II, 1846, p. 705; II, 1847, p
5 Ann. de gynèc., an. 1882.
INTRODUCTION
j’ai seulement voulu confirmer le jugement porté sur Soranus par Suidas, qui a dit qu’il a publié plusieurs traités très beaux : Bi6Xta iz\zïo-7. xaUwTa. »
MOSCHION
Étrange est la destinée de Moschion, qui, pendant plusieurs siècles, a passé pour l’auteur du plus ancien livre consacré aux accouchements et aux maladies des femmes. Ce rang donné par l’archéologie lui a été ravi par elle après de nouvelles découvertes qui, du rang d’auteur, l’ont fait descendre à celui d’abréviateur. L’histoire de cette métamorphose est aussi curieuse qu’instructive; elle mérite d’être succinctement racontée.
Vers le milieu du xvie siècle, au moment où l’imprimerie naissante s’était empressée de reproduire par la presse les oeuvres des anciens, conservées par les manuscrits dans les bibliothèques, Gesner, de Zurich, avait trouvé dans la bibliothèque d’Augsbourg un manuscrit grec consacré aux maladies des femmes. Le texte du livre était si défectueux qu’il ne pouvait être ainsi imprimé; il était indispensable d’avoir un autre texte du même livre ; on le trouva en latin. Les deux textes furent imprimés à Bâle en 1566, le texte grec légèrement amendé par le savant Zurichois ; ils furent réimprimés dans la collection gynécologique de Bauhin, à Bâle, en 1588, et dans la collection de Spach, à Stras-
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bourg en 1597. Dans le manuscrit latin se trouvait le nom de Moschion, mais pas celui de Soranus.
Pendant deux siècles, on n’a possédé d’autres renseignements. En 1793, Fr.-O. Dewez publia le livre de Moschion d’après un manuscrit grec en meilleur état, conservé dans la bibliothèque de Vienne; il y ajouta une traduction latine avec trente pages de notes fort intéressantes. Dans l’avant-dernier chapitre, consacré aux causes de dystocie, on lit : « Soranus vero alias adjecit causas », d’où il ressort que Soranus avait traité le même sujet, mais avec plus de développement.
On voit que la lumière se fait peu à peu ; elle ne fut éclatante qu’aprés que Dietz eut retrouvé le livre de Soranus, que ce livre fut mis en ordre et rendu lisible par Ermerius et publié avec une traduction latine et une surabondance de notes. Peu après, parut l’abrégé de Moschion sous le nom de : Ancienne traduction latine du livre de Soranus : « Sorani Gynæciorum vêtus translatio latina (du xme siècle) a Valentino Rose, Lips. MDCCCLXXXII », traduction déjà vue à Paris et à Florence, par Daremberg, et que Rose publia d’après un manuscrit conservé à la bibliothèque de Hanau, sous le titre : Gynœcia Muscionis ex græcis Sorani in latinum translata sermonem.
Fort intéressante pour l’histoire est la préface de Moschion :
« Cum frequentius nobis in muliebribus obstetrix « fuisset necessaria, nullum invenimus studiosam quæ
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« litteras græcas adtigisse videretur, quod si et habuis- « set omnia in latinitate sibi translata, gynæcia, poste sent rationem lectionis scire. Ego vero Muscio quia « multa jam videor quomodocunque transtulisse, ve- « ritate rationis potius nisus quam structa ratione vel ce diligentius polita usus, sicut in ophthalmico et chirur- « gumeno filiatro etiam et boethematico legisti, placuit « mihi hæc quoque gynæcia in latinum vertere sermo- « nem, licet etiam maximam partent triacontados ad in- « tegrum tenorem secutus Soranum transtulerim. Sed « cum vidissem grande opus futurum et posse mulie- « bres animos hac ratione cito præ magnitudine lassari, « placuit cateperiotianorum brevitatem fuisse secutus, ut « omnia dicere videar et non grande corpus perfecisse, « quibusdam vero capitalis multum breviter dictis, « quædam et triacontados addidi, ut ex omnibus col- « lectus commentarius sufbciens esse possit ; his autem « multo simplicius volui loqui et ut verius dicam mu- « liebribus verbis usus sunt, ut etiam imperitæ obste- « trices licet ab altéra sibi lectam rationem facile intelli- « gere possint. »
Il résulte de là que Moschion est le traducteur latin et F abréviateur du livre grec de Soranus. Il nous paraît donc utile de donner au-dessous du texte de Soranus celui de Moschion, son abréviateur, cette disposition permettant de mieux pénétrer dans la pensée de l’auteur.
Le nom de Moschion est cité par Soranus (Mal.
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des femmes , chap. XXXII) [Ed. Ermerins), mais ce n’est manifestement pas le traducteur de son livre ; il n’a pas vécu sous Néron ; il est bien postérieur à Soranus. 11 est probable pour Hæser qu’il a écrit au vie siècle, à l’époque où Cælius Aurelianus a fait la traduction latine du livre des maladies aiguës et chroniques, mais de l’aveu de tous les historiens cette date est incertaine.
D’après quelques indices, le nom de Moschion serait celui d’un israélite qui aurait aussi fait des traductions en hébreu. Son nom était Mose (Moïse) qui se prononce Mosche, d’où l’hélénisation aurait fait Moschio.
La traduction grecque abrégée si fautive que Gesner avait vue doit avoir été faite à une époque de complète décadence, vers le xe siècle.
Il faut ajouter que rien n’est certain, et que ce qu’on dit est le résultat d’indices et non de preuves. J’ai, dans les additions à la traduction de l’histoire de de Siebold', donné les documents sur lesquels ces présomptions reposent.