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femmes font des pertes moins considérables , et ont moins besoin d’alimeus réparateurs. Aussi la bonne chère, surtout quand elle est jointe au repos ou à l’inaction , leur donne-t-elle un surcroît d’embonpoint qui les incommode. On observe que toutes celles qui mangent avec peu de mesure , rendent beaucoup plus de sang durant leurs règles, que celles dont les repas n’excèdent jamais les bornes de la tempérance.
Ce n’est pas que le sexe , en général , ne souffre beaucoup de la disette de vivres. Plus loible que celui de l’homme , le corps de la femme qui ne reçoit pas une quantité suffisante de nourriture tombe plus vile dans l’appauvrissement , et devient sujet à
une infinité de maladies.
Il faut donc que la femme , pour conserver sa santé, tienne un juste milieu entre la prodigue abondance et la sévère parcimonie. En général, une nourriture trop animalisée ou trop pourvue de matière extractive , comme les viandes noires et celles
des animaux faits , lui est peu convenable. On doit en dire autant des substances qui échauffent ou irritent , telles que les aromates et les salaisons , le café et les boissons spiritueuses , dont 1 abus finit par émousser le palais et éteindre l’appétit. Les ahmens tant liquides que solides , d’un goût peu relevé et médiocrement succulens , méritent toujours la préférence , sauf les exceptions relatives à quelques
circousiauccs.
Un autre genre cl’abus dont les femmes ne sauroient assez se préserver, est celui du thé, du café au lait et de toutes les boissons tièdes qui, à la longue, jettent le corps dans l’inertie et le relâchement.
La femme seroil aussi bientôt épuisée par les travaux et les veilles auxquels l’homme se livre. D’un autre côté , le repos absolu et le sommeil trop prolongé ne lui causeroient pas moins de préjudice r parce qu’ils tendroient à l’engourdir. Il n’y a donc qu’un exercice modéré qui lui convienne. Tout ce qui concerne l’intérieur du ménage, et parmi les exercices du dehors , ceux qui fatiguent le moins , ont plus de rapport à sa constitution que les grandes courses à pied , à cheval ou en voiture , l’excès de la danse, la chasse, la guerre, la navigation.
Qu’on ne nous cite point le peuple des Amazones , qui n’a jamais existé que dans les allégories de la fable ou dans les romans de la poésie; qu’on n’allègue pas non plus l’institution de Lycurgue , qui , au fond, ne prescnvoit au sexe de Lacédémone que des exercices modérés. Ce législateur n’avoit d’autre but que de prévenir les funestes effets de la mollesse , et de fortifier les femmes , pour les rendre plus propres à supporter les fatigues inséparables de la grossesse et les douleurs de l’enfantement. U vouloit que les mères , devenues par là plus robustes , fournissent aussi des ciloveus plus vigoureux à la république.
Lue des conditions les plus essentielles encore.
pour l’entretien de la santé , consiste dans la liberté et F uniformité des sécrétions et des excrétions. Que la femme évite donc soigneusement tout ce qui pourroit gêner , intervertir ou troubler celte double fonction naturelle. Quelle ait recours , de temps en temps , aux bains et aux frictions pour nettoyer et ranimer la superficie du corps. Qu elle redouble surtout de vigilance aux approches de la puberté , lorsque les règles sont sur le point de paroi ti e , au retour périodique de cet écoulement , et enfin , a l’âge critique , lorsque la fécondité disparoît. C est à ces différentes époques qu il s agit de se niettr e a l’abri des injures de l’air, et principalement de toute vive impression de froid et d humidité , de tout ecai t dans le régime alimentaire et dans les vetemens.
Enfin, l’entendement et le moral doivent être aussi en harmonie avec le reste de 1 organisme. De longues et profondes méditations seroient incompatibles avec la constitution de la femme ; elles auraient bientôt usé son système nerveux ,, qui est naturellement plus mobile et plus facile à ébranler. Il en tferoit de même des affections violentes et inattendues , telles que la colère , la fureur , la crainte , les chagrins concentrés , des accès immodérés de douleur et de joie , mettraient bientôt la femme hors de celte sphère de calme et de sérénité , sans lesquels elle p’a plus ni santé , ni appas. Heureuses celles qui ont assez d’ascendant sur leurs passions pour les maîtriser ou les étouffer dès leur naissance !
Qui ne connoît les terribles effets du jeu sur les femmes , quand il passe les bornes d’une honnête et uiile récréation? Il a toujours pour compagnes l’ambition , l’avarice , l’inquiétude et l’agitation ; il traîne souvent après lui la misère et le désespoir. Qui pourroit approfondir l’abîme de maux où l’amour précipite , quand on ne sait pas en repousser les premières atteintes ! Les jouissances n’en sont presque jamais pures et sans nuage ; l’abus les affadit ; le soupçon , la jalousie , la haine , la vengeance , la perfidie , les troublent ou les empoisonnent ; arrivent ensuite les regrets amers , les honteux repentirs, les plaintes superflues ; enfin le corps se ruine, la beauté se flétrit , l’esprit se bouleverse , et le cœur se pervertit. Quel affreux et épouvantable dénouement ! Nous ne cesserons de le répéter , la femme a besoin d’être continuellement en garde contre l’amorce des passions , mais surtout pendant la menstruation, la grossesse , les suites des couches et l’ allaitement. Alors la sensibilité , plus exaltée qu’à l’ordinaire , exige les plus grands ménagemens. Un rien l’ébranle , et la moindre impression désagréable ou la plus légère secousse, soit au physique, soit au moral, peut entraîner les plus sinistres conséquences.
Telles sont les règles que l’hygiène prescri; à toutes les femmes en général ; mais ces règles doiventadmettre quelques exceptions relatives au tempérament et a 1 âge de l’individu , au climat qu’il habite, el à l’éducation qu’il a reçue.
Ainsi la femme naturel lement sanguine supporte avec peine un air trop sec , trop vil , ou trop variable , tandis qu’elle brille de santé sousl influence d’une température toujours douce. Dans le premier cas , elle doit se couvrir conformement aux vicissitudes atmosphériques; dans le second, elle n a besoin que d’un vêlement léger , mais uniforme. Des bains trop chauds ou trop froids ne pourroient que l'incommoder; elle ne doit plonger son corps que dans l’eau seulement dégourdie. Une nourriture animale trop succulente ou trop copieuse , surtout quand l’assaisonuement en relève trop le goût , les vins spiritueux , les liqueurs alcooliques et le café à l’excès lui seroient également nuisibles. Daus 1 été, quelle tempère l’ardeur de la soif par des boissons légèrement acidulées ; qu’elle favorise les secrétious et les excrétions par les moyens les plus doux ; quelle se livre à un exercice modéré , au lieu de croupir dans une molle oisiveté; qu’elle sache dérober au sommeil tout ce qui n’est pas nécessaire au repos du corps; quelle fuie tout ce qui peut captiver l’esprit , émouvoir le cœur ou enflammer l’imagination.
Chez la femme éminemment lymphatique, il faut au contraire réveiller la sensibilité et ranimer l'activité du système. Un air sec et vif, une habitation bien éclairée et exemple d'humidité , l’insolation
fréquente, dcsvètemens chauds sans être trop lourds,
l’usage modéré desbains froids, des alimeus toniques
et excitans , la chair des animaux faits, un vin généreux pris avec réserve , le café ou tout autre boisson légèrement diaphonique , des frictions sèches sur la peau , un exercice constant , un sommeil prudemment borné, des sensations vives ; voilà le régime qui convient à cette constitution.
Quand le système nerveux domine, on doit tâcher de le contrebalancer en fortifiant de bonne heure le système musculaire. Que la Femme s’habitue alors a quelque genre de travail. Les moyens hygiéniques les plus propres à ce tempérament sont un air doux, tranquille , même un peu humide ; le séjour des xallées non loin des eaux courantes, des vêtemens capables de mettre à l’abri des injures du temps , l’usage fréquent des bains tièdes , les viandes des jeunes animaux où la gélatine abonde , les fruits d été et d'automne , et en général des alimens faciles a digerer, sans elre trop assaisonnés; point de liqueurs, peu de vin, beaucoup d’eau pure ou édulcoiée avec quelque sirop mucilagineux et rafraîchissant, tel que celui d’orgeat ou de capillaire ;( des exercices du corps multipliés, jamais excessifs,' toujours suffisans, pour procurer une légère fatigue et disposer au sommeil ; des sensations douces , des plaisirs uniformes ; la fuite de tout ce qui peut exciter des passions orageuses, et la recherche de tout ce qui peut maintenir le calme des sens et la paix du cœur.
Mais le système nerveux peut se combiner avec le système sanguin ou avec le système lymphatique;
de là deux constitutions mixtes dont 1 une se came* térise par la vivacité des mouvemens et la fougue des passions , l’autre par une susceptibilité et une mobilité extrêmes; clans le premier cas, il faut clé tendre et relâcher; clans le second, fortifier sans irriter. Là conviennent les bains lièdes, le petit-lait , et les mucilagineux en général ; ici, les légers tomques , surtout les amers , les bains froids , 1 exercice
du corps jusqu’à une légère fatigue.
Le système utérin jouit-il d’un excès de sensibilité , on le calme en adoptant le régime qui convient au tempérament nerveux , et en écartant des l’enfance tout ce qui pourroit exciter des désirs précoces ; dans l’âge adulte on se méfie de tout ce qui dispose à l’effervescence des passions amoureuses , comme les liaisons suspectes , les images obscènes , les conversations et lectures trop libres , les spectacles indécens , etc.
Si au contraire le système utérin est dans 1 apathie , même indication que pour le tempérament lymphatique ; les toniques et les fortifiaus , les bains de siège aromatiques , f exercice à pied , et surtout l’équitation, sont alors très-salutaires. .
On conçoit que celte sévérité de régime ne cou cerne point les femmes chez lesquelles toutes les fonctions de l’économie sont dans un état d’Iiarmome ou de parfait équilibre; éviter tous les excès et ne contracter aucune habitude dangereuse , voila toute
leur hygiène.
DES MALADIES DES FEMMES," 5r
Une trop minutieuse exactitude ne seroit ni moins inutile, ni moins fatigante pour celles qui vivent dans des climats tempérés, ou qui , par état, se sont accoutumées des leur bas âge à n’observer aucune règle, et à braver l’impression des objets extérieurs.