DES APHTES
Les aphtes ne sont que des ulcérations superficielles qui serpentent dans la cavité buccale; si leur surface est petite, il faudra l’enduire de miel ; si elle est plus grande, sèche et accompagnée d’inflammation, il faut appliquer (au cou) des cataplasmes qui ont la propriété de relâcher les tissus... comme la lentille et la grenade. A l’intérieur, sur l’ulcère, il faut des fleurs de soleil et de roses, ou des fruits de cyprès et de myrte ; la quantité des humeurs ayant augmenté et étant devenue trop considérable, on emploiera un collutoire avec des mûres préparées ou avec des têtes de pavots, ou avec du plantain ou du miel, ou avec un suc astringent et du miel ; si on veut insuffler une poussière, on la préparera avec des fleurs de roses broyées ou de crocus avec un peu de myrrhe et des noix de galle, de l’encens avec de l’écorce de l’arbre qui le produit ; cela fait, on fera usage d’eau miellée ou de suc doux de grenade. On peut entourer le doigt avec du crin trempé dans du miel ou dans de l’huile pour déterger les ulcères, comme font les nourrices, celles de Syrie, ce qui est à rejeter, car les croûtes étant enlevées les ulcères sont plus irrités.
Contre les aphtes de la langue et de la bouche et les ulcérations légères ? — On emploiera fréquemment du miel, et à l’extérieur des onctions avec des nids d’hirondelles broyés avec même quantité (de miel) dont on enduira la gorge. Si la chaleur devient plus considérable, la quantité des humeurs plus grande, il faudra faire usage en application d’astringents, de l’écorce de pommes de grenade avec des lentisques broyés avec du miel. Les plaies intérieures seront traitées avec un mélange de fleurs de roses avec un peu de cyprès. Si les humeurs sont sèches, nous ferons usage du diamorum ou du diacodium ainsi que de suc de plantain cuit avec du miel.