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III. — Pneumonie dans le décours des fièvres graves

Dans le dernier groupe de faits qu'il nous reste à envisager, il n'y a plus ni superposition exacte ni combinaison intime entre la pneumonie et la pyrexie paludéenne : la première se développe secondairement dans le décours ou à la fin de la seconde, les deux affections sont plus ou moins disjointes. Tout en imprimant à la fièvre d'accès une physionomie plus grave, la pneumonie s'accuse par des symptômes nettement tranchés, tels que le point de côté initial, la dyspnée, la cyanose, les crachats rouillés; la tuméfaction du foie et de la rate augmentent très rapidement et les deux organes deviennent exlrêmement douloureux à la moindre pression. La fièvre est forte, le teint paie terreux, mélanémique; la somnolence ou la prostration alterne avec le délire, les vomissements bilieux et la diarrhée ne sont pas rares. La mort survient quelquefois rapidement, dès le deuxième ou le troisième jour; d'autres

fois la lerminaison funeste a lieu beaucoup plus lard. Dans un intéressant cas de notre collection, la pneumonie apparue au quatrième jour d'une fièvre rémittente, est entrée en résolution le dixième, laissant à sa suite un état adynamique progressif avec hypothermie, au milieu duquel le malade succomba le dix-huitième jour.

Mais c'est ordinairement au moment de la chule de la fièvre que surgit la complication pneumonique. Les faits de cette catégorie sont les plus communs et les plus graves; en voici un typique.

Observation 1. Impaludisme chronique; accès quotidiens graves; pneumonie secondaire; mort au troisième jour. Pneumonie lobaire suppurée, noyaux d'induration aux deux sommets; hépatite aiguë parenchymateuse ; hypertrophie avec dilatation du cœur. — Pélissier, vingt-deux ans, 3° bataillon d'Afrique, entré à l'hôpital de Biskra, le 6 février 1873. Bien constitué, fortement musclé, nullement amaigri. Depuis son séjour en Afrique, il a subi plusieurs intoxications paludéennes : la première au mois d'août 1871, à Batna; la deuxième au mois d'août 1872, à Tuggurth. Bien qu'il n'y ait pas eu d'interruption réelle des accès fébriles, chacun de ces séjours a été l'occasion d'une aggravation dans la forme et la fréquence des accès. Tout récemment (il y a six semaines), durant un séjour dans les oasis des Zibans, où il était employé à compter les palmiers, il fat repris une troisième fois d'accès quotidiens qui l'obligèrent à interrompre sa route et à s'arrêter à Biskra. Le médecin de la garnison constata deux accès à type quotidien ; et comme un troisième accès se déclarait le 5 février au matin, accompagné de symptômes graves, il envoya le malade à l'hôpital.

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