DES MAT. A DT K. S D F, S FEMMES- O’J
jettes à des Heurs blanches qui leur excorioient le vagin et les grandes lèvres. Pourquoi donc n’en seroit-il pas de même des règles ? D’ailleurs , ne saiton pas que le sang menstruel est pâle et décoloré chez les femmes scrophuleuses , noirâtre et fétide chez les scorbutiques , acrimonieux chez les dartreuses , virulent chez les cancéreuses ? Tout porte donc à croire que cette excrétion se modifie selon le tempérament , et qu’elle est susceptible de dégénérescence selon les différentes maladies qui affectent l'économie entière ou la matrice en particulier.
Mais de ce que les règles ont paru avoir des qualités nuisibles ou vénéneuses dans certains cas , néanmoins assez rares , s’ensuit-il qu’on doive les considérer comme une véritable dépuration ? Si celle conclusion étoit vraie , que faudroit-il penser des femmes pendant la grossesse et l’allaitement ; car il est de fait qu’elles sont rarement sujettes à la menstruation dans ces deux états. Elles retiendroiént donc alors le germe de la plus funeste corruption ; et par conséquent le plaisir le plus naturel , celui d’ctre mère, seroit aussi le plus perfide et le plus meurtrier, puisqu’il exposeroil la femme aux plus terribles maladies , en l’empêchant de se débarrasser de ses impuretés menstruelles. Quelle absurdité !
Quant aux échauboulures dont la peau se couvre quelquefois pendant la rétention ou la suppression des règles, elles ne prouvent point l’acrimonie ou la virulence de cette excrétion ; elles indiquent seu-
lement la sympathie qui lie la matrice avec toutes les parties de l’économie animale. Il en est des règles comme de tout autre évacuation naturelle. Si la transpiration insensible, les déjections alvines , ou l’émission de l’urine , vient à se supprimer ; que de maux n’en résulte-t-il pas ! quelle gêne ! quelle angoisse ! quel désordre dans les fonctions de la vie ! Faut-il donc s’étonner que le sang menstruel , retenu ou supprimé , produise quelques exanthèmes ou éruptions cutanées , quoiqu’il ne possède naturellement aucune qualité malfaisante.
ARTICLE III
De Vffjrg iène de la Femme.
L’air qu’on respire , le vêtement dont on se couvre , les alimens tant solides que liquides , les sécrétions et les excrétions , l’exercice du corps , les facultés de l’intellect et les affections morales , tels sont les principaux objets dont l’usage bien ou mal dirigé peut contribuer à l’entretien ou à l’altération de la santé.
Plus foible , plus délicate et plus sensible que l’homme , la femme est moins capable de résister aux injures de l’air. Elle sent plus vivement l’action de ce fluide quand il est trop chaud ou trop froid , trop sec ou trop humide , trop dense ou trop rare. Le passage trop brusque de l’état de l’atmosphère à un état opposé, la fatigue et l’incommode. C'est ce qu’on observe au renouvellement des saisons , et
surtout pendant les temps d’orage où la température et le ressort de l’air varient à tout instant. La plupart des femmes sont alors dans un état d agitation, d’anxiété et de malaise.
L’air devient surtout nuisible au sexe, quand il n est plus vivifié par l’influence de la lumière , et quand il vient à s’imprégner de miasmes , ou de principes contagieux et délétères. Qu’on enferme quelque temps une femme dans un cachot obscur , elle s y étiole bientôt , la fraîcheur de son teint disparoit , sa santé dépérit. La peste et les épidémies qui ont ravagé le globe n’ont -elles pas moissonné plus promptement les femmes et tous les individus naturellement foibles comme elles ? En général , ne compte-t-on pas plus de femmes que d’hommes malades ? et cela n’indique-t-il pas qu’elles ont moins de force pour repousser les causes malfaisantes qui les environnent ?
Que la femme respire donc un air libre , pur , tempéré et exempt de tout funeste mélange. Celui qui règne sur le sommet des montagnes est trop vif pour elles ; celui qui croupit dans les lieux bas et peu éclairés, est trop humide. et trop épais; celui qu’on respire dans de riantes vallées ou dans de fertiles plaines , lui est plus salutaire que celui des grandes villes. La femme doit éviter les appartemens chauds et trop fermés , surtout lorsqu’il y a de nombreux rassemblemens. Un air qui n’est ni trop sec ni trop humide , et dont la température tient un
jusie milieu entre une chaleur brûlante et un froid rigoureux , paroît être le plus analogue à sa constitution éminemment lymphatique. Voilà sans doute pourquoi les plus belles femmes naissent aux environs de la mer Caspienne , dans la Géorgie et la Mingrelie , lieux si vantés par la beauté et l’avantage de la situation , par la douceur du climat et l’unrformité de la température.
Les femmes doivent surtout se méfier des odeurs fortes qui sont quelquefois suspendues dans l’atmosphère , parce qu elles agacent les nerfs et portent a la tête ; on en pourroit citer un grand nombre qui ont été fort incommodées pour avoir eu l’imprudence d’habiter des appartenons nouvellement peints , ou dans lesquels on tenoit des fleurs d’aubépine , de tubéreuse ou de jasmin.
Que penser de celles qui, naturellement frileuses, essayent'de modérer la rigueur de 1 hiver eu introduisant sous leurs vêlemens des chaufferettes remplies de braise ou de cendres encore enflammées ? Ces sortes de foyers mobiles, outre qu’ils exposent aux inconvéniens du feu , n’entretiennent qu’une chaleur humide qui contribue beaucoup à relâcher les organes de la génération, elles expose aux plus dégoûtantes maladies. Les femmes ne sauroient donc mieux faire que de renoncer à celte mauvaise habitude.
Que d’erreurs ou de torts ne pourroit-on pas reprocher au sexe, sous le rapport du vêlement !
Maîtrisé par la mode , rien ne lui coûte quand il s’agit d’adopter les lois de ce tyran capricieux. Il pousse quelquefois la légèreté et même la folie jusqu’à sacrifier sa commodité , ses appas et sa santé au vain plaisir d’une ridicule et nuisible parure. De nos jours, des femmes presque nues bravent sans pudeur les intempéries des saisons , et se croient invulnérables sous l’empire de l’usage. Aveugles qu’elles sont ! elles ignorent que les plus funestes maladies , le catarrhe , le rhumatisme , la pleurésie et la phthisie pulmonaire immolent tous les ans une foule de victimes , depuis qu’elles s’habillent avec si peu de précautions.
Il faut convenir que les femmes autrefois donnoient encore dans des travers non moins absurdes et non moins dangereux que celui de la nudité. Envieuses d’une taille avantageuse , elles se guindoient sur de faux talons, et ne marchoient que sur la pointe du pied; elles metloient aussi leur corps à la geue dans des corsets de baleine ou d’acier pour lui donner plus de finesse et de grâce ; enfin , il y en avoit qui portoient même la coquetterie jusqu à se serrer la poitrine dans des lacs pendant la nuit pour tenir le sem relevé, et pour l’empêcher de perdre sa fermeté et sa forme arrondie.
Or, les inconveniens de ces sortes de machines ne sautent-ils pas aux yeux ? D’abord , montées suides talons postiches , les femmes ne pouvoient avoir qu une démarche incertaine et mal assurée , parce
que le poids du corps , au lieu de reposer sur la base que présente naturellement la plante des pieds , étoit appuyé en grande partie sur l’extrémité des orteils. D’ailleurs , comme les deux pieds formoient alors deux plans inclinés , les muscles extenseurs de la jambe dévoient nécessairement se trouver dans un état continuel de tension et de roideur , tandis que les fléchisseurs étoient dans le relâchement , ce qui devoit encore gêner la progression et la rendre plus douloureuse ; enfin , les talons ainsi exhaussés inclinoienî l’axe du corps en avant , et poi toient le centre de gravité dans le même sens, surtout pendant la grossesse ; de-là les efïoits que le> femmes faisaient pour se redresser, et pour établir un contre-poids en arrière ; de-là des chutes fréquentes qui leur faisoient courir plus ou moins de risques.
Les corsets n’étoient ni moins dangereux , ni moins incommodes; c’etoient des espèces de cônes renversés, et par conséquent taillés à contre-sens de la poitrine , qui est plus évasée vers l’abdomen que vers les clavicules. Ils dévoient donc comprimer les côtes, les hypocondres , l’estomac, le foie, la rate, et même l’ombilic. Que de désordres dans la respiration , dans la circulation et la digestion ! que d’incommodités durant la grossesse !
C’étoit encore la coutume autrefois parmi les femmes , de serrer fortement le corps au-dessus de* hanches, en y attachant les vêtemeus. Mais outre que ces ligatures gâtoient beaucoup la taille, loin
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de la rendre plus svelte et. plus élégante , elles tendoient aussi à rapprocher les parois du bassin chez les femmes impubères , et par conséquent à gêner, même à empêcher dans la suite l’accomplissement de la génération.
Si la manière dont le sexe s’habille aujourd’hui l’emporte sur celle qui étoit en vogue il y a vingt ou trente ans , c’est parce que les vêtemens suspendus ou fixés au-dessous des aisselles par des bretelles élastiques , ne peuvent plus serrer ni gêner le corps. Il ne manque donc au costume moderne , pour le rendre plus propre à conserver la santé , que de le proportionner à la différente température des saisons. Les femmes , sous ce rapport, ont deux extrêmes a éviter , d’une part l’indécence de la nudite qui les expose à mille dangers , de l’autre, une trop minutieuse précaution qui les porte à se surcharger de vetemens mutiles. Il en est de même de leurs lits quipecheroient beaucoup contre les lois de 1 hygiène, s ils étoient tropdurs ou trop mous. Dansle premier cas, ils fatigueroient le corps au lieu de le délasser -, dans le second, ils le jetteroient dans l’indolence, ou bien ils l’échaufferoient trop en s’opposant a 1 expansion du calorique. C’est surtout vers la puberté, au retour périodique de chaque menstruation et vers l’âge critique, qu’elles doivent surveiller la composition de leur couche, afin de prévenir 1 irritation et la pléthore du système utérin.
Moins exposées à la fatigue que les hommes, les