CHAUDS
Les conclusions de cette enquête sur les fébricuies nostras sont légitimement applicables à la pyrétologie des pays chauds. Tout d'abord, il y a lieu de rayer du groupe des fièvres con-
326 PYRÉTOLOGIE DES PAYS CIlAllDS. — DKS FIÈVRES CLIMATÉRIQUES.
sidérées comme climatiques dans ces régions, l'éphémère et l'herpétique, très communes sous les basses latitudes, et dont la spécificité étiologique ressort si nettement des faits analysés plus haut.
Quant à l'autre fébricule, la fièvre gastrique ou gastro-bilieuse bénigne, son procès est moins simple que dans nos climats : sous les latitudes chaudes, en effet, où la fièvre typhoïde est presque toujours dominée par l'endémicité palustre, la gastrobilieuse simple représente à la fois l'expression atténuée de la dothiénentérie et de la rémittente bilieuse paludéenne. Distinctes, quand elles se montrent sous leur type classique, ces deux affections se confondent, sous leur forme rudimentaire, dans une symptomatologie banale et indifférente, bien propre à donner le change sur la vraie nature du processus. Celte proposition est déduite de l'examen des documents relatifs à la pyrétologie des différentes latitudes chaudes.
A. Climat médîterpauécii. — Prenant d'abord à partie le climat méditerranéen, nous avons pour nous éclairer les travaux des , médecins militaires à Rome et en Algérie. A la vérité, les études de nos prédécesseurs sur la pyrétologie de ces deux pays ne sont pas toutes favorables à notre thèse. C'est la pathologie comparée de Rome et de l'Algérie qui a déterminé Félix Jacquot à constituer aux dépens des affections palustres le groupe des climatiques qui jouent un rôle si important dans sa doctrine, et auxquelles il a consacré de si amples développements dans ses travaux .
a. Rome. — A Rome, l'endémo-épidémie annuelle est dominée pendant les mois de juillet et d'août par une fièvre appelée gastrique ou gastro-rheumatique dans les nomenclatures italiennes. C'est cette pyrexie, qui se compose des symptômes de notre embarras gastrique fébrile ou de ceux de la rémittente simple d'Algérie, que Félix Jacquot a considérée comme une affection climatique tantôt pure, tantôt proportionnée à l'élément palustre. La conception du brillant écrivain n'est guère fondée que sur des considérations théoriques, telles que l'action excitante de la chaleur sur l'appareil gastro-hépatique, la curabilité de ces fièvres par les évacuants seuls ou associés au remède spécifique. Des recherches plus récentes ont fait justice de cette prétendue impressionnabilité du foie aux tempe-