QUAND ET COMMENT FAUT-IL SEVRER L’ENFANT
Il faut nourrir l’enfant avec du lait jusqu’au moment où il sera devenu plus ferme, il y a peu d’exceptions à cette règle ; il est dangereux d’en venir à une alimentation plus solide, car la distribution des aliments dans l’économie est lente à cause de l’étroitesse des orifices qui retiennent en partie ce qui paraît avoir été reçu. C’est se hâter trop que de donner des aliments farineux dès le quarantième jour, comme beaucoup le font, disant que leur lait est épuisé ; elles font mal ; il est mauvais aussi de ne pas alimenter plus et autrement un corps déjà consolidé, non parce que le corps est rempli d’humidité et qu’il devient facilement malade, car nourri avec du lait trop longtemps, et devenu malade, le lait tourne à l’aigre. C’est pourquoi il faut à un corps consolidé une nourriture solide, ce qui n’arrive pas avant le sixième mois, il faut aussi donner à l’enfant des farineux, de la mie de pain ramollie avec de l’eau miellée ou avec du lait ; de l’eau miellée ou avec du vin miellé. Plus tard, on pourra aussi donner une purée avec de la farine de froment, une bouillie liquide avec un œuf mollet. Il faut se garder de donner à boire du lait entre les repas, car l’aliment surnage au lait et est difficilement distribué dans
Quand, faut-il sevrer l’enfant ? — Après dix-huit mois ou deux ans, quand les dents sont déjà nombreuses et assez solides pour diviser des aliments consistants et bien les mâcher.
Quel procédé faudra-t-il suivre pour cela? — On commencera par lui donner un peu plus de nourriture, moins souvent le sein et au bout de peu de temps il le refusera. Nous n’approuvons pas ceux qui conseillent d’enduire le mamelon avec des substances amères.
le corps, et la soif n’est pas apaisée. Si l’enfant est très altéré, il faudra, après le repas, lui donner un peu d’eau vineuse ou lui donner un bout de sein artificiel (un suçon), car il prendra le liquide comme il avait sucé le lait à la mamelle. On peut aussi lui donner quelquefois un peu de pain tendre avec du vin et de l’eau. Il est nuisible de lui donner une nourriture à mâcher à cause du mucus qui peut s’y mêler. En fait de condiments, comme le poivre et le sésame, il faut les rejeter comme tous les autres qui sont même difficiles à digérer pour les adultes. A l’enfant qui prend facilement les aliments farineux et qui commence à faire ses dents, on pourra donner des aliments plus solides qu’ils paraissent pouvoir mâcher, cela arrive le plus souvent au troisième et au quatrième semestre. Peu à peu, l’enfant se déshabitue du sein, à ce moment on augmente les aliments et on diminue le lait. C’est de cette manière que, sans danger pour lui, l’enfant quitte son premier régime. C’est ainsi aussi que sans embarras pénible se tarit chez la femme la sécrétion du lait, la succion ne se faisant plus. Il est nuisible d’enduire le mamelon avec des substances odorantes et de faire passer le lait, car tout changement subit est nuisible, les médicaments le sont aussi, car ils rendent l’estomac malade. La saison la plus opportune pour le sevrage de l’enfant est le printemps, qui est aussi la meilleure saison de l’année, l’automne est bien moins favorable à cause de l’instabilité du temps, puisque tout le corps est moins vaillant. Il faut se garder d’un changement subit en toutes choses, qui cause facilement des incommodités. Il ne faut pas suivre l’avis d eMnesitheus et d’Aristanactus qui disent que les enfants du sexe féminin doivent être sevrés six mois plus tard, parce qu’ils sont plus faibles ; ils n’ont pas remarqué que beaucoup d’enfants du sexe féminin sont souvent plus forts, plus robustes et mieux nourris que les enfants du sexe masculin. Il faut chercher à habituer les enfants à toute chose, au vin, à l’eau comme boisson, au bain
Quelle devra être sa première nourriture ? — De la mie de pain trempée d’eau miellée ou dans du lait, de la farine de froment en bouillie.
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froid et au bain chaud et aux onctions ; il est bon qu’ils soient habitués à tout ce qui peut leur être utile ; il ne faut pas cesser de leur donner des bains, même deux fois par jour, jusqu’au moment où les dents sortent. Si l’enfant devient trop gros, avec une respiration difficile, il faut diminuer la quantité de viande dans ses aliments, lui en donner de moins nourrissants et en moindre quantité et de l’eau comme boisson, et du lait moins souvent, il faut le promener, le traîner avec les mains dans une petite voiture. Si l’enfant est vorace et demande plus de nourriture qu’il n’en peut digérer, il faut le distraire avec des jouets et des amusements, lui donner des aliments en petite quantité et sous un petit volume, un peu de pain sec et rendre le lait moins nourrissant. Si, par contre, il est nécessaire qu’il mange davantage et s’il a moins d’appétit, il faut le distraire par la variété des aliments, car la nouveauté et la variété excitent l’appétit. Si, après le sevrage, l’enfant tombait malade, il faudrait lui rendre le sein et ne cesser que quand il aurait été guéri, et alors l’en déshabituer de nouveau.
Quelle sera la boisson ? — Quelquefois de l’eau, ou de l’eau vineuse dans un vase en verre de forme allongée terminé par un bout percé qui ressemble au bout du sein, que les gens de la campagne appellent une tétine.