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DES FIÈVRES CLIMATÉUIQUES DANS LES CLIMATS TEMPÉRÉS

des deux afTcclions. Au reste, leur corrélalion est une donnée banale dans l'épidémiologie militaire. La plupart des épidémies de lièvre typhoïde dans l'armée sont précédées et accompagnées d'embarras gastriques fébriles. Dans la majorité des rapports, dit M. le professeur Colin (3), les médecins de l'armée mentionnent comme signe pathologique précurseur de l'épidémie « les embarras gastriques, les courbatures fébriles, les accès de fièvre mal déterminés ». Mentionnons encore que c'est comme pour la fièvre typhoïde, parmi les sujets jeunes ou récemment arrivés dans les grands centres, qu'on observe le plus grand nombre d'embarras gastriques fébriles ; c'est du moins à cette catégorie d'individus que se rapportent presque tous les faits que nous avons recueillis.

Le tracé de l'embarras gastrique (fig. 12 et 13) simple, ainsi que nous nous en sommes assurés, est sensiblement parallèle à celui de la fièvre rémittente gastrique et de la dothiénentérie pour une période déterminée. L'embarras gastrique simple n'est probablement pas distinct du fébrile : la plupart des hommes qui figurent dans nos registres sous cette rubrique banale, n'ont été admis à l'hôpital qu'après avoir passé à l'infirmerie régimentaire trois , quatre , cinq jours pendant lesquels il y a eu souvent une courte période fébrile ; la convalescence est parfois assez longue pour éveiller la pensée d'une affection plus sérieuse au fond que dans l'apparence. Au reste, le tracé construit avec la somme des embarras gastriques simples et fébriles se superpose assez exactement à celui de la dothiénentérie(fig. 13).

11 n'est pas douteux que la désignation d'embarras gastrique s'applique çà et là à des affections mal déterminées et couvre des erreurs de diagnostic. Mais dans les documents que nous avons consultés, ces cas ne sont pas assez nombreux pour influencer notablement nos tracés qui mettent si nettement en relief l'étroite relation entre les trois affections auxquelles ils se rapportent.

En résumé, la fièvre gastrique et la dothiénentérie sont unies ensemble par d'incontestables traits cliniques, la première présentant sous une forme rudimenlaire les symptômes essentiels de la seconde; et surtout i)ar la similitude de leurs conditions étiologiques. Cette similitude se traduit par la coïiu;ideiice de Icui' règne, par le parallclisine de leur marche

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à travers les mois et les années, et par l'identité des conditions de réceptivité individuelle. Pas pins dans ses cas sporadiques que dans ses manifestations épidémiques, la fièvre gastrique n'a d'évolution propre : elle est le pâle satellite de la fièvre typhoïde, qu'elle suit dans ses rémissions et ses recrudescences saisonnières et annuelles. Elle nous apparaît en un mot, non comme une entité distincte, mais comme l'expression atténuée de la grande pyrexie de nos climats.

Telle est la conclusion que nous nous croyons autorisés à tirer de l'analyse précédente. Elle est fondée sur des notions qui, dans la pathologie ordinaire, sont noyées au miUeu de la diversité infinie des conditions de l'observation médicale, mais qui s'imposent à l'attention dans l'armée, ce milieu uniforme et homogène, si éminemment propre aux recherches étiologiques, particulièrement à celles qui ont pour objet les maladies infectieuses.

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