DE L’HÉMORRHAGIE UTÉRINE
Un accouchement difficile, un avortement, une érosion qui succède à une ulcération, la dilatation de l’orifice des vaisseaux, une rupture de ceux-ci occasionnée par une cause quelconque, peuvent produire une hémorrhagie qui se manifeste par un écoulement subit et considérable de sang par les parties génitales ; il en résulte, pour la malade, de la faiblesse, un état de souffrance, de l’émaciation, de la pâleur et une aversion pour les aliments ; au bout de quelque temps l’accident se reproduit. Cette hémorrhagie est un accident grave, car il ne peut être arrêté par la compression digitale, ni par le soulèvement des vaisseaux moyennant un crochet, ni par la compression au moyen de linges, ni par un nœud ni par la suture. Le sang peut ne pas provenir de l’utérus mais aussi du vagin. Quelques-uns ayant cherché à connaître l’origine du sang ont affirmé que celui qui provient du vagin est ténu, jaune (pâle) et chaud, que celui qui provient de la matrice est plus épais, plus foncé de couleur et plus froid. Nous
De l’hémorrhagie utérine. — Cette maladie est causée par un accouchement difficile ou un avortement, une plaie de la matrice qui aura atteint des veines ; elle peut provenir de différentes parties des organes génitaux de la femme, il en résulte une diminution des forces, une lassitude et de l’amaigrissement, de la pâleur et une disparition de l’appétit. C’est une maladie grave, car on éprouve parfois de grandes difficultés à l’arrêter ; quelquefois ce n’est pas de la matrice elle-même que le sang provient.
On commencera le traitement en faisant coucher la malade dans un lit court placé dans une chambre obscure et fraîche. Ce lit devra être solide,- les pieds du côte du bas un peu plus élevés, le corps de la ma-
MALADIES DES FEMMES. Ir
pouvons distinguer le lieu d’où il provient avec plus de sûreté en nous servant du spéculum (ôtcxirpo) Pour guérir la malade, on la fera coucher dans une chambre pas trop grande, obscure et un peu fraîche, le lit sera solide, stable, plus élevé du côté des pieds; dans ce lit, elle pourra bien se reposer et conserver la même position, les cuisses rapprochées et croisées ; des éponges molles, propres et douces trempées dans l’eau fraîche ou dans de l’eau et du vinaigre seront appliquées sur le pubis et sur les parties génitales, plus tard on en appliquera sur la poitrine ; on en changera souvent; les extrémités seront vigoureusement comprimées et mouillées avec de l’eau froide; le visage sera épongé et ventilé aux tempes par moments. On fera sur la tête des irrigations avec de l’huile récente, on donnera une boisson vinaigrée, un bain de siège avec de l’eau froide ou de l’eau vinaigrée, ou du vinaigre pur, ou avec une décoction de myrte ou de roses sèches ou de noix de galle non mûres, ou de rameaux de myrte ou de lentilles, de mastic ou de malicorne ou de feuilles de framboise, de feuilles de chêne, de saule ou de tan des corroveurs. S’il ne survient pas d’amendement dans cet état, on fera des injections dans le vagin, au moyen du tube disposé à cet effet, avec du suc de
lade sera dans le repos le plus complet, les pieds un peu plus élevés, dans un état de tranquillité parfaite et un silence absolu, car tout mouvement peut augmenter l’hémorrhagie ; les pieds seront croisés l’un sur l’autre. De grandes éponges trempées dans de l’eau froide ou dans une décoction seront appliquées sur les parties génitales, le périnée et aux reins, et seront changées souvent, car elles s’échauffent au contact du corps. On pourra faire usage de substances âcres et astringentes liées en faisceaux, trempées dans de l’eau froide, on fera des ventilations au moyen d’un éventail sur la face et sur tout le corps qu’on oindra avec de l’huile simple ou de l’huile d’Espagne ; par intervalle on donnera à boire de l’eau vinaigrée ; on pourra aussi donner des bains de siège
x. Inventé depuis longtemps; on en a trouvé divers modèles dans les ruines d’Herculanum et de Pompéi ensevelies par l’éruption du Vésuve, année 79 av. J.-C. Dans la traduction de Celse par Védrènes sont figurés trois modèles (pl. XIV) conservés au musée de Naples.
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plantain, de polygonum, de chicorée, de strychnos, de pariétaire. Si l’écoulement du sang continue, on prendra de 1 hypocistide ou de l’acacia, infusés dans le vinaigre ou d’autres substances ayant la même propriété, mêlées ensemble ou séparément, ou du verjus, environ deux hémines, de la laine douce trempée dans ce liquide ou dans les préparations citées,; qu’on introduira avec un stylet jusqu’à fl orifice utérin. Si une plus grande quantité de sang s’écoule, et si le sang vient de plus haut, la laine fortement pressée en empêchera l’écoulement, car ce liquide excrété sera contenu dans la cavité utérine ; à cet effet, on prendra une petite éponge longue qu’on imbibera des liquides ci-dessus et qu’on introduira dans l’orifice utérin aussi profondément que possible, pour que le sang soit contenu et ne puisse pas se coaguler, faire des grumeaux, ni produire de l’inflammation. De temps en temps, on remplacera cette éponge par une autre, afin de permettre d’évacuer le sang et les grumeaux, et éviter l’inflammation. Il convient de poser d’abord des ventouses aux lombes, aux aines et aux parties latérales du bas-ventre et aussi à la vulve, en ayant soin d’y faire une grande flamme afin qu’elles restent longtemps adhérentes ; on ne les enlèvera que tardivement et très doucement. Il faut aussi appliquer des topiques aux parties où les éponges avaient été appliquées; ces topiques seront faits avec des branches de palmier macérées dans un vin astringent ou dans du vinaigre, avec du cérat rosat et des infusions de feuilles de myrthe ou de pomme avec de l’alun ou de l’aloès et de la fleur de vigne, avec de l’hy-
dans une décoction froide faite avec des mûres, des lentisques, de sycomores sauvages, de l’écorce de pousses de grenade, de ses feuilles, ou de saule qu’on aura fait bouillir puis refroidir pour que la femme puisse s’y asseoir. Si à cause des mouvements vous redoutez le bain de siège vous pourrez faire des injections, avec du suc de plantain, on trempe des pessaires dans ces décoctions... Si la maladie continue, nous faisons des pessaires avec hypocistide, de l’acacia et de l’opium dissous dans du vinaigre, solution dont on imbibera de la laine; un petit flocon de laine imbibé de ce liquide sera insinué dans l’orifice utérin pour arrêter le sang et le faire se coaguler ; ce flocon devra être renouvelé souvent. On pourra aussi appliquer des ventouses bien
pociste, ou d’acacia, avec des galles mûres, ou de l’huile récemment faite, ou de roses, de myrtes, de mastic, de coings ; ou avec une herbe astringente et réfrigérente comme l’euphorbe, la jusquiame, le plantain, le psillum, la strychnos, la pariétaire, le polygonum, la chicorée, avec une bouillie de farine et du vinaigre, des feuilles de palmier, médicaments dont il faudra changer fréquemment la composition. Il faudra employer aussi des pessaires plus énergiques, avec des galles, de la manne, de l’encens avec de la calamine, parties égales, avec de l’eau miellée ou de la cendre d’éponges, de la poix liquide, avec de la lie de vin séchée avec quelque suc astringent. S’il existe des érosions, on emploiera le remède noir avec du vinaigre ou quelque trochisque que l’on a l’habitude de prescrire dans les maladies des intestins ; on devra les emplover quoiqu’une croûte se soit produite ; on y remedie facilement, pourvu que la malade reste en vie. Il faudra donner de l’eau avec les aliments, après que le visage aura été bien nettoyé avec des éponges. Pour nourriture, elle prendra du riz cuit avec de l’eau fraîche ou avec de l’eau vinaigrée, ou de la farine ou du pain, un œuf frais avec du vinaigre et, pendant quelques jours avec de la chicorée, du plantain et du vinaigre et un peu de sumac nouvellement broyé ; une pomme de cydonie rôtie, une poire cuite, un peu de blanc de volaille avec des baies de myrthe farcies, ou de la perdrix ou de la gelinotte, ou quelque autre viande de même nature. Le temps normal de la guérison étant passé, on donnera un peu de vin, et quand l’érosion aura étécica-
chauffées qui resteront en place longtemps et seront enlevées douce- - ment. On pourra aussi appliquer comme topiques avec des petites palmes de Thèbes, des pommes de Crète, de l'alun,, de la noix de galle, de l’aloès, de châtaigne et d’acacia omphacium, bien liés avec de la cire et de l’huile de rose, etc. ; nous faisons usage aussi de pessaiies plus énergiques avec des galles, de la mauve, de l’encens, de la chaux et de la terre mélangées avec les décoctions ci-dessus, de la cendie d’éponges préparée suivant le mode indiqué plus haut , de 1 éponge neuve imbibée de poix liquéfiée dans une marmite, couverte d un couvercle en terre cuite, on le mettra au feu et quand il aura brûlé, on
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trisée, on prescrira un bain. Nous rejetons complètement la saignée comme moyen de dérivation du sang que beaucoup, et Thémison, emploient ; la saignée est un relâchant, et la partie du sang qui reste (à la malade) devra être condensée et contractée, ce n’est donc pas un liquide à dériver mais à contenir ; au reste, la saignée est un moyen incertain, car si l’écoulement du sang n’est pas arrêté, la malade périra fatalement un peu plus tôt ou un peu plus tard, puisqu’elle aura été épuisée par une double perte. Si la vie est conservée, et si, plus tard, il survient une inflammation par suite d’une lésion plus considérable, il naît un danger qui en est l’effet ; si nous saignons la malade, nous la mettons immédiatement en danger, puisque nous lui soustrayons du sang pendant son hémorrhagie, et si, alors, une grande inflammation survient, nous laissons la malade sans avoir la possibilité de la secourir, car rien ne prévient le danger, de l’inflammation comme la saignée. Il en est qui ont la prétention d’améliorer la maladie par l’antipathie, par la pierre magnétique, le hibou, le caillot de sang de lièvre et autres amulettes de cette espèce, auxquelles nous n’ attribuons aucune puissance. Nous ne défendons toutefois pas l’emploi de ces moyens ; ils n’ont aucun effet, cela est vrai, mais quelquefois ils soutiennent le courage des malades qui y ont confiance.
l’enduira avec les poudres ci-dessus, on l’enduira de blanc d’œuf. Si le sang continue à couler, on pourra faire usage des trochisques que nous employons dans la dysenterie, pourvu que la malade puisse les supporter et guérir peu à peu ; on donnera ensuite des aliments (cibos slalticos1') cicatrisants (?), des bouillies de riz, de lentilles avec du vinaigre assaisonné d’huile espagnole, de la chicorée, de la laitue, du poisson, des œufs et, parmi les volailles, des pigeons, de la perdrix, on fera une purée à laquelle on ajoutera de l’huile d’Espagne. Enfin nous donnerons du vin jusqu’à guérison complète, mais on ne permettra à la malade de se lever que bien tardivement.
i. Staltica dicuntur médicamenta, quæ carnes vulneribus æquant. (Castelli, ex libr. spur. Gal. de Dymmid. Verum generaliter significant, quod Repel- Ictilin .)