‹ Traité des maladies des femmesChapitre 91 sur 114 · DU FLUX DE LA FEMME · texte numérisé non relu

DU FLUX DE LA FEMME

Le flux de la femme a été caractérisé de différentes manières par les anciens ; dans son premier livre des maladies, Alexandre Philalèthes dit que c’est un écoulement trop considérable et permanent de sang ; selon Démétrius , Hérophile, c’est un écoulement prolongé d’humeurs par l’utérus qui n’est pas uniquement sanguinolent, mais qui varie suivant les moments. Pour nous, c’est un écoulement chronique d’une assez grande quantité d’humeurs. Selon Asclépiade et d’autres, il en existe deux variétés, l’une rouge, l’autre aqueuse blanche. Selon Démétrius, cet écoulement diffère, comme couleur et comme propriété; comme couleur, car l’un est blanc et ressemble tantôt à une décoction de riz à l’eau, l’autre est tantôt rouge, noir, sanguinolent, ressemblant à de la lavure de chair, rouge d’intensité variable, quelquefois pâle. Comme symptômes qui l’accompagnent, l’écoulement est indolore, d’autres fois il est douloureux et accompagné d’un senti-

Du flux de la femme. — Cette maladie est caractérisée par un flux abondant d’humeur qui sort continuellement de la matrice ; elle est variable comme couleur ; la femme qui en est affligée a mauvaise mine, est maigre et n’a point d’appétit, et quand elle commence à marcher il se forme de l’œdème des jambes. Cette maladie où l’écoulement existe seul diffère de celle où l’écoulement est douloureux et provient d’une plaie avec fièvre et où l’écoulement est tantôt clair, tantôt purulent.

Ce flux sans plaie et indolore, où l’écoulement est le seul phénomène, peut être l’objet du même traitement que celui que nous avons indiqué dans l’hémorrhagie utérine ; nous ne défendons point de donner des médicaments simples, comme de la gelée de lièvre, de veau, d’agneau ou de cerf avec du jus de raisin, des baies de myrte, de l’écorce de

Page 1