‹ Traité des maladies des femmesChapitre 6 sur 114 · XII. De l’âme, en quatre livres, dont parle Tertullien · texte numérisé non relu

XII. De l’âme, en quatre livres, dont parle Tertullien

XIII. Livre en un volume sur la nomenclature et l’étymologie ;

XIV. Biographies médicales, au nombre de dix, suivant Suidas.

On voit par cette simple énumération, probablement incomplète, des Traités de Soranus, quelle doit avoir été l’étendue de l’œuvre entière du célèbre chef de l’école méthodique, combien de sujets il avait embrassés dans ses investigations. L’attention devait avoir été éveillée sur sa personne et sur ses œuvres, aussi Galien, qui vécut peu après Soranus (iic s.), le cite-t-il plusieurs fois dans ses œuvres et lui emprunte même quelques formules, ce qui, de la part de ce doctrinaire passionné, était envers un dissident au moins un témoignage d’estime.

Le nom de Soranus et son œuvre étaient bien

INTRODUCTION

connus, car Tertullien (111e siècle), s’élevant contre l’embryotomie barbare d’Hippocrate toujours pratiquée, demanda qu’on suivît la pratique plus douce de Soranus (De Anima, cap. IV).

Saint Augustin (ive siècle) appelle Soranus medicinæ auctor nobilissimus (Adv. Julian., lib. V).

Oribase, ce précieux collectionneur (ive siècle), avait admis dans son Encyclopédie la description soigneuse que Soranus avait faite des parties génitales de la femme, qui a si merveilleusement servi à retrouver l’œuvre entière, dont elle constitue le chapitre III.

Aetius d’Amida (vie siècle), l’auteur du Tetrabiblion, admit dans sa collection quelques chapitres de Soranus tirés du livre des maladies des femmes.

Paul d’Égine (vne siècle), autre collectionneur, admit aussi dans son Epitome quelques chapitres empruntés à Soranus.

Au vie siècle, Cælius Aurelianus publia le Livre des maladies aiguës et chroniques, qu’il dit être une traduction latine du livre de Soranus : « Soranus cujus hæc sunt quæ latinizanda suscepimus » (Acutar. morb., lib. Il, cap. 2, éd. Amann 75).

Au même siècle, Moschion publia en langue latine un abrégé du Traité de gynécologie de Soranus fait par demandes et par réponses à l’usage des sages-femmes, dans lequel on lit, à la préface et b la fin du livre, que c’est un abrégé du livre. Ces témoignages, comme on les appelle en bibliographie, ne laissent aucun doute

INTRODUCTION

sur la personnalité du grand méthodiste. « La lumière qui se fait sur un point de la science ne tarde pas à en produire de nouvelles clartés sur un autre », disait mon éminent maître Sédillot. En histoire se justifie aussi cette proposition d’une si haute portée.

Malgré l’intérêt qui s’attache à une pareille découverte, l’empressement de Haeser à l’annoncer1, à en publier un sommaire, la publication d’une analyse par J. Pinof dans sa thèse inaugurale2, une traduction allemande par le même dans le Janus, journal historique et littéraire3 4 5, le livre de Dietz passait inaperçu, nous pouvons dire restait inconnu. Malgré l’étude si savante du livre de S or anus, sa coordination, la traduction latine et les notes nombreuses par Ermertns, de Groningue, le livre serait resté très peu connu en France sans l’analyse qu’en fit le savant Guardia, publiée dans la G abêtie médicale de Paris \ Je publiai quelques fragments dans une Étude sur la version podaliques, regrettant alors de n’avoir pu en faire la traduction complète.

Voici ce qu’ERMERi.vs dit sur les œuvres de Soranus d’Éphèse, fils de Ménandre et de Phœbé : « Il est douteux, dit-il, que ce soit là tout ce qu’on pourra savoir. Je ne nierai pas qu’il puisse exister d’autres œuvres de Soranus cachées dont nous ne connaissons pas les titres.

1 Iéna, in-40, 1830

2 Breslau, nov. 1830.

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