‹ Traité des maladies des femmesChapitre 95 sur 114 · DE L’ATONIE UTÉRINE · texte numérisé non relu

DE L’ATONIE UTÉRINE

L’utérus peut être débilité comme toutes les autres parties du corps. Cette maladie atteint celles qui ont de l’aversion pour les rapprochements conjugaux, qui sont réglées trop abondamment, irrégulièrement, trois ou quatre fois pendant le mois, perdant du sang de couleur foncée ou comme de l’eau ; ne retenant pas la semence du mari qui s’écoule presque aussitôt après le coït, ou un peu plus tard, quelquefois au bout de quelques jours, d’autres fois, sous forme d’un organisme déjà formé, mort ou déjà entièrement émacié; expulsion avant le temps; ainsi sous forme de perte de semence, d’avortement ou d’accouchement prématuré. A l’époque des menstrues, la femme éprouve des douleurs du bas-ventre, des reins, des cuisses; l’estomac est malade et elle souffre de vapeurs qui montent à la tête; elle est affectée des mêmes souffrances que celles qui ont des suffocations ; celles qui souffrent ainsi ont quelquefois du délire, de la mélancolie et des aliénations mentales. Ces accidents arrivent souvent à la suite de

De la lassitude de la vulve. — Les femmes dont l’utérus est faible sont menstruées abondamment et trop fréquemment ; elles sont fatiguées par les rapprochements sexuels, souvent ne retiennent pas la semence de l’homme, la rejettent et avortent ou ne conduisent pas leur grossesse à terme ; ce rejet a lieu le premier, le deuxième ou le troisième jour, ou elles avortent au deuxième ou au troisième mois, rejettent le fœtus non vivant et grêle, ou accouchent prématurément d’un enfant mal formé.

Nous employons le même traitement que dans l’hémorrhagie utérine, ceci étant aussi une fluxion, mais chronique.

grossesses répétées et de distensions utérines, quand les entants étaient volumineux. Pour le traitement, il faut recourir aux moyens que nous avons déjà exposés, qui ont pour effet de rendre aux parties malades leur énergie et leurs forces, car il s’agit de guérir une fluxion chronique. Ainsi, pendant l’exacerbation, il faudra employer des astringents, dans les intervalles, les toniques et les reconstituants. Si la semence n’est pas rejetée de suite, il faut aider à la conception comme nous l’avons montré au commencement de notre travail. Lorsqu’on craint la corruption du fœtus, il faudra chercher à s’opposer à son expulsion en faisant observer à la femme un grand repos, en la faisant se coucher, pour que les parties supérieures du corps soient dans une position déclive, les parties inférieures élevées ; il faudra appliquer sur les lombes des éponges trempées dans de l’eau vinaigrée et exprimées ; ce traitement a pour effet de prévenir l’avortement ; il est applicable aussi quand l’expulsion de l’enfant de l’utérus est récente. Il faudra par conséquent prescrire des bains de siège astringents, qui soient tièdes à la main ; faire dans l’utérus des injections d’huile de roses tiède, ou de narcisse, ou desusinum, ou de fleurs de pensée, et faire des onctions aux lombes et à l’hypogastre avec les mêmes moyens. Tout le corps devra prendre de l’exercice qui soit en rapport avec la situation de la femme. Il faudra que la nourriture soit parcimonieuse, que la malade prenne des viandes légèrement astringentes. Elle devra aussi boire peu, particulièrement, en petite quantité, du vin blanc qui est astringent. Que la malade boive peu, car la soif est fréquente dans cette maladie. Il faut éviter le lait et les laitages et tout ce qui relâche le ventre.

Page 1