‹ Traité des maladies des pays chauds [electronic resource]Chapitre 2 sur 213 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

niques personnelles. A l'époque où nous avons recueilli nos observations en Algérie (1867 à 1880), la bactériologie naissait à peine, et d'ailleurs l'anatoraie pathologique sollicitait toute notre attention et nous absorbait exclusivement.

Néanmoins, dans nos recherches étiologiques, nous nous .ommes inspirés des doctrines qui tendent à prévaloir actuellement en nous plaçant toujours sur le terrain de la spécificité morbide. Celle-ci n'était plus à démontrer pour la malaria. Mais il n'en était pas de même pour la dysenterie et l'hepatite, considérées toujours par le plus grand nombre comme le produit direct des intïuences climatiques. Sans avoir le critérium du germe, nous sommes arrivés à affirmer la spécificité et l'ide^ntité de nature de ces deux processus, en nous appuyant exclusivement sur la lésion, les symptômes et surtout les données causales. Nous avons, en effet, consacré de longs développements aux investigations étiologiques; la notion de l'origine parasitaire des maladies ne saurait diminuer l'importance théorique et pratique de ces dernières. La dysenterie, l'hépatite, la malaria, ont été étudiées dans les milieux si divers où elles sont susceptibles chacune de se produire. Ces enquêtes multipliées présentent un haut intérêt. Elles sont indispensables pour arriver à la connaissance de la nature des maladies; elles conduisent à établir la spécificité étiologique et l'ensemble des facteurs nécessaires à l'élaboration et à la propagation de la cause première.

Depuis que ce livre est sous presse, la matière dont il traite s'est enrichie de quelques acquisitions nouvelles qui n'ont pu être mentionnées ou utilisées dans notre rédaction. Qu'il nous soit du moins permis de rendre hommage à ces œuvres de la dernière heure.

MM. Bertrand et Fontou ont publié sur l'entéro-colite des pays chauds un important ouvrage dont les conclusions, à la vérité, diffèrent à bien des égards de celles auxquelles nous avons été conduits par l'étude du même objet.

D'autre part, le chapitre consacré à l'hépatite empruntera un intérêt tout particulier aux études que M. Sabourin vient

vin PRÉFACE.

de publier sur la glande biliaire; il existe, en elTel, une étroite corrélation entre l'hépatite nodulaire et la conception si originale de la glande biliaire proposée par l'auteur.

Bien que nos études aient été faites à une époque où l'on ignorait les' figures de karyokinèse, bien qu'il faille faire actuellement quelques réserves sur la signification que nous attribuons aux modifications des noyaux, nous pensons cependant que l'hépatite nodulaire aura été en quelque sorte le point de départ de cette nouvelle évolution de l'anatomie normale et de la physiologie du foie.

Enfin, les recherches toutes récentes de MM. Chantemesse et Widal, sur le microbe de la dysenterie, confirment la notion de la spécificité de cette maladie, telle que nous l'avons établie au moyen de preuves anatomo-cliniques et éliologiques. Il nous plaît aussi de rappeler, en terminant cette énumération, que les travaux de notre collègue, M. le professeur Laveran, sur les parasites de la malaria, viennent d'être confirmés sur des points divers, et notamment en Russie, par Metschnikoff, dont l'autorité ne saurait être récusée; aussi, malgré les dénégations formulées tout récemment encore par Mosso dans les Archives de Virchow, les conclusions de notre collègue comptent-elles de jour en jour plus d'adhérents.

Ces études sont fondées exclusivement sur l'analyse et la synthèse des faits. Nos observations personnelles eussent été insuffisantes pour aboutir à la solution de toutes les questions qui y ont été abordées. Nous avons puisé largement dans les documents recueillis par nos prédécesseurs en Algérie et surtout dans les travaux d'un intérêt inépuisable de nos collègues de la marine. Qu'il nous soit permis d'adresser aux uns et aux autres le témoignage public de notre gratitude.

Kelscii, Kiener.

15 novembre 1888.

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