‹ Traité des maladies des femmesChapitre 52 sur 114 · SECTION DU CORDON OMBILICAL · texte numérisé non relu

SECTION DU CORDON OMBILICAL

cordon avec un scalpel, de faire sortir par une légère pression le sang~qu’il renferme, et de lier le bout avec de la laine retorse ou avec un simple fil, une ficelle ou autre objet semblable. Le lin coupant peut causer sur les parties molles d’intolérables douleurs. Il est nécessaire de faire une constriction sur le bout coupé pour éviter le danger d’une hémorrhagie, car il y a des vaisseaux dans le cordon dont l’office est de transmettre de la mère à 1 enfant du sang et de l’esprit. C’est par ce motif que quelques-uns, après la section, chauffent au feu un stylet ou une spatule pour cautériser le cordon. Nous ne conseillons pas de suivre ce procédé; car les parties cautérisées peuvent causer de violentes douleurs et des inflammations. Avant que le chorion soit extrait, il faudra lier l’ouraque (le cordon) à deux endroits, couper dans l’intervalle, pour empêcher l’écoulement du sang (du vaisseau) destiné à l’enfant et (de celui) destiné à la mère. Car le chorion est encore adhérent. Après la section du cordon, la plupart des barbares, comme les Germains et les Scythes, et aussi quelques Grecs, plongent l’enfant dans de l’eau froide pour le fortifier, le rendre moins sensible au froid ; s’il ne supporte pas cette immersion et devient livide, affaibli, il succombera, ce qui dit qu’il n’y a pas lieu de se donner la peine de le nourrir. Il en est qui lavent l’enfant avec du vin salé ou avec du vin pur ou avec de l’urine d’un garçon encore vierge, d’autres commencent par saupoudrer l’enfant avec de la galle et du myrte broyés. Nous désapprouvons tout cela ; les froids causent un saisissement subit à l’enfant, qui peut devenir dangereux, même aux plus robustes qui peuvent en être considérablement affaiblis, causer des convulsions et des apoplexies. Ceux qui n’ont pu supporter cette épreuve ne sont pas nécessairement ceux qui n’auraient pas pu vivre si on ne les avait pas exposés à ce danger ; de moins robustes n’ont-ils pas été bien élevés quand on les a préservés de tout danger? Si une réfrigération était nécessaire, celle dans l’air suffirait, les enfants qu’on y expose pleurent de suite, parce qu’ils n’y sont pas habitués ; en naissant, ils ont quitté subitement une chaleur qui n’avait jamais été interrompue. La vapeur du vin cause le som-

meil non seulement chez les enfants, mais chez les adultes. L’urine a une mauvaise odeur, les galles sont astringentes, mais ne nettoient pas. Les moyens de propreté sont nécessaires, il en est de même des astringents pour que le coagulum naturel, qui dans le sang est visqueux, s’en éloigne et que la surface du corps devienne solide et que la peau ne souffre pas d’éruptions, d’où la nécessité de la fortifier ; c’est par ce motif que nous recommandons de couvrir l’enfant de sel.

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