DE LA PNEUMONIE DANS LES FIÈVRES PALUDÉENNES
d'ordinaire sous le mamelon. La température s'élève rapidement à 40 degrés et au delà, le teint s'anime et les yeux deviennent brillants. Bientôt se développent de la dyspnée et une toux quinteuse, sèche d'abord, puis accompagnée de crachats visqueux, rares, sanguinolents ou roiiillés.
L'examen du thorax dénote dans un foyer généralement assez circonscrit, une légère obscurité du son, sansaugmentation des vibrations vocales, des râles crépitants fins ou souscrepitants, et de la rudesse de la respiration sans souffle bien marqué.
Ces symptômes, qui sont ceux de la péi-iode initiale de la pneumonie, naissent, s'accroissent et diminuent avec le mouvement fébrile auquel ils sont en quelque sorte subordonnés.
La durée de l'accès est variable ; elle dépasse d'ordinaire celle des paroxysmes simples : on l'a vue atteindre jusqu'à soixante heures. Quand l'accès se prolonge ainsi, les signes thoraciques s'accentuent davantage : l'obscurité du son à la percussion devient de la submatité, et aux râles crépitants s associe une respiration légèrement soufflante.
La terminaison a lieu par une brusque défervescence qui amené souvent la température au-dessous de la normale, par dessueurs abondantes et quelquefois par une éruption de vésisicules herpétiques aux lèvres. Avec la chute de la température Il se produit une résolution complète dans l'état local • les symptômes thoraciques disparaissent totalement dans l'apyrexie ou la rémission, pour réapparaître avec une nouvelle violence dans l'accès suivant et rétrograder encore avec lui Uans la majorité des cas, ces fluxions pulmonaires successives se fixent sur le môme point ; exceptionnellement, elles varient de siège d'un accès à l'autre (Weinberger, Jaccoud) (6) lantot elles se montrent d'emblée avec leur summum d'intensité; d autres fois on ne constate au début qu'une légère diminution du murmure vésiculaire, les râles crépitants, la respi- |-alion rude et soufflante n'apparaissent qu'au deuxième ou au troisième accès.
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vement redoublent les douleurs et provoquent une toux déchirante et des crachats sanglants : la suffocation paraît imminente, el une terminaison funeste peut intervenir dans de pareils cas (7).
Il y a donc des fièvres pneumoniques bénignes et graves, comme il y a des fièvres bilieuses simples et pernicieuses.
La rapidité de la résolution dans tous ces faits porte témoignage que les désordres se sont bornés à l'hypérémie d'un territoire plus ou moins étendu du poumon. Mais il peut arriver que cette lésion s'élève jusqu'à l'exsudation fibrineuse et à un certain degré d'hépatisation. Elle présente alors plus de stabilité les signes ne s'effacent plus qu'incomplètement dans les intervalles apyrédques, et la fièvre affecte plutôt le type rémittent avec des exacerbations périodiques, marquées par l'elevalion de la température et la recrudescence de tous les symptômes locaux. .
Tantôt ces lésions plus ou moins persistantes se produisent d'emblée • d'autres fois, elles se développent progressivement, à la suite d'une série d'accès fluxionnaires, et l'on observe alors le passage graduel de cette dernière variété à la condensation plus ou moins complète du poumon. On admet en général que la tendance à cette transformation croît avec le nombre des accès (Griesinger). Il n'en est pas nécessairement ainsi ; et dans les deux observations de MM. Cornibert et Mesnaid il y eut trois et quatre accès successifs, avec des symptômes pulmonaires absolument transitoires, et dans l'observation de Weingerber, la détermination pulmonaire a conservé, pendant sept accès consécutifs, le caractère fluxionnaire.
Du reste, l'enquête que nous avons faite nous a montre que ces accès aboutissant à l'hépatisation complète et persistante sont exceptionnels. Leur nombre a été grossi mdument d observations de pneumonie vraie proportionnée à des fièvres paludéennes. Ces faits , comportant une signification totalemcn différente des précédents, doivent en être soigneusement écartés.
B. Analyse des «ympUmc^. - Les symptômes thoraciques, les seuls que nous ayons à envisager ici, relèvent manifestement d'une forte congestion pulmonaire, intermittente comme les paroxysmes auxquels elle est liée, équivalente dans