‹ Traité des maladies des pays chauds [electronic resource]Chapitre 1 sur 213 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Cet ouwaoe est le fruit de plusieurs années d'observation dans le nord de l'Afrique, et quelques-unes de ses parties ont déjà fait l'objet de divers Mémoires parus dans les publications périodiques. Il traite de la dysenterie, de l'hépatite et de la malaria, qui sont les affections dominantes de notre colonie alo-érienne, comme celles de presque tous les climats tropicaux; aussi ce livre a-t-il pu être intitulé : Maladies des pays chauds, bien que notre observation personnelle ne se soit pas étendue au delà de l'Algérie.

Ces maladies ont été, depuis le commencement du siècle, l'objet de bien des travaux dont les meilleurs sont consacrés à des études cliniques auxquelles il n'y a rien à reprendre.

Nous nous sommes proposé pour but d'éclairer leur anatomie et leur physiologie pathologique avec les procédés d'investigation récents, de réviser les doctrines en cours sur leur nature et leur origine, et de les mettre en rapport avec les tendances de la nosographie étiologique actuelle.

L'histologie pathologique que nous avons été des premiers à appliquer à l'étude de ces maladies, nous a permis de tracer l'histoire et la pathogénie de leurs lésions avec plus de précision qu'on ne l'avait fait jusqu'alors.

Dans le domaine de la dysenterie, nous avons établi les altérations élémenlaires qui caractérisent ce processus et le distinguent des autres affections à localisation intestinale.

Le chapitre si confus des phlegmasies du foie a été l'objet de longues et minutieuses investigations; nous avons essayé de fixer les traits, indécis jusqu'alors, de l'hépatite dysentérique

VI l'UÉl'-ACE.

eL de l'hépatite paluslre. Quelques lacunes que puissent présenter nos descriptions, nous espérons du moins avoir réussi à démontrer que ces deux variétés d'inflammations sont aussi éloignées l'une de l'autre dans leurs caractères que distinctes dans leur cause.

L'anatomie pathologique de la malaria, si eiïacée dans les œuvres classiques de ces trente dernières années, tient au contraire une large place dans celle-ci. Toutes les modifications morbides, depuis celles des éléments morphologiques du sang jusqu'à celles des viscères, ont été suivies à travers les différentes phases de l'empoisonnement palustre, et étudiées dans leur enchaînement successif.

La destruction si rapide des globules rouges, la mise en liberté de quantités considérables d'hémoglobine , nous a amenés à interroger la physiologie pathologique sur l'évolution des pigments en général dans l'organisme.

Cette enquête nous a permis de rattacher en définitive les lésions des viscères dans l'impaludisme invétéré aux dépôts de pigments qui s'effectuent dans les parenchymes sous les coups répétés de la fièvre. Dans aucun des organes, ces lésions ne sont aussi nettement exprimées ni aussi saisissantes que dans le foie. Cette prédilection des désordres morbides pour cet organe justifie les longs développements que nous avons consacrés à l'hépatile palustre, qui éveille d'ailleurs un haut intérêt par les caractères spéciaux qu'elle présente vis-à-vis de l'hépatite chronique de nos climats.

Si nos études cliniques n'ont rien ajouté et ne pouvaient rien ajouter aux descriptions magistrales laissées par nos prédécesseurs, nous avons du moins essayé de tracer une physiologie pathologique fondée sur les données nouvelles de l'histologie et de la pathologie expérimentale. C'est ainsi que les questions relatives à la pathogénie des grands symptômes de la malaria, la fièvre, la mélanémie, l'ictère, l'hémoglobinuric, t ont pu être abordées avec plus d'assurance que jadis, et recevoir, du moins quelques-unes d'entre elles, une solution satisfaisante.

Notre ouvrage ne renferme pas d'investigations bactériolo-

Page 1