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THÉRAPEUTIQUE

accessoire par les anciens devient la principale, les liabiludes de prudence, de modération recommandées surtout par Zimmermann sont oubliées ; les idées doctrinales imposent à tous les cas une médication active, agressive, spoliatrice, dont nous trouvons les étonnantes formules dans les récils des médecins algériens et des médecins de la marine jusque vers le milieu de ce siècle. Les marais épuisés de sangsues, le désespoir des médecins qui se trouvent isolés ayant épuisé leur provision du. précieux annélide, l'administration aux abois, tels sont les témoignages les plus éloquents de la pratique de cette époque.

La réaction contre de pareils excès commence vers 1836. Segond (33), qui était médecin principal de la marine à Cayenne, eut l'occasion de rendre visite aux médecins anglais de Démérary (Guyane anglaise). Ceux-ci, qui étaient restés fidèles à la pratique ancienne et plus spécialement à celle d'Annesley, de désobstruer le foie, faisaient usage de la méthode évacuante, et notamment ducalomel.

Segond, éclairé par les résultats de cette thérapeutique qu'il put comparer à ceux des hôpitaux français, s'efforça de montrer que l'inflammation ne constituait pas toute la dysenterie, que la méthode antiphlogistique ne répondait pas à toutes les indications, qu'il y avait des dysenteries bilieuses où il importait avant tout de régulariser le cours de la bile, et que, pour ces cas, l'ipéca et le calomel remplissaient l'indication principale. Il remit en honneur la médication brésilienne de l'ipéca qui consiste dans l'emploi d'une même quantité de poudre, épuisée par trois infusions successives qui sont administrées trois jours de suite.

Si timide que fût le plaidoyer de Segond, il fut entendu ; la médication ancienne tendit à prévaloir sur les errements broussaisiens, et elle est aujourd'hui réintégrée dans le rang qu'elle mérite.

Cherchons maintenant à nous rendre compte du mode d'action de ces divers moyens, et à voir s'ils répondent à la conception clinique que nous avons présentée de la dysenterie.

De L'ipéca. — Cette racine brésilienne, dont le mode d'action a été l'objet de recherches expérimentales et thérapeutiques de la part de Bretonneau, Pécholier (34) et Delioux de Savignac, comporte plusieurs modes d'emploi.

Elle peut être donnée à dose vomitive pour réaliser doux

actions : d'une part, l'excitation de la sécrétion biliaire et de la sécrétion séreuse de l'intestin grêle; d'autre part, une action hypostliénisante sur la circulation générale et locale.

On comprend qu'un médicament si énergique ne pouvait pas être répété plusieurs jours de suite ; d'où l'idée de l'employer à dose fractionnée. Mais sous cette forme il donne lieu à un état nauséeux permanent et à une hypersécrétion intestinale qui s'épuise bientôt et fait place à la constipation. Ce mode d'emploi ne saurait donc être lui-même que très temporaire.

C'est pour remédier à ces inconvénients qu'a été conçue la méthode dite brésilienne (Segond, loc. cit., p. 29). Cette médication, qui a surtout pour effet d'amoindrir la circulation locale, de diminuer le flux sanguin, d'exciter temporairement les sécrétions normales de l'intestin, paraît convenir au début d'une dysenterie franche et sanglante, chez un sujet qui n'est pas très affaibli.

Dans certains cas, on a associé un peu de tartre stibié à la dose vomitive de l'ipéca; mais les effets irritants de ce médicament sur le tube digestif, l'hyposlhénisation trop forte qu'il détermine, doivent écarter son emploi d'une thérapeutique prudente de la dysenterie.

Le calomel peut aussi se donner à dose purgative ou à dose fractionnée. Dans le premier cas, il excite particulièrement la sécrétion biliaire si celle-ci est supprimée ou ralentie. Comme il n'a pas l'action hyposthénisante de l'ipéca, son emploi peut être réitéré plusieurs fois dans le cours de la maladie, suivant les indications. Si l'on préfère une action plus lente et plus durable, il peut être donné plusieurs jours de suite à dose fractionnée, forme sous laquelle on lui attribue une action antiphlogistique, et que Pécholier recommande spécialement dans les cas où l'étnt inflammatoire est très prononce. En vue d'obtenir surtout cet effet antiphlogistique, quelques médecins ont conseillé de produire la saturation de l'organisme par le mercure et .la salivation qui en est le signe. On sait que, pour produire cet effet, la quantité importe peu, et que les doses les plus faibles sont même préférables. Cette pratique cependnnt ne paraît pas avoir obtenu l'assentiment des meilleures autorités, et c'est avant tout l'effet purgatif dont on peut attendre de bons résultats.

Purgatifs. — Lorsque le calomel et l'ipéca ont achevé leur

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