ÉTIOLOGIE ET l'ATHOGÉNlK
laliLé, dans nos deux colonies; qu'elle y règne toute l'année avec des variations saisonnières peu sensibles; mais que le nombre des cas présenlc, d'une année à l'autre, de grandes oscillations ; et que surtout l'endémie a une intensité très différente dans chacune des deux villes principales de la Martinique et de la Guadeloupe. Rajoute que l'hépatite reconnaît les mêmes foyers endémiques que la dysenterie, et reste toujours en rapport de fréquence avec elle.
A Saint-Pierre, foyer le plus intense de la dysenterie, cette maladie figurait pour 1/5 dans le nombre total des admissions à l'hôpital, pendant la période 1846-1 852; la fréquence de l'hépatite, durant cette période, était, à celle de la dysenterie, comme 1/77. Olmeta, faisant le même calcul pour la période 1 852-1 868, constate que la dysenterie, sans dou te sous l'influence du progrès de l'hygiène générale, a diminué de fréquence et ne figure plus que pour 1/10 dans le nombre total des admissions à l'hôpital de Saint-Pierre; fhépatite a subi le même abaissement progressif, mais non dans la même proportion, car sa fréquence est, par rapport à celle de la dysenterie, comme 1/5,1. D'où il résulte, comme nous l'avons déjà vu pour le Sénégal, que les conditions hygiéniques qui modèrent ou exagèrent l'intensité de la dysenterie , n'influent pas au même degré sur la fréquence des abcès du foie.
La grande presqu'île de l'Hindoustan est encore une terre d'élection pour la dysenterie et l'hépatite. La dysenterie, dit J. Rochard, entre pour près de 1/3 dans le chiffre de la mortalité des troupes anglaises, et fhépatite s'observe, à des degrés divers, dans plus de la moitié des cas; il est clair que ces hépatites, de degrés divers, ne sont pas toutes des abcès du foie. D'après une statistique tirée de différentes sources, Morehcad donne, pour les troupes européennes de la présidence de Bombay, le rapport l/4',4' comme indiquant la proportion des cas de dysenterie à f effectif, et le rapport 1/4,2 pour la présidence de Madras; la mortalité par dysenterie, rapportée à la mortalité générale, serait de 1/3. D'autre part, le colonel Tulloch, pour une période de cinq années, donne les chiffres suivants pour le nombre des cas d'hépatite rapporté à l'effectif dans les trois présidences : Bombay, 1/81; Bengale, 1/79; Mai b as, 1/47.
Si l'on peut comparer entre eux ces chiffres empruntés à
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des sources difterentes, il en résulterait que l'ordre de fréquence dans les trois présidences, pour riiépatitc aussi bien que pour la dysenterie, serait : Madras, Calcutta, Bombay. Il s'en laut, d'ailleurs, que dans le vaste territoire de l'Inde, l'endémie soit partout également répandue. Certains districts, — nos possessions de Pondicliéry et Karikal jouissent de cette heureuse exception, — sont relativement épargnés par la dysenterie; et, circonstance à noter, l'hépatite y est presque inconnue.
Les influences saisonnières sont, comme aux Antilles, faiblement marquées dans le cours annuel de l'endémo-épidémic. La recrudescence annuelle des admissions pour la dysenterie à l'hôpital européen de Bombay (Morehead) aurait lieu dans la saison des pluies gn novembre, décembre et janvier, et celle des admissions pour hépatite vers la fin de la même saison, c'est-à-dire en février et mars.
Dans les possessions néerlandaises de l'Océanie, Van Leent (1) constate que la dysenterie est le fléau de Sourabaya et compte pour 1/3 dans la mortalité générale. L'hépatite y est aussi très fréquente. Dans la résidence de Samarang, où la dysenterie figure dans la mortahlé générale pour 1/6, les abcès du foie sont assez communs. A Passarang, où la dysenterie est rare et se présente plutôt sous forme de diarrhée, l'hépatite n'est pas mentionnée parmi les maladies régnantes.
Parmi les contrées (ropicales à endémie forte, la Cochinchine a été signalée comme offrant cette particularité insolite que la dysenterie y serait grave et l'hépatile peu commune. Les statistiques , relatives aux quatre premières années de l'occupation (1861-1 864-), publiées par Didiot (2),Richaud (3), Bourgarel (4), montrent en efl'et que pour une mortalité totale de 1865 décès, la dysenterie figure pour 738 cas, soit 1/2,5, et l'hépatite seulement pour 34 cas, soit 1/54 environ. Cette anomalie apparente tient sans doute à ce que sous la dénomination de dysenterie sont comprises, avec les dysenteries légitimes, les diarrhées endémiques, dites diarrhées de Cochinchine, qui, ainsi que nous l'avons vu, ne s'accompagnent pas d'abcès du l'oie; nous verrons plus loin que le rapport est, en réalité, plus élevé.
Endémies tropicales faibles. — A la Guyane, le rapport de fréquence entre l'hépatite et la dysenterie que nous avons
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constaté dans les foyers endémi((ues précédents, n'existe plus. La dysenterie occupe le deuxième rang- dans la rnoi bidité générale, et vient, par ordre de fréquence, immédiatement après les fièvres; Tliépalite, au contraire, est rare et pour ainsi dire exceptionnelle. La raison de cette anomalie, c'est que la gravité de la dysenterie n'est pas en rapport avec le nombre des cas. A Cayenne, aussi bien qu'à l'établissement pénitentiaire de Maroni (5), la dysenterie règne sous la forme atténuée de diarrhée chronique et a une mortalité relativement faible. Des chiffres donnés par Dutroulau, pour une période de six années, il résulte que si la mortalité de la dysenterie est à Saint-Louis (Sénégal) et à Saint-Pierre (Martinique) de 1/12, elle n'est à Cayenne que de 1/.j4'.
Une remarque analogue s'applique à notre colonie de la Réunion, où la dysenterie, bien qu'étant la maladie endémique prédominante, se présente plutôt sous la forme atténuée de diarrhée et n'a qu'une mortalité faible. Les abcès du foie y sont rares et ne donnent pas un décès tous les ans.
L'immunité est surtout remarquable dans cette île de Tahiti, que l'on pourrait dire privilégiée si les Européens n'y avaient importé la fièvre typhoïde et la tuberculose. La dysenterie u'} apparaît que par courtes épidémies, comme dans les climats tempérés, et comme dans ceux-ci l'hépatite n'y est égalemeul rencontrée qu'à l'état sporadique (G).
Mayotte a longtemps gardé la réputation d'être indemne de dysenterie et d'hépatite; Daullé (7) a pu passer deux années (1852-1854) sans en voir un seul cas à l'hôpital de Dzaoudzi. Plus tard, la dysenterie a fait de courtes apparitions et a fini par s'étalDlir à demeure. Dans un intervalle de quatre années (4861-1865), Grenet (8) a compté 144 cas de dysenterie avec 22 décès, 1/5 de la mortalité générale. Avec la dysenterie est aussi apparue l'hépatite, qui dans la même période fournil 13 cas et 3 décès.
Endémies des contrées chaudes. — a. Algérie. — La dysenterie règne en Algérie à l'état d'endénne faible. On l'observe surtout dans la population civile, et ordinairement sous la forme chronique, ce qui explique qu'elle compte pour un chiffre notable dans la mortalité générale. Elle est à peu près également commune dans les trois provinces, et si les villes du liltoral en reçoivent dans leurs hôpilaux un plus grand nombre
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de cas, c'est en partie parce qu'elles ont des hôpitaux d'évacuation pour les militaires, et qu'elles sont des lieux de passage pour la population civile lloilante. La recrudescence estivale de l'endémie se manifeste par des épidémies locales de dysenterie aioue, comme en France.
L'hépatite, liée presque exclusivement à la dysenterie chronique, est sporadique et pas très rare ; il n'est pas un hôpital de quelque importance où elle ne figure pour un ou plusieurs décès chaque année.
Les deux tableaux suivants montreront l'importance de l'une et de l'autre maladie dans la mortalité générale de trois hôpitaux, pour une période de neul' à onze années. Les chiffres sont rapportés, dans l'un, à 1000 entrées; dans l'autre, à 1000 décès.