il sera introduit le soir et gardé pendant toute la nuit ; le lendemain matin on prendra un bain de siège fait avec une décoction de fenugrcc

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ou d’artémise ; et si l’effet n’est pas produit, un autre topique fait avec de la semence de violettes blanches, de nitre et d’absinthe, parties égales, qu’on mettra dans de la laine avec du vin pour en faire un pessaire ; ou encore : feuilles de rue, baies de laurier, myrrhe, de chaque dr. II avec du vin ; comme ci-dessus. On peut en outre faire usage de tous les emménagogues ainsi que de tous les topiques. Il y a encore beaucoup d’autres recommandations à faire: avant tout il faut éviter tout ce qui peut blesser ainsi que tout instrument pointu qui pourrait léser le fœtus, il y aurait danger à ce qu’une partie voisine fût blessée. Après la corruption du fœtus, il faudra suivre un traitement antiphlogistique.

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