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DE LA PNEUMONIE DANS LA PÉRIODE DES IIYPÉRÉMIES, ETC. G

ceux de ces foyers où prédominent les formes chroniques de la malaria, nolammenttà Philippeville. Elle s'observe bien plus souvent dans l'intoxication chronique que dan§ les fièvres récentes, dilïerenle sous ce rapport de la dothiénenlérie, du choléra, de la dysenterie, qui s'unissent de préférence aux fièvres de première invasion. Elle se distingue de la pneumonie ordinaire par l'ensemble de ses traits cliniques, sa tendance à la suppuration et aux complications diverses, et surtout par son excessive gravité.

Ces traits spéciaux ressortiront de l'étude suivante, faite d'après près de cent observations recueillies dans les principales localités de la province de Constantine.

A. Descriptiou géuéralc. — La pneumonie survient, dans la malaria chronique, à la suite d'une série d'accès de fièvre, ou d'emblée, chez d'anciens fébricitants, affranchis depuis plus ou moins longtemps de toute manifestation aiguë. Les causes occasionnelles ordinairement invoquées sont le refroidissement, l'exposition à la pluie, l'ingestion d'eau froide le corps étant en sueur; mais il n'est pas rare que la pneumonie se développe à l'hôpital même pendant la convalescence de fièvres récidivées ou au cours d'une autre affection, notamment la bronchite simple.

Nous écarterons de cette description les symptômes d'ordre commun tels que les signes physiques, pour mieux mettre en évidence les caractères réellement spéciaux qui distinguent cette affection chez les anciens paludéens.

Le début a lieu souvent par un réveil des accès de fièvre, comme cela arrive pour un grand nombre d'affections intercurrentes survenant chez de pareils sujets. Les manifestations initiales sont moins tranchées que dans la pneumonie simple ; le frisson unique est remplacé par des frissonnements erratiques, le point de côté sous-mammaire par une douleur sourde et profonde dans la partie latérale du thorax. Parfois le début, presque insidieux, est marqué seulement par une élévation plus ou moins brusque de la température, un peu de dyspnée et des crachats visqueux.

La fièvre est quelquefois forte, plus souvent franchement rémittente avec des exacerbations vespérales excessives. Le pouls, variable quant à son ampleur et à sa force, est toujours

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fréquent., la rcspiralion courte et laborieuse, avec un sentiment d'oppression des plus pénibles.

Au point de côté initial, ne tarde pas à succéder une sensation de tension dans les deux bypochondres, surtout dans le droit, où elle atteint d'ordinaire un haut degré d'acuité : c'est une douleur cruelle, comparable à celle du début de Thépatite dysentérique, moins toutefois le retentissement sympathique vers l'épaule ; ce symptôme si pénible est dû à la tuméfaction congeslive que laphlegmasie pulmonaire provoque dans le foie et la rate. Les deux organes, le dernier surtout, augmentent en effet rapidement de volume, au point de soulever les deux hypochondres dont la pression exagère la douleur ou la réveille quand elle n'est pas ressentie spontanément.

C'est sans aucun doute à cette participation si active du foie au processus pneumonique, qu'il faut attribuer en partie les symptômes gastro-intestinaux qui sont ici plus constants et plus sévères que dans les pneumonies ordinaires : l'inappétence, l'état saburral des premières voies, les nausées, les vomissements, la diarrhée bilieuse se montrent dès le début et persistent ultérieurement. Dans certains cas l'ictère, et surtout la mélanémie et l'hémoglobinurie, viennent s'ajouter de bonne heure à ce tableau et témoigner du réveil du poison malarien dans l'organisme.

De bonne heure aussi on note du côté du système nerveux des troubles qui sont rarement aussi accentués dans la pneumonie commune, tels qu'une céphalée intense, des douleurs musculaires généralisées, de l'agitation, des rêves, du délire concentré pendant la nuit, de l'adynamie, de la prostration extrême des forces avec conservation de l'intelligence pendant le jour. Ces symptômes s'élèvent parfois dès leur apparition à un haut degré; le plus souvent ils augmentent graduellement et n'atteignent leur summum que vers le troisième ou le quatrième jour.

A ce moment, la maladie étant au miheu de sa période d'état, la fièvre est toujours intense, mais traversée par des rémissions fréquentes. La tuméfaction du foie et de la rate s'est accrue encore, et l'hypochondre droit, devenu de plus en plus saillant, est le siège d'une douleur intolérable qui augmente la dyspnée. Les lèvres sont cyanosées, le pouls a faibli et est devenu irrégulier et dichrote. La langue est desséchée, la soif

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