Cels., Prcefat
INTRODUCTION
D’un autre ouvrage, il n’avait été conservé que quelques fragments par Aétius et par Paul d’Égine, mais surtout par Oribase, un chapitre entier consacré à la description des organes génitaux de la femme, qui, comme un précieux fil conducteur, devait permettre plus tard de trouver tout le livre des maladies des femmes, qui, depuis des siècles, était confondu ou plutôt enfoui avec d’autres manuscrits grecs dans la poussière des bibliothèques.
A la fin du travail de Littré sur les éditions et les traductions complètes d’Hippocrate, on lit la note suivante (t. 1, 553) : « Il est deux hommes dont il est bien à regretter la mort, c’est Coray et Dietz (Frédéric- Reinhold), qui, après avoir publié une édition du Traité de la maladie sacrée, comme essai de ses forces, put, à l’aide d’une mission du gouvernement prussien, visiter les principales bibliothèques de l’Europe ; il y avait re- ' cueilli une masse considérable de matériaux, publié la collection des commentateurs d’Hippocrate, dont quelques-uns étaient inédits, et, toutes ces richesses laborieusement amassées, il comptait les employer à donner d’Hippocrate une édition qui fût neuve par la forme et par le fond. Une mort prématurée a anéanti toutes ces espérances. » Il est d’autres découvertes qui, heureusement, ont été conservées et revivifiées, comme nous allons voir : en parcourant, à Paris, vers 1825, dans la Bibliothèque royale, le manuscrit grec du xve siècle qui porte le n° 2153, sur papier, format in-40,
MALADIES DES FEMMES. I
INTRODUCTION
il fut fort surpris de lire, page 218, la description des parties génitales de la femme, telle que Soranus l’avait écrite et qu’ORiBASE l’avait conservée ; mais plus grande fut sa surprise de voir qu’à sa suite se trouvait le Traité des maladies des femmes, que depuis des siècles on avait cru perdu. Il s’empressa d’en faire une copie exacte et de se rendre à Rome pour chercher s’il ne trouverait pas un autre exemplaire de ce livre. Il en trouva un en effet dans la bibliothèque Barberine, sur papier, format in-8°, datant du xvie siècle, mais rempli de beaucoup de fautes ; il le collationna avec sa première copie et nota les variantes.
Il rapporta chez lui, à Kœnigsberg, ces précieuses copies et en commença l’impression chez Graef et Unzer. On en était arrivé à la page 58, quand Dietz mourut subitement en 1836; il était âgé de trente et un ans (il était né en 1805). Ce fut Just-Florian Lobeck, un ancien collègue de l’Université, qui fut chargé de surveiller l’impression du reste du manuscrit. Dietz avait été pressé de soumettre au public compétent ce traité « de Soranus ou d’un autre », est-il dit dans la préface, afin qu’il pût être lu et étudié ; ce fut Ch.-Aug. Lobeck, un ami, qui rédigea la préface, datée de Kœnigsberg, mois d’août 1838.
Hæser publia : De Sorano Ephesio ejusquc rcsçl yovaixei'ov Ttaeôv libro imper reperto programma (Ienæ, 1 840, in-40), dans lequel il établit, par des passages empruntés à ce livre, que Soranus d’Éphése était bien l'auteur de ce
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Traité et non un Soranus plus ancien qui, avec celui-ci, était confondu en une même personne. La même année, un jeune israélite, Isidore PInofe, très versé dans la littérature ancienne, eut l’idée d’étudier 1 obstétricie de Soranus dans le livre dont Dietz venait de faire la découverte : « Nova et pæne inesperata lux nobis est orta,
« invento a divo Dietzio Sorani Ephesii opéré icspl rwaixsiov zaoôv », dit-il dans sa préface. Extraire de ce livre et commenter ce qui a trait a 1 obstétricie fut le sujet de sa dissertation inaugurale soutenue à Breslau, le 26 novembre 1840. Quelques années après, ce travail fut repris par l’auteur et complété pai 1 etude du livie entiei de Dietz et publié dans le Janus, journal historique et littéraire, fondé par Henschel et publié a Breslau sous le titre de Geburtshülfe des Soranus Ephcsios (l’ Obstétricie de Soranus d’Éphése) [Janus, t. I, 1846, p. 705 ; t. II, 1847, p. 16, 217, 732]. Les passages les plus importants du Traité de Soranus sont en partie traduits en allemand et enrichis de notes historiques.
Ces travaux sérieux, publiés dans un journal de haute importance, mais trop peu répandu, et qui cessa d’exister au bout de moins de trois ans, n’eurent que peu de retentissement en Allemagne et aucun en France, où les travaux historiques sont également aussi peu en faveur; d’ailleurs, le livre de Dietz ne portait que le texte grec des manuscrits, sans d’autres notes que des variantes qui rendaient la lecture fort difficile et peu attrayante. Il eût été délaissé encore pendant longtemps
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si le docteur Fr.-Zacharie Ermerins, de Groningue, n’avait, par une révision du texte, la coordination des chapitres et une traduction latine, rendu possible la lecture de ce livre précieux. A la fin de la préface, il dit qu’il n’a eu d’autre but : « Spero ut ita officio illo « functus esse videar, ut lectoribus Sorani librum eo « modo in manus dem, sahem ut legi possit. » Plus loin, il ajoute qu’on ne peut regarder comme terminé le travail de révision auquel il s’est livré, qu’il devra être repris pour obtenir nette la parole du maître qui a écrit des livres si importants, qui assurent à Soranus une place considérable dans l’histoire de la médecine. Dans certains écrits on avait admis, d’après Suidas, quatre Soranus. Leclerc n’en admet plus que trois : un de Mallus, en Cilicie, appelé Mallotes, et deux nés à Éphèsè, fils de Ménandre et de Phœbé1. Nous admettons les raisons sur lesquelles Ermerins s’appuie pour penser que ces deux Soranus d’Éphèse ne font qu’une seule personne; en effet, les deux, selon Suidas, ont vécu sous Trajan et Adrien et ont produit de nombreux ouvrages que les découvertes du texte nouveau ont fait connaître ; ce sont là les véritables témoins de l’existence de ce médecin qui a été pendant longtemps déjà mis au premier rang des médecins méthodistes. On peut dire qu’il occupe le premier rang parmi les médecins qui ont précédé Galien, et dont celui-ci parle avec
i. Ed. 1723, p. 452.
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respect, bien qu’il soit d’une école différente de la sienne, ce qui est une chose bien considérable pour un homme aussi passionné qu’il l’a été dans ses polémiques.
La liste des écrits de Soranus dressée par Ermerins ne comprend pas moins de quatorze ouvrages qui sont:
I. Livre des maladies aiguës et chroniques , que la traduction qu’en a faite Cælius Aurelianus a conservé en partie1 2 jusqu’à ces derniers temps Ce livre avait été le seul ouvrage important de l’école méthodique, selon le titre de cette édition, qui, suivant Choulant1, est la meilleure ;
IL Le Livre des fièvres, mentionné par Cæl. Aurel. ;
III. Le Traité d’hygiène, mentionné dans le Traité des maladies des femmes ;
IV. Le Livre de chirurgie, dont on ne connaît pas le titre exact, mais dont on pense qu’il reste quelques fragments ;
V. Des maladies des femmes. Dans l’édition princeps de Dietz, il comprend 126 chapitres qu’ERMERiNS a cru devoir réduire à 66 ;
VI. Livres par demandes et par réponses (abrégés?) cités par Cælius (1. V, ch. IV, 571, éd. citée) ;
VIL Livres sur les remèdes, au nombre de quatre seulement (matière médicale) ;