SÉCRÉTION DU LAIT TARIE OU ALTÉRÉE. III
ner des bains, des aliments de bon goût, lui procurer des distractions et la soumettre à des exercices qui font agir particulièrement les parties supérieures du corps, car, par ce moyen, la nutrition des parties supérieures du corps étant plus active, les mamelles en profiteront aussi. Les succions pourront aussi avoir un bon résultat en attirant vers ces régions une plus grande abondance d’éléments nutritifs. Mnesitheus conseille de faire deux fois usage de vomitifs, oubliant que les vomitifs ont pour effet de rendre la digestion difficile, à moins qu’on n’ait en vue de combattre une maladie chronique. Quelques-uns font usage d’aromatiques en potion, et-des pilules dites pour faire sécréter le lait; ils recommandent aussi de faire usage, comme aliments, de mamelles d’animaux ; d’autres brûlent des hiboux, des chauves-souris et recouvrent les seins de leurs cendres, ou font des lotions sur les seins avec quelque autre liquide ; tous ces moyens sont à rejeter ; ceux qui troublent l’estomac rendent difficile la digestion des aliments, ils ont par conséquent doublement un effet nuisible sur la nutrition. Il faut boire beaucoup de lait, faire beaucoup d’exercices pour fortifier le corps. Si le lait est devenu épais, la nourrice fera usage de bains, d’aliments liquides et peu nourrissants, et elle prendra de l’eau comme boisson. Quelques autres, parmi lesquels Moschion et Paris, recommandent les petites racines et des salaisons; il ne faut pas suivre ces conseils, car, quand bien même
Quels sont les remèdes qu’employaient les anciens pour augmenter la quantité de lait ? — Les anciens prescrivaient de manger les mamelles des animaux, de brûler des chauves-souris ou d’autres animaux nocturnes, de mêler leurs cendres avec du vin ou de l’eau, ils faisaient avec le même liquide des fomentations sur les mamelles. Nous rejetons tous ces moyens ; l’estomac en est fatigué et la nutrition étant diminuée, la quantité de lait est encore diminuée.
Que faire si la nourrice a trop de lait ? — 11 fout prescrire des exercices et des travaux qui diminuaient le lait, si le lait est à la fois abondant et épais, il fout diminuer la quantité de la nourriture et lui en donner qui produise de la soif afin qu’elles boivent beaucoup d’eau et il fout lui prescrire un bain chaque jour.
la densité du lait serait diminuée par ces moyens, ceux-ci auraient pour effet de rendre le lait piquant et corrompu, ce qui serait plutôt nuisible. Le lait étant devenu plus léger, il conviendra de cesser l’usage des bains, puisque, naturellement, ils rendent le lait plus aqueux. Les aliments consisteront en bouillies de farine ou d’épeautre, avec des œufs mollets, et du fruit du Pinus pinea1, de pieds et de petites parties des cochons de lait ; ces aliments renferment quelque chose de visqueux et de glutineux qui rend le lait plus consistant ; et de viande de cerf rôtie ou bouillie ; a l’enfant, on permettra un peu de vin ; si le lait est altéré, ce qui arrive souvent à la suite de mauvaises digestions ou du coït, il faudra éloigner ces causes, et revenir à des aliments de bon goût et de digestion facile. Voila ce qui a trait à la nourrice, voyons comment il faut traiter l’enfant.
Pourquoi ne permet -on pas des aliments âcres et salés aux nourrices? — Parce que l’enfant diminue ainsi que le lait et que les digestions sont mauvaises .
Que faire si le lait est corrompu ? — Il faut veiller à ce que leur nourriture soit bonne et s’assurer que leurs digestions se fassent bien, veiller à ce qu’elles ne se livrent pas au coït, ne prennent pas des potions ; tout cela est à modifier et le lait peut redevenir bon.
Que faire si le lait est aqueux ? — On prescrira de laver peu, on leur donnera souvent du vin, de bons aliments solides et nourrissants, des bouillies consistantes, des œufs frais ou frits, du porc ou de la chèvre.
x. Oribase de Daremberg, t. II, p. 901.