‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 2)Chapitre 39 sur 46 · II · texte numérisé non relu

II

5i4 Ni5pnRiTE A.LBUMINEUSE {historique).

qu'un seul rein, double en volume d'un rein ordinaire. Le foie offrait une allcralion qui me paraît cojTcspoudre à la cirrhose (hepar durura, siccum, infinilis coloribus variegatura; color erat cineritius multis locis : denique tota sua subslanlia vitium fecerat).

Le Pois (i) répéta ce que Fernel avait dit de l'influence des maladies des reins sur la production de l'hydropisie, et il ajouta également qu'il n'était pas nécessaire que le foie (2) fût malade pour que les dépôts séreux s'opérassent; mais à l'appui de son opinion, il cita un cas dans lequel cependant il se forme bien rarement une hydropisie : « Fit et nonnunquam seri collectio ex retentioue urinse, et, si ob calculos in ureteribus contcntos aqua non descendat in vesicam, rctrocedit, ethabitum corporis sero replet: ut corpus tumidum appareat sine hepalis Iscsione. »

Indépendamment de l'observation de Hesse, citée plus haut, je dois faire une mention particulière d'un cas d'anasarque rapporté par Bouet (3) d'après Heurne :

« Sexagenarius qui mendicando vitam sus tenta verat, postea valetudinarius in nosocomium delatus est, ubi per très sepliraanas commoratus obiit. Ante sex circiler menses ex victu pravo inleucophlcgmasiamincidcrat, quœ pauIatiumi/iAydropem ascilem et hydrocelem scroti iîisignem degeneraverat. Aderat insignis pedum tumor, ajipctitus dcjeclus cnm perpétua alvi profliivio ex dejecto viscerum tono. Cadavere aperto, hœc erant prœcipua ; in abdomine aqua reperta mediocri copia, multum enim natuia aut per secessum aut per

(1) Pisonîs (M.). De cognoscendis et curandit prœcipue internis humani corporis niorbis libri très. t. ir, p. 220.I11-4. Lugduui Batovoram, 1736.

(2) Celte idée que Galien attriLuait l'hydropisie à une affection du foie, a élé reproduite par une foule d'auteurs; cependant elle est complètement fausse : les passages cités plus haut de Galien ne permettent aucune équiroque. Ce qui a donné lieu à cette erreur, c'est peut-être le rôle médiat que Galien accordait théoriquement au foie dans la production des hydropisies.

(3) Boncti {Th.). Scpulcretum sive analom. pract, ]ib. ni, sect. xx:De cachexia , auasarca, leucophlegmatia , obs. xvi, t. n, p. 359, in-fol. Lugduni, 1700.

NEPHRITE ALBUMiNiîiTsiî {liistoriqué). 5i5

diailosin cxonaverat. Hepar a naturali statu non multum ahcrat, uisi quod paiilo pallidius. Sed liea latn exiguiia ut dimidiara magniludinem, quaî reni naturali est, vix haberetj simililer flaccidus valde et pallidus erat. Ipsiusque vasa, quse ad portœ truncum et ventriculi fundum feruntur, vix prae tenuilale conspicua. In foUiculo feliis ( qui lainen mediocrembilis quaulitalenitenebal), Ires eraut calcuU miras constitutionis, unusquisque enimeomia mori f'ere liguram reprajsentabat, nisi q^uod altius incisi erant, elparles ita sibi cohserebant ut UVEC rariores in uno racemo, cœleruin levés , nigrœ et friabiles, carbonis tenerioris instar. Rencs a naturali inaguitudine et siluut nonaberant, sic colore multum a naturali recesserant; nam lactis ferc instar al/ncnJjant. In thoraci» cavitale sinistra aquœ nonnihil inventum , qua; et in pericardio debilo plus abuudabat. Dextri autem lateris pulmo passiin partibus continentibus erat adnatus, totusque fœdo icliore scalebat, cujus vilia eliam in sinistre apparebant. Cordis autem cavilas, ut et magna ejus vasa , humore viscido, albo et tenacissimo infarcta erant, adeo ut credibile talem et sanguinem in ipso fuisse- »

Après avoir rapporté ce fait , Bonet déclare que l'hydropisie était évidemment due à l'altéralion des reins, et il rapproche ce cas de celui deHesse, rapporté par Schenck. Enfin il explique ainsi la formation de l'hydropisie :

«Renés, ait Lindenius, sunt aquœ ductus ad aquas a tota dorao defluentes colligendum ac demittendum in vesicam velut in cisternam. Hoc munere sinon fungantur refluœ iLlœ aquœ toiam domicilium inficiunt. » (Ibidem, p. 36a )i ( i )

(i) Un autre cas cité par Bonet (même volume, p. 354, obs. ii) est moins concluant :« Civis W. paulatim in cacbexiam incidit, bepar fore totum putrefactum babuit; vesica felUs vacua , cbolidocbus prœter modum laxus et apertus. Renés Jlavo colore tincli, parenchjma eorurn Uviduni. » Cette altération des reins, ainsi indiquée, m'avait paru correspondre à la troisième forme de la népbrite albumineusc; mais, dans un autre passage (Obs. v. p. 212 du même volume ) où il est question du même malade , ce n'est pas la substance corticale, cg sout les bouts des mamelons qui soat notes comme jaunes et décolorés.

5l6 NÉPHRITE ALBUMINEUSE {histOViquè).

Sans doute plusieurs médecins s'étaient formé une idée vague des altérations rénales qui pouvaient produire l'hydropisie. Ainsi StolTelius (i) affirme que, dans toute anasarque {ab excremenlorum copm >ia<a),Schwarlz avait trouvé les veines émulgentes occupées par une matière muqueuse ou pituiteuse {deprehensum semper fuisse in vents emuhjentihus , ad renés usque, mucum, seu pituitam vitream). D'autres avaient négligé d'examiner les reins après la mort dans des cas oii la maladie était très probablement consécutive à une affection des reins, comme dans le cas suivant rapporté par Plater (2): a lia nuper tractavi virgiueni nubilem, qua;, febre erysipelato delaborans, aeri jduvioso et friijido se expojiens , et linteamina la vans, subito, cura tumore seroso iolins corporis, pedum iinprimis «xorto, in gravera dyspuœani incidens, tandem sero in leniore prorumpente , tumore tolius corporis nullatenus subsistante, sed in dies aucto, postquara per paucos raenses decubuerat, extincta fuit. »

C'est surtout dans l'histoire de l'anasarque, ou dans des cas particuliers de cette maladie j qu'on trouve les lésions rénales indiquées comme cause d'hydropisie; cependant quelques observateurs , et Willis à leur tête, attribuèrent l'anasarque à une altération primitive du sang, opinion qui a été renouvelée dans ces derniers temps. "Willis suppose que le sang contient alors une matière qui n'en peut sortir par les voies ordinaires (3); c'est une pure hypothèse.

D'un auti'e côté, la diminution de la sécrétion urinaire fut

(1) Bonet, Sepulcretum t. ii. p. 35g.

(2) Felicis Plater: Praxeos, t. m de cxtnberantin, cap. 3, p. 186,111-40, Bnslleoe, 1736.

(3) Humor aquosas anasarcam constitueDS , omnino aut maxima ex parte a sanguine procedit; istenimiram bœmatoseos defectu et vitio, intr.i massam sanguincam jugi prodiictus, ex arteriarnm finibus in majori copia profanditur, quarn ut per venas, et lympliœ ductns cxcipi, et reduci, aoperrcucs, et poros cutis , aliaque serosi laticis cmissaria amandari queat. Ex bis scquitur , morbi bujiis causam materialem esse bumoreni aquosum, et efficientom CBse sanguinem qui scilicet aquas progiguit, inque loris affectis drponit ^ Willis (TUoin.) O/'cm omnia , t. ir, p. 2/(5, ds nnasarca).

NÉPHRITE ALBU3IIJMEUSE (Jlistoriqué). SlJ

regardée par Sydenham (i) comme un effet de l'hydropisie et non comme sa cause, et il ne fit aucune mention des observations antérieures qui tendaient à prouver l'influence de la diminution de la sécrétion urinaire et des maladies des reins sur la production de l'hydropisie. Schrœck, cité par Lieutaud (2), rapporta , au contraire, un cas d'hydropisie avec lésion rénale , et qui fut précédé d'une diminution très notable de la sécrétion urinaire. Ce cas me paraît correspondre au sixième degré de lu néphrite albumineuse : a Vir quinquagenarius, crapulœ deditus, ischuria stthito corripilur. Frustra adhibetur cathéter ; nullus enim dolor, nec tumor in vesica. Dolor cral (jravniivus in sinistro rené. Dein vel post septemdecim dies, accidit vomitus; corpits inUimescit; lazditur memoria , impeditur loquela , ac tandem suffocatus obiit. Exentcrato cadavere , loco rem's dextri invenïttir corpusculiim indurntiim et cartilagineiim, ovi ga llinacei mijioris magniUidine. Quo dissccto , intvis apparviere grumi sanguiuis, cum hydatidibus, et exigua portiuncula substantiae l'enis putridœ. Sinister naturalï tripla major, scmt-cartilaginosus , in parte convexa reperitur. »

Boerhaave (3) énumère aussi les reins parmi les organes dont les obstructions peuvent occasioner l'hydropisie, et il rapporte wn fait remarquable (4) qui tend à prouver , ce qui a été démontré plus tard dans la néphrite albumineuse et dans la néphrite simple, que des matières propres à l'urine peuvent, dans certaines maladies des voies urinaires , se trouver dans le liquide des ventricules de cerveau. Yoici le fait :

« Un négociant de La Haye, occupé d'affairrs importantes ,

(i) « Urina i Jcirco p.ircc rcdtlitur, qiiiu simguiuis scrum, quod pcr ductus nri:i:irios ex Icgc naturx excerni dcbiurtit ,,jam in cavitatcin phi'.oininis depouilnr,etin t-a-'cras p;:i tes eidt iu cxcipiciido apt.is. " (TliDin.'B Sydenham, Oi'ciu medica, tractatus de liydnipc ; t. i , p. 334, in-4. Gfunvae. 1769).

(9.) Ijieutatid, Jlisl. aniU., t. i, p. aSa. — Ej>liaiii. nul, ctii:, t. i, an. i) et i« , p. 4 10.

(3) Yau Swicteu, Gcrardi, CoinmeiUaria in Heimani Boerhaave aphorismos, § 1229, t. IV, p. 168. In-4. Parisiis. 1773.

(4) Bocrbaavc. Prœlectiones academica: , t. m j p. 3i5. Gotting». 1741.

5j8 néphrite ALnuMiNEDSE {liislorique),

s'abalicnl d'uriner pendant un jour el une nuit. Youlaul uriner lo lendemain après midi, il ne put satisfaire ce besoin. Boerliaave remarque que la vessie avait perdu sa force contx'actile par sa distension démésurée. Le troisième jour , la sonde inti'oduite dans cet organe n'en fil rien sortir. Le sixième jour, stupeur , somnolence, sueurs considérables dont l'odeur était fétide, ainsi que celle de l'exlialation pulmonaire ; fréquence du pouls, convulsions, léthargie. Le quatorzième jour, le malade mourut. On trouva un liquide semblable à de l'urine dans les ventricules du cerveau.» Uoerhaave ne parle ni de l'état des reins ni de celui de la vessie.

Morgagni (i) abien reconnu que l'hydropisie pouvaitsurvenir à la suite d'altérations d'autres parties du ventre que le foie: «Et certe.quajcuuque pars, imo quaecunque causa diulius potest sanguiuis, aul lymplisa cursum morari, aut humoris quo caveœ corporis mndeut, praater modum aut secretionem augere, aut exitum deinde imminuore, morbo huic potest originem prajbere.» El il nielle rein au nombre des parties dont l'affection peut produire l'hydropisie. Il rapporte que la structure des reins était profondément altérée chez un homme qui mourut d'une manière subite, et dont la cuisse et le genou gauches étaient gorgés de sérosité, et dans le ventre et la poitrine duquel on trouva quelques onces de sérosité, <c Renis tandem uirinsque, dit-il (2), sinichtra intima confusa appariai : neque deerant parvae cellulœ humoris plense quarum aliqua (nam caeteras aliquanto interiores latebaul); ex parte se in superficie osleudebat.» Les uretères de ce même sujet offraient une altération remarquable (Voyez: Maladies des uretères),

Rlorgagni cite encore le cas d'une vieille femme hydropique, chez laquelle les reins offraient, ce me semble, les granulations décrites plus tard par M. Bright. a Muheris, in ntssocomio hoc morluïs , viscera quœdam et caput in gymnasiura illala sunt ,cum anatomenhaberem, anno 1726. — Cerebri fusca erat meduUaris substantia et crebris sanguiueis punctis dislincla;

(1) Morgagui. De sed. et caus. morborum, cpist. xs,xvui, ai t. g.

(2) Morgagni. De secLetcaus. morborum, epist. XLii, arl. il-

NÉPHRITE ALBUMiNïîusE {historique). 5 19

latérales ventriculi 11071 sine aqua intro effusa ; cerebellum prœinoUe. Ut in ihoracis cavo , sic etiam in ventre aqua non defïierat, eaque fœda.Uteri lubœ majus orificium habebant occlusum, quippe exlrerao illo ad ovariiim firmiter agglutinato. Ren uierque inœquali erat sjipcrficie,ct maculis alhis hic illic qiia siibsidelat , variegata ] ut ina3qualitatem illam a nalura non esse, facile intelligeres, Urinaria autem vesica intus rubebat. » (Epist. xl , art. 21).

Mais, ailleurs, il expose le développement de î'hydropisie d'une manière tout-à-iait hypothétique (1). Ainsi, il cite un cas dans lequel un malade , après avoir pris une grande quantité de boisson, sans rendre d'urine , et dans lequel on trouva, après la mort, le rein presque déchiré par un calcul, et il suppose que l'urine était tombée dans le ventre. Enfin ii cite encore une observation de Plater et une autre de Dodoens^ dans lesquelles le foie et la rate étaient sains ; et il attribue le développement de l'aaciteà un épanchement d'urine, provenant du rein ou de la vessie. Ces cas d'épanchemens urineux dans l'abdomen sont évidemment distincts des hydropisies.

Si on consulte les difFérens chapitres de son immortel ouvrage, indiqués dans Y Index (à l'art. Hydropisie), on voit que., dans ses observations , qui sont un peu trop concises, l'état du foie et delà rate (dont les lésions étaient regardées, à cette époque, comme produisant piincipalement les hydropisies), a été soigneusement indiqué, tandis que le plus souvent il n'est pas fait mention de l'état des reins. Cependant, dans un cas d'ascite avec maladie du foie, Morgagni décrit une altération rénale, remarquable, (a)

Fréd. Hoffman (3) s'exprime très clairement sur les caractères dislinctifs de l'urine, dans l'anasarque et dans l'ascite. a Poslhac notabile est in unasarca urinam mingi tcnuem, et

(1) Morgngni. De sed. et caus. morh. epist. xxxvrii, art. 19.

(2) « Renis altcrins (nam alterum non inspcsi) inembraii.T propri.T , crassior facta, trahentcm facitlimè sequcbatiir; canaliculi quoqtie cras-

<i siorcs quam soient, cocjuc inulta cvidculioi'cs {Epist, xxxviir, art. 28). »

(5) Koffmau (Frod.), Médicinal raCionalis sjrst., cap. xiv, t. iti, p. 3a4. De hjrdrojjc. In-fol. Genevœ, 17C1.

520 jNÉPHftJTE ALBUMINEUSE {historique).

alham, in ascite paucam et crassam, cum copioso scdimmlo rubro lalerilio. » Du reste, il ne fait aucune mention des maladies des reins comme cause d'hydropisie. Dans un paragraphe {Scctio analomica hydrope morlvorum), il énumère les altérations du foie, de lepiploon, de la rate, du mésentère, des poumons et du cœur, qui ont été observées, et ne fait aucune mention de l'altération des reins.

Lieulaud a eu l'heureuse idée de mettre en regard les lésions des viscères, notées après la mort des hydropiques; mais cette analyse a été faite sur des observations si incomplètes , et dans lesquelles les noms des principaux organes ne sont pas même indiqués. Pourtant, dans plusieurs ouvertures de corps d'hydropiques (i), il fait mention de lésions rénales plus ou inoins graves, et notamment de reins calculeux.

J. P. Frank indique plusieurs maladies, la scarlatine, les scrofules j la sypliilis , les fièvres intermittentes, les maladies du foie , les maladies du cœur, etc. , comme causes générales des hydropisies ; mais il ne fait mention ni de l'ischurie, ni des maladies desreins. Toutefois il raconte un cas (a) d'hydropisie avec douleur aux lombes et urine semblable à de la bièr trouble (ào\3\Ae circonstance qu'on rencontre souvent dans les hydropisies consécutives à la néphrite albumineuse) , que je ti'ouve assez curieux pour le citer, ici, textuellement :

« Une femme de a6 ans, d'un teint fleuri^ fut reçue à l'hôpital de Pavie , comme enceinte plutôt que comme malade. Nous l'interrogeâmes sur son état: elle nous répondit qu'elle était ascitique, et qu'elle venait réclamer pour la troisième fois la ponction, parce que ni la scille , ni les autres remèdes n'avaient pu jusqu'alors la soulager. Comme elle avait confiance à un médecin expérimenté de l'hôpital , nous la laissâmes entre ses mains. Mais, quelques heures après, elle nous fit dire qu'elle desirait être reçue à In clinique. Nous y consentîmes avecplaisir.

(1) Lieutaud. Jlisloria anatomico-medica , pars i, obs. iSi: pars i, obs. 458, pars I, obs. 11:7; pars r, obs. pars i,obs. 1119, et pars 1, obs. 1075, iu-4. Paris, 1767.

(2) Frank (J.-P.). Traité de médecine iiratirjuc, traduction française de Goiidarenii , t. iv, p. 199.

NÉPHRITE ALBUMINEUSE UllStoriqué). Sai

Elle|nous raconta que, plusieurs mois auparavant, elle jouissait de la plus parfaite santé, lorsque ses règles furent supprimées par une impression de frayeur ; que , peu de temps après, elle était tombée dans celte hydropisie rebelle à tous les remèdes et à la paracentèse , qu'on avait été obligé de pratiquer deux fois. Au moment oii elle réclamait nos soins, elle rendait, toutes les vingt-quatre heures, 2 ou 3 onces ctttrine , semblahle à de la bière trouille. Les fonctions n'étaient pas dérangées ; seulement la malade éprouvait de la soif, une doulertr dans les lomhes , un peu de chaleur ; elle était constipée , elle avait le pouls grand, plein, sans être fréquent. Des jeunes gens du plus grand mérite, mais amateurs de la nouveauté, étaient alors enthousiasmés de la doctrine du médecin Ecossais , doctrine sublime dans plusieurs points, erronée dans beaucoup d'autres. Je demandai donc à un de mes élèves les plus distingués, mais zélé partisan du nouveau système, comment il traiterait la malade. Il regarda la maladie comme asthénique, et proposa l'opium, l'étlier à grande dose , avec une décoction saturée de quinquina... Je prescrivis une saignée d'une livre, une décoction d'orge , avec un peu de crème de tartre et de nitre. Plusieurs élèves désappi'ouvaient tout bas cette méthode , considérant l'hydropisie comme asthénique , parce qu'elle était le produit d'une passion débilitante, de la frayeur. Cependant , le lendemain, il coula une pinte d'urine moins chargée, le pouls devint plus élevé et plus libre. On tira encore une livre de sang. Les urines augmentèrent si rapidement que dans l'espace de quinze jours, l'hydropisie disparut, au grand étonnement des partisans de l'asthénie. L'année suivante, cette femme vint nous voira la t clinique ; sa santé ne s'était pas démentie. »

Sauvages a décrit plusieurs variétés d'ascite indiquées par Iles anciens (ascites ah hepate; asciies a lieîie,- ascites a meseniterio strumoso, etc.); mais il ne mentionne pas \'d.&c\\.&are7iibics^ éjà indiquée par Aétius et les Arabes; cependant il admet une anasarca urinosa (i) consécutive à une ischuric et à une suppression d'urine. Cette espèce d'anasarque n'est point la même

(i) Sauvages. Cfosol method. t. 11, p. 474, in 4°. Amstelodaini. 1768.

622 M^PHRITE ALBUMINEUSE {kisloriquc).

que celle qui a été décrite au long dans cet article j mais elle s'en rapproche eu ce qu'elle a pour oritjine une lésion rénale, une suspension ou une diminution, de la sécrétion urinaire.

L'observation sur laquelle Sauvages fonda celte espèce d'anasarquc, est assez curieuse pour que je la rapporte ici (i) :

a Le fils de M. Bondon, sculpteur de noire ville, âgé de 5 ans^ élait attaqué de la pierre ; il souffrait peu ; mais, par intervalles , la pierre bouchait si exactement l'entrée du canal de l'urèthre que les urines, après avoir rempli la vessie, refluaient dans la masse, et procuraient peu-à-peu une anasarque ou leucophlegmasie urineuse, qui inondait tout le tissu cellulaire. L'enfant restait affaissé et assoupi, jusqu'à ce que les urines reprissent leur cours; l'anasarque se dissipait entièrement, et, si on en excepte un peu debouflissureàlapeau, ce petit malade paraissait jouir d'une bonne santé. Pour rendre raison de la cessation naturelle de ce symptôme, il suffit d'observer que l'extension graduée de la vessie, en lui faisant perdre son ressort, évasait l'entrée du canal de l'urèthre, et que la pierie, alors n'étant plus resserrée par les côtés, se dégageait facilement. Les parens de l'enfant, accoutumés à cet accident, ne s'en effrayaient plus, puisqu'il cessait de lui-même; mais, devenu plus fréquent et de plus longue durée, on me fit voir le malade.

« Je le sondai, et, après une préparation relative au tempérament, je le taillai. Au moment que j'eus entamé le col de la vessie, le premier jet des urines entraîna la pierre ; elle tomba heureusement dans un bassin, et fit du bruit, ce qui m'épargna des recherches inutiles. Elle était exactement semblable en forme et en grosseur, à iin noyau d'olive ; comme sa surface était partout raboteuse, je jugeai qu'elle devait êti-e seule. Le malade était presque guéri le douzième jour, et, du moment

(i) Pamard, fils. Sur une leucophlegmasie urineuse , causée en premier lieu, par la présence d'une pierre dans la vessie , guérie par l'opération, et, en second lieu, par la crispation desjilières sécréloires des reins, guérie par les hitmeclans (Journal denicdecinc de Roux, t, s-xtii, p. 421- tl^S).

NÉPHRITE ALBUMINEUSE {Ilîstoriqué). 5 2*5

de l'opéralion, il n'avait plus été question d'enflure. Lorsque je la vis reparaître avec la même rapidité, j'en fus d'autant plus surpris que je n'avais pas lieu de l'attendre ; et, dès que la mère de l'enfant et sa garde m'eurent prolesté de leur exacti- Uide dans l'observance du régime que j'avais prescrit, je me sus mauvais gré de mon peu de reclierclie dans la vessie, où . je soupçonnai dès-lors encore quelque pierre, vu la similitude du symptôme. Ce reflux urineux avait déjà gagné jusqti'fftx épaules, dans l'espace de trois heures. Je sondai le malade dans la vue de dégager la vessie de l'obstacle que j'y soupçonnais; mais je ne rencontrai rien, et je ne tirai pas une seule goiitte d'urine. En mettant la main sur le ventre, quoique tuméfié, je ne sentis pas cette rondeur de la vessie qui en caractérise la dilatation, surtout chez les enfans , où. elle est ordinairement très grande ; je jugeai que le mal venait des reins : on mit en usage les diurétiques chauds^ qui augmentèrent vi- : siblement le mal. L'enflure avait gagné le visage; et le cours de l'urine, dans le tissu cellulaire, était si libre, que l'enflure i augmentait du côté qu'on couchait l' enfant; il était affaissé et ; assoupi, son pouls était dur et concentré ; le danger devenait {pressant, et ce fut dans cette situation, que je ne saurais peincdre avec des couleurs assez vives , tant pour le petit malade que ipour moi , que j'accusai le spasme des reins occasioné par rquelque imprudence qu'on ne voulait pas m'avouer. L'état du [iQuls me rassura sur la faiblesse ; ainsi, pour relâcher les : reins, et malgré la bouffissure, qui avait grossi cet enfant du louble, je le saignai du bras; je lui tirai deux palettes de sang noir; je le fis envelopper dans un drap de lit plié en six dou- )les et trempé dans l'eau tiède, lui donnant en même temps icaucoup d'eau froide à boire.

« Par ces fomentations universelles, réitérées tous les quarts l'heure, et continuées quatre heures de suite, j'eus la satisfacion de voir couler les urines. Le relâcliemenl fut annoncé par me syncope, qui dura quelques minutes. 11 fut ranimé par l'apilication de linges chauds et secs, et, dans peu de jours, il fut >arfaitenient guéri. Pour achever la cure, j'eus recours à des uigalifs légèrement hydragogues, qui, en expulsant les ma-

524 NEPHRITE AÏ.BUMINEUSE {hîstorîquè).

tières contenues dans les premières voies, enlevèrent entièrement la bouffissure ; elle fut plus rétive que dans les premiers temps, cil il n'était pas question d'inflammation ni d'éréthisme. 5>

Il faut rapprocher de ce cas et de celui de Boerhaave, le suivant cité par Henri- Auguste Wrisberg(j). Chez un malade qui n'avait pu rendre une goutte d'urine depuis plus de dix jours, oiwlrouva, après la mort, la vessie distendue par cinq livres d'urine , les uretères dilatés , les bassinets dilatés et gangrenés. Le liquide épanché dans l'abdomen , la poitrine et même le cerveau , avaient une odeur urineuse.

Portai (2), aussi, admet l'influence des lésions rénales sur le développement de l'hydropisie. a De toutes les altérations morbides abdominales , dit-il , il n'en est point qui donne plus souvent lieu à l'hydropisie, que celles des voies u rinaircs, qui , de nature scrofuleuse ou autre , tendent plus ou moins à troubler l'excrétion des urines. En effet , si celte excrétion n'est pas proportionnée par sa quantité à la sécrétion opérée par les reins, il eu résulte nécessairement une accumulation de fluide urineux qui s'épanche d'abord dans le tissu cellulaire de diverses parties du corps, et ensuite consécutivement plus ou moins vite dans ses cavités , au point que quelquefois on reconnaît dans les liquides épanchés la véritable odeur de l'urine.

« Le même effet pourrait avoir lieu, si, par quelque affection morbide particulière, les reins ne sécrétaient pas une assez grande quantité d'urine, puisque alors il en résulterait u.ie surabondance de liquides aqueux qui finiraient plus ou moins promptement par produire l'hydropisie.

« Eu effet, combien celte cause ne serait-elle pas efficace pour opérer un pareil effet, l'excrétion de l'urine élant celle, après la transpiration, qui est généralement la plus copieuse, elquel-

(1) WrisbcrgfH. Aug.) Commentai, medic.physiol. anatomic. etc. Su Cottingœ, 1800, p. 168.

(2) Portai. Observations sur la nature et le traitemerU île Vhrdroinsie, t. 1. p. i5i, in-8" Paris, 1824.

NÉPHRITE ALBUMINEUSE (Jlistoriqilè). BiB

quefois même qui est la plus abondante, comme dans les temps froids et humides !

« Les altérations morbides qui peuvent diminuer l'excrétion des urines sont très nombreuses, quelquefois pouvant exister dans les reins mêmes et très souvent dans les uretères, la vessie et le canal de l'urètbre. »

Dans un ouvrage antérieur(i), Portai avait dit : «J'ai reconnu l'odeur d'urine dans un épanchement d'eau qui s'était fait dans les ventricules du cerveau d'un homme mort d'une suppression d'urine. »

M. Amiral (2) a observé, eni825,et publié, en 1826, un cas d'hydropisie sans maladie du cœur, ni du péritoine; mais, dit M. Andralj « il y avait un autre organe qui présentait une altération qui ne doit pas être perdue de vue : c'étaient les reins, dont la sxibstance corlicale extérieure et une partie de la tubuleuse n'étaient plus constituées que par un tissu granuleux blanchâtre , divisé en petites masses ou grains qui ; séparaient des restes du tissu rougeâtre naturel au rein. En ; plusieurs points cependant , l'on apercevait encore intacts des ( cônes de sxibstance tubuleuse et mamelonnée. » Et quoique i M. A.ndral cite ce cas comme upi exemple à! hydropisie essentielle, len ce sens qu'aucune altération organique n'en pouvait rendre icomple, cependant il fut tellement frappé de la lésion des reins • qu'il termina son observation par les remarques suivantes: »<c Cette altération particulière des reins avait-elle apporté un «obstacle à la libre sécrétion de l'urine, et, par suite, contriibuait-elle d'une manière plus ou moins directe à la production e l'hydropisie? Quoi qu'il en soit, ce fut là la seule espèce de ésion. que nous révéla l'ou-verture du cadavre ; mais, si la cause ~e la maladie est ici au moins très obscure , la cause de la mort est, au contraire, évidente ; elle fut due bien manifestement au louble hydrothorax. »

M. Barbier d'Amiens a évidemment observé, un des preniers, deux des altérations des reins dans la néphrite albu- Tiineuse.

(1) Port.'il. Cours d'analnmie médicale, t. iv, p. 77.

(2) Andral. CUni(jne médicale, \. rir, édition , p. /ïH^.

Saô Nj5pHRiTE ALBUMiTvr.rjsE (hisforigue).-

« On renconlre souvent , dit-il (i), les reins d'une petitesse remarquable. Un défaut de nutrition , un excès d'absorption à la suite d'un travail indammatoirede leur tissu, réduit leur volume au tiers , au quart de ce qu'il devrait être.

a Dans l'oligolropliie (d'ôXî-fo; peu ou petit, et derpécpM jenourris ; dénomination que M. Barbier a employée en place de celle d'atrophie) des reins, la sécrétion urinaire est toujours notablement diminuée, il survient souvent un œdème général.

fc Nous venons d'avoir sous les yeux un cas fort curieux d'oligotrophie des i-eins. Une femme vient à l'Hôlel-Dieu avec un état de leucophlegmasie très prononcé. Le cœm- me parut légèrement dilaté ; tous les autres appareils étaient en bon état. Nous nous étonnions de ne pas trouver plus de lésions avec cette hydropisie; nous nous étonnions surtout de ne pouvoir, par aucun moyen, augmenter le cours des urines qui étaient rares. Les boissons nitréesi les pilules scillitiques, la digitale pourprée étaient en vain employées , et la situation saine de l'estomac permettait d'insister sur leur administration. Une pleurésie, qui survint brusquement, fit périr cette malade. On trouva les deux reins dans un état remarquable d'oligotrophie j l'un avait à peine le quart du volume qu'il devait avoir , l'autre était réduit des deux tiers. Il est certain que les diurétiques ne pouvaient produire leur effet ordinaire, opérer une grande évacuation d'urine sux des malades qui ont cette vicieuse conformation. L'oligotrophie des reins est une cause de leucophlegmasie que l'on n'avait pas reconnue.»

Le passage suivant n'est pas moins remarquable :

« Le tissu des reins , dit M. Barbier (2) , est susceptible d'éprouver un endurcissement morbide; alors la sécrétion de l'urine est toujours peu abondante. Les médicamens diurétiques ne l'augmentent pas, et une anasarque rebelle se manifeste. Cette lésion des reins est une cause de cette dernière maladie que l'on méconnaît souvent. »

(1) Barbier ( J. B. G. ). Précis de nosologie et de thérapeutique t, i, p. k^Oi in-8" Paris, oct. 1827.

(2) Barbier, Om'. cités Sdériasic 4cs reins, t. i, p. 553.

• NEPHRITE ALBiJMtNEUsE {Jùstorique). Say

Une femme entre à l'Hôtel-Dieu dans un élat de leucophlegraasie. Après une investigation suivie pendant plusieurs jours, nous ne pouvons assigner une cause matérielle à cette afl'eclion. Les organes contenus dans les cavités splanchniqûes paraissent sains ; le cœur seulement est légèrement dilaté. Malgré l'usage prolongé des diurétiques, du nitrate de potasse, des préparations scillitiques , de la digitale pourprée, l'hydropisie I continue, elle fait des progrès ; la malade meurt le 23 juin

, « A l'ouverture du cadavre on reconnaît que l'encépliale est idans un état sain ; mais on découvre une mollesse morbide et lUne oligotrophie dans la partie scapulaire et dorsale delà iimoelle épinière. Le pouls de cette femme était assez faible ; son ssang n'était pas d'une complcxion riche ; le caillot que fourunissait celui des veines était très petit et mouj Isi sérosité avait mune couleur lactescente. Cette malade avait de la gène pour If espirer , une grande faiblesse musculaire ; elle restait habi- Ëttuellement couchée. Ces phénomènes ne procèdent-ils pas de laa lésion de la moelle épinière ? L'estomac est un peu oligolro- W»Ilié;la malade avait peu d'appétit: les intestins, le foie Moat dans l'état normal. Les poumons n'offrent aucune HAtération. Le ventricule droit du cœur est légèrement HUIatée.

H i a Nous portons notre attention sur les reins , et nous trour HipDS, sur les deux organes, une dégénérescence dure bien rearquablej leur tissu est plus consistant, plus solide; le alpel ne les coupe qu'avec peine. Le sclériasie du tissu des ins , la diminution de sécrétion urinaire qui en est la suite , adonnent-elles pas l'explication de la leucophlegmasie ? Nous ons vii l'oligotrophie des reins donner naissance à cet accint, et empêcher que les diurétiques ne produisissent leur effet coutumé» Dans le mois de janvier précédent, cette femme ait été saignée au bras. Oji fut frappé de la couleur laiteuse la sérosité du sang : on avait eu l'intention de faire analy- • ce fluide ; mais il fut, par inadvertance, mêlé à une solution chlorure de chaux , et rej été. »

□ans cette observation de M. Barbier, on trouve non-seule-

528 NÉPHRITE ALBUMiNEusE (historique).

ment un exemple de la 3° forme de l'altération des reins décrite par M. Bright , mais l'indication de l'état laiteux du sérum du sang , observé d'abord par Blackall et M. Boslock , et plus tard par M. Chrislison, qui a démontré que cette apparence était due à un excès de matière grasse.

II. Des rapports de l'urine albumineuse avec certaines hydropisics. — Toutes les observations, toutes les remarques , toutes les recherches que je viens de rappeler dans la première partie de cet aperçu, ont certainement eu pour résultat d'établir, d'une manière incontestable, que certaines hydropisies dépendaient d'une altération des reins ou d'une diminution de la sécrétion urinaire. D'autres recherches prouvèrent que l'urine pouvait contenir de l'albumine, et que, dans certaines hydropisies, ce liquide était coagulablej qu'il ne l'était pas dans d'autres ; et que la présence de l'albumine dans l'urine de ces hydropiques coïncidait avec d'autres changemens dans la composition de l'urine, et notamment avec une diminution considérable d'urée et de sels.

Cotugno (i) est, à ma connaissance , le premier observateur qui ait constaté expérimentalement la présence de l'albumine dans l'urine des hydropiques. J'excepte les observations antérieures qui avaient été faites sur la présence du sang (et par conséquent du sérum) dans l'urine, chez des individus atteints d'hydropisie à la suite de la scarlatine j observations que j'ai déjà fait connaître (voyez § 606).

Or, Cotugno paraît être arrivé à constater la présence de l'albumine dans l'urine, d'après une vue pm-ement théorique. Il avait reconnu que les liquides sécrétés par les membranes séreuses ne contenaient pas, dans l'état normal, au moins d'une manière notable, la matière animale qui existe naturellement dans le sérum du sang, et qui est coagulable par la chaleur. D'un autre côté, il avait constaté que le liquide sécrété par ces mêmes membranes enflammées, et l'humeur des épanchemens séreux dans ces membranes et dans le tissu cellulaire

(1) Cotiiniiii , De iscMade nervosâ commentariut; in-S" A'icnnc, iW' P'^' a4 25.

NÉPHRITE 4LBUM1NF.USE {hîslorique). Sio

des hydropiques, contenaient cetle même matière, qui se transformait par la chaleur en une substance semblable à du blanc d'œuf cuit ; enfin, il s'était assuré que l'urine saine n'était pas coagulable par la chaleur. Connaissant ces faits, et ayant été témoin de la diminution brusque d'une hydropisie, en même temps que l'excrétion des urines du malade avait été très notablement augmentée (circonstance qui ne pouvait pas être attribuée à la quantité des boissons ingérées) , Cotugno, supposant que le liquide de l'hydropisie était évacué par les urines, voulut constater sien effet l'urine avait la propriété des liquides hydropiques. « Placuit tamen, ad ignem admolis urinis, rem certo experimento definire. Qui enim ex cadaveribus tali hydrope confectorum, aquas intercutes plurimuni maleriœ coaguli capacis continere pernoveram, in spem veni fore ut , si taies aquas per urinœ vias œger excerneret , coaguli materiera, qua scaterent, essentad ignem ostensurœ. Quœ res, ut praeceperara, experimento comperta. Nam duabus libris ejus urinœ ad ignem admotis, cum pene dimidium evaporasset reliquum facessit albam in massani, tenerrimo jam coaclo ovi albumini persimilem. Idque sletil experimentum donec uber ille urinse fluxus persistit; quod et ipsi auditores, qui fréquentes priori affuerant experimento , idem ssepe repetendo sunt expert!. » Ainsi Cotugno considère cet état coagulable des ui-ines comme dépendant du passage du liquide de l'hydropisie par les voies urinaires. La même idée est reproduite dans un autre passage oii, le premier, il fait connaître la présence de l'albumine dans les urines des diabétiques :

K Neque tantum in auctis hydroincoritm itrinis (i), sed in illis eliam quas excreverint diabète correpti, hanc urinœ naturam coaguli materiem ad ignem exhibentem , quanquam non adeo insignem, pari tentaraine non semel comperimus. Primum

(i) Cotugno se trompe ; il est rare qu'on observe de l'albumine dans les ) urines augmentées des hydropiques , lorsque la maladie se termine d'une manière favorable. Dans les liydropisics avec uriuc coagulable, l'urine devient moins chargée d'albumine lorsqu'elle augmente eu quautité; dans les autres l'albumine ne passe pas, ou bien rareinent,et toujours enpetite quantité.

5io NÉPHRITE ALDUMINEUSE {Iiistoriqué).

itaque constat, urinas, quas in sanis nemo coagulahiles invenerit, quaudoque posse coaguli raatcriem continerc » {Ibidem, p. 24 et 25).

Sans doute Cotugno s'est trompé en attribuant la présence de la nialièi-e coagulable au passage de la sérosité de l'hydropisie parles voies urinaires; car une foule d'observations m'ont prouvé que ce passage n'a pas lieu ou bien rarement dans les conditions indiquées par Gotugno; mais la découverte de l'albumine dans l'urine d'un hydropique, et les autres recherches de Gotugno sur le sérum contenu dans les urines des diabétiques, et dans d'autres humeurs morbides, doivent être notées comme une des premières conquêtes de la chimie appliquée à la patliologie , et comme l'origine des recherches postérieures sur la présence de l'albumine dans l'urine.

Fordyce(i) observa le passage du sérum du sang dansl'urine. a Si, dit-il, les reins sont relâchés ou stimulés, du chyle, du sérum , de la lyinplie coagulable et même la partie rouge du sang peuvent être excrétés avec de l'urine. » Mais Fordyce ne dit pas quelles sont les maladies dans lesquelles a lieu ce relâchement ou cet excilement des reins ; il ne fait point mention , en particulier, de l'hydropisie,

Cruickshank (a) a incontestablement le mérite d'avoir pris la présence ou l'absence de l'alliumine dans l'urine des individus affectés d'hydropisie, pour base d'une distinction importante. En séparant les hydropisies dans lesquelles l'urine est coagulable, de celles dans lesquelles elle ne l'est pas, le premier il a fondé une distinction établie plus solidement plus lard par Wells et Blackall. En effet, Cruickshank remarque: « que, dans l'hydropisie générale (5) , l'urine est coagulable par la chaleur et par l'acide nitrique , et par ce moyen , dit-il , on

(r) Fordyco (G.)- Eléments oflhe practice of physic ,5 cdit. in 8°. Lond. 1784, p. 34.

(2) Cniicksliank dans Rollo : Cases oflhe dlaietes melUlus, cUi^. yU Experiments on urino and sugar, p. 443. 447 . 44». i"-8°- L"°do°- I79S-

(3) Quoiqu'on attribue généralement à Cruickshank l'expression d'/'fdropisie inflammatoire, c'est dans l'I.ydropisic gcuéralc qu'il dit avoir obserTO l'uriuc coaculaliU'.

NÉPHRITE ALBUMiNEUSE {Instorique). 53 1

peut facilement distinguer cette affection des liydropisies qui dépendent des viscères , » et par 'l)ydropisie dépendante dos viscères , dans sou temps, on entendait parler surtout des liydropisies produites par les maladies du foie ou de la rate. Entre autres cas d'hydropisie, Cruickshank en cite un qui se termina par la mort au bout de six semaines, et dans lequel l'urine contenait tant d'albumine que, à l'égard de la coagulabililé, elle différait très peu du sérum du sang.

Koii-seuleinent Cruicksliank et Cotugno avaient démontré que l'urine contenait de l'allnimine dans certaines hydropisies ; mais leurs recherches avaient aussi établi que, dans le diabète et dans certaines hydropisies qui surviennent à la suite de i cette maladie (et dans lesquelles l'état des reins est peu connujj l'urine pouvait également contenir de l'albumine. Ce fait important fut de nouveau signalé par le docteur Lalham (i), dans un cas qui me paraît d'autant plus remarquable que l'urine ne contenait plus de sucre lorsqu'elle devint albumineilse , > et qu'elle continua d'être sécrétée en abondance.

Darwin (2) décrivit aussi une espèce de diabète dans lequel j l'urine est albumineuse. L'urine, dit-il, mucilagineuse et filante 1 qiiand on la verse d'un vase dans un autre, se coagule quelquei fois par la chaleur; cette maladie disparaît par intervalles, et ^ semble être occasionée par une hydropisie antérieure de quel- ( que partie du corps. On voit que Darvv^in, comme Cotugno , «considère le passage de l'albumine dans l'urine, non comme 1 le symptôme d'une maladie grave, mais plutôt comme le signe de la guérison d'une hydropisie évidente ou cachée. Plus tard , Uupuytren(3) annonça qvie , si on donnait à des diabétiques des alimens très animalisés, leurs urines changeaient assez promplementde natui'e; que d'abord on y trouvait une matière albumineuse ; que cette matière albumineuse, dont la quantité al- 'ait, pendant quelques jours , en croissant, paraissait être un

(1) Latbam. Facts and opinions conceming diabètes , p. iSg. Lond. in-8. ■^og. — Blackall.Oacr. cité. Introduction, p. v,

(2) Darwin. Zoonomia, vol, i, page, 467; third edit. 8". Loadon i8oi.

(3) Bulletin de (a faculté de médecine de Paris, t. i, février 1806, p. 4t.

532 NÉPHRITF, ALBUMINEUSE (JlistOrique).

signe non équivoqu3 de la guérison de la maladie; qu'ensuite l'albumine disparaissait peu-à-peu, et qu'alors les reins commençaient à sécréter l'urée , l'acide urique, etc. , et que l'urine ne tardait pas à être la même qiie celle d'un individu sain. Pour lui, la présence de l'albumine dans l'urine n'est pas l'indice de l'existence d'une hydropisie ou de son développement plus ou moins éloigné; c'est une condition pathologique, toute difTérente; c'est le signe de la guérison du diabète. Watt (t) déclare aussi avoir trouvé de l'albumine en quantité notable dans l'urine de diabétiques , sans qu'il se soit manifesté plus tard d'hydropisie.

Toutefois, il ne faut pas se dissimuler que des observations ultérieures, avec ouverture des corps , ne soient nécessaires pour éclairer l'histoire des hydropisies, qu'on voit assez fréquemment survenir chez les diabétiques. Chez de tels i^alades, j'ai vu des hydropisies avec urine non coagulable, et d'autres hydropisies avec urine coagulable, et dont j'ai obtenu la guérison (Voyez Diahèle).

Les travaux de Wells (a) sur les hydropisies, trop peu connus en France, sont, sans contredit, un des points les plus remarquables de l'histoire des hydropisies avec urine coagulable, et des lésions rénales qui les accompagnent. Non-seulement Wells a constaté que la coloration ronge de l'urine, dans l'anasarque, suite de scarlatine, était due à la matière colorante du sang, mais encore il a reconnu (ce que personne n'avait démontré avant lui) que l'urine; dans cette espèce d'hydropisie, contenait du sérum du sang lors même qu'elle avait sa teinte naturelle :« L'urine, dit-il, ayant dans cette maladie (anasarque suite de scarlatine ) précisément la même apparence que l'urine saine dans laquelle on aurait mélangé la matière rouge du

(1) Watt. Cnses 0/ diabètes, consumplion, elc, wilh observations etc. Vais- ]cy, in-8. 180S.

(2) Wells. Observations on the dropsy which succeeds scarlet fevei: — On the. présence oj tlie red malter and sérum of the blood in the urine ofdrop»y which bas not ori'^inated in scarlet f,:ver (Transact. of a Society for tlie iiiiprovciuejit of médirai aud rlijiiirg. kuowiedgc. Vol. ut, p- 16 iind ip"!)-

NÉPHRITE ALBUMINKUSE (JUstoriqué). 533

sang, il m'a paru probable que la couleur rouge de l'urine malade était due à la présence de la même matière. Pour juger de cette opinion, j'exposai de l'urine rouge, malade, à la chaleur de l'eau bouillante; il s'y forma alors de nojnbreux llocons d'une couleur brune sale, qui se précipitèrent au fond du vase; et au-dessus du dépôt, l'urine devint claire et de la couleur

d'une urine pâle ordinaire H y a une autre partie de sang,

ajoule-t-il, que j'ai toujours trouvée dans l'urine de personnes atteintes de cette hydropisie, c'est le sènim; car, dans tous les cas que j'ai observés ( excepté dans deux oii cette hydropisie était très légère) , lorsque j'ai exposé l'urine à la chaleur de l'eau bouillante, une matière floconneuse s'est formée , dans l'urine, même lorsqu'elle n'était pas rouge. »

Dans un autre travail, fondé sur des observations commencées dès 1798, mais qui ne lurent publiées qu'en 1812, Wells compléta ses premières recherches sur les hydropisies avec urine coagulable. Pour constater la présence du sérum du : sang dans l'urine, il employa les mêmes a gens que nous em- ] ployons aujourd'hui : l'acide nitrique et la chaleur. Ayant plus sieurs fois "observé que la même urine ne donnait pas toujours lie même coagulum par l'acide nitrique et par la chaleur, depuis Hors il a toujours soumis l'urine à ces deux épreuves. Pour rmieux étudier comment l'albumine se comportait dans l'urine, tet pour juger approximativement de sa proportion, il a mé- Jlangé différentes proportions de sérum avec l'urine, afin d'étu- ' dier l'apparence des précipités obtenus par la chaleur et l'acide iilriquc , sur des proportions déterminées de sérum. Il exa-

tmina, à l'aide d'un de ces agens ou deces deux agens, l'urine de :ent trente-huit personnes atteintes d'hydropisies produites lar d'autres causes que la fièvre scarlatine, et il trouva du séum dans l'urine, en soixante-dix-huit cas. Eu étudiant la 'l oportion del'albuinine dans l'urine, il remarqua qu'elle pouait contenir une grande quantité de sérum , et avoir l'appanuce de l'urine saine; que quelquefois elle était très pâle, sans idiinenl, ou légèrement opaque, et semblable à du petitlil. En outre, il étudia les légers sédimens de ces espèces urine ; il nota les variations des proportions du sérum dans

634 wiîPHRiTE ALBUMmEUSE {histoiiquc).

vingl-nouf cas cl'anasarque non dépendans delà scarlaline; il cojisfata, dans vingHrois, la présence du sérum dans l'urine. Il observa que la présence du sérum dans l'urine était nonseulemenl indépendante de la faiblesse , mais qu'elle était souvent accompagnée d'un pouls plein et fréquent, et que les malades souffraient souvent de vives douleurs dans Us reins et les membres, avant et après l'apparition de l'hydropisie. Enfin il fit tous ses efforts pour examiner, après la mort, l'état des principaux viscères dans celte espèce d'iiydropisic j et le premier il a nettement décrit des lésions rénales en rapport avec des -urines coagulahles. Chez iia soldat âgé de quaranle-septans, dont l'urine contenait beaucoup de sérum, et qui mourut bydropique après avoir présenté les symptômes d'une inflammation de la poitrine, Wells trouva le lobe inférieur du poumon droit fortement enflammé ; les reins étaient j)lus durs qu'ils ne le sont ordinairement ; la substance porticale était épaissie et sa structure altérée, par un dépôt de lymphe coagulable; il y avait un peu de pus dans le bassinet d'un des reins, a Mais je n'ep conclus pas , ajoute Wells, que ces apparences des reins etcelles qui ont été notées dans d'autres cas^ (reins plus volumineux et plus mous, avec vésicules, kystes, etc.) existent toujours , ni que les reins sont toujours malades, quand les urines contiennent beaucoup de sérum.»

Après avoir constaté la présence du sérum dans l'urine de certaines bydropisies , et son absence dans celles de plusieurs autres, pour savoir jusqu'à quel point la présence de l'albumine était propre à l'hydropisie , Wells soumit à l'action dp l'acide nitrique et de la chaleur l'urine de lo'i malades qui nf étaient point hydropiques. Dans 54 cas de maladies chroniques, l'urine ne contenait point de sérum ; dans 35, il y en avait très peu, et dans un (c'était celui d'un homme qui avait un écoulement par l'urèthre) l'urine donna, par la chaleur, un coagulum qui formait le quart du mélange; mais, dans une autre épreuve, faite avec l'urine de la même personne lorsque (l'écoulement était moindre), la quantité du coaguIunJ fut moindre aussi; de sorte, dit Wells , qu'il était évident que le sérum contenu dans l'urincprovenait delà malièro purulente.

Nl^PHRITE ALBUMINEUSF. (JllStorîqué]. 535

Enfin, voulant savoir si l'on ne renconfa-ait pas quelquefois de l'albumine dans l'urine de personnes qui étaient en bonne sauté du moins en apparence, il trouva de l'albumine chez l'une d'elles, qui plus tard devint hydropique, après avoir èj)ro^.ivè des douleurs dans les lomhes et une diminution de la sécrétion urinaire.

Pendant que Wells étudiait ainsi la présence de sérum dans l'urine, en se plaçant à une foule de points de vue; pendant qu'il cherchait ce principe dans l'urine des hydropiques, dans l'urine rendue durantplusieurs inaladieschroniques, dans l'urino de plusieurs maladies aiguës, enfin dans l'urine des personnesjouissant en apparence d'un bon étatde santé, des observations beaucoup moins importantes, mais non sans valeur, étaient faites par d'autres observateurs.

Le docteur Baillie, ayant eu l'idée d'examiner comparativement deux urines provenant de deux hydropiques, dont l'un ne l'était pas parl'effet d'une maladie de foie, remit ces deux urines au professeur Brande (i), qui dans la première (laquelle était alcaline) constata la présence de l'albumine et la diminution de laquantité naturelle de l'urée, et un dépôt qu'il crut être l'acide rosaciqvie de Proust. L'autre urine, celle qui avait été recueillie dans un cas d'hydropisie dépendant d'une maladie du foie, ne contenait point d'albumine, et n'offrait point la diminution d'urée observée dans l'autre échantillon. Le fait de la diminution de. l'iu'ée dans l'urine albumineuse des hydropiques , est ici signalé pour la première fois.

Alors on s'occupait fort peu, en France , de la recherche de i l'albumine dans l'urine des personnes atteintes d'hydropisie ou 1 d'autres maladies. Personne, à ma connaissance, ne l'avait re- < cherchée dans les urines des hydropiques. Toutefois, Séguin, ( dans ses études sur le tannage, avait noté qu'une dissolution « de tan, versée dans l'urine, y produisait des précipités varia- Ibles suivant les difierens états des sujets: ce qui l'avait con-

(i) Brande. An accouni of some changes J'runi diseuse iii the composition oj human urine (Transactions of ;i soc. for tbc improvemcnt of med. and chir. knovrlcdgc, vol. m, p. 18.7). Ce mcmoirc fut lu le 3 février 1807.

536 NÉPHRITE ALBCMINEUSE {llùloriqiie).

duit à penser que l'essai de l'urine, par le tannin, indiquant la proportion de substance nourricière qui sortait par cette excrétion, pourrait être utile en médecine.

Fourcroy (i), en rappelant cette observation de Séguin, émit, d'une manière un peu incertaine, l'opinion que le précipité produit par le tannin pouvait être dû à l'albumine; mais , absorbé par d'autres travaux , il ne se livra point à la recherche de l'albumine dans les urines rendues dans les maladies.

C'est dans des études pathologiques, générales, faites par Nysten (a) sur l'urine, qu'on trouve les premières observations chimiques un peu détaillées faites, en France, sur les urines des bydropiques. Nysten ne tarda pas à reconnaître que l'urine n'avait ni les mêmes apparences, ni la même composition, dan^toules les espèces d'hydropisie. Chez un malade qu'il observa, l'urine était d'un rouge foncé, trouble, même en sortant de la vessie, et avait une odeur ammoniacale : elle était alcaline ; elle moussait fortement par l'agitation, et restait long-temps ècumeuse (3) , et déposait, par le repos, un sédiment blanc floconneux, audessus duquel elle restait claire. Le sédiment était formé de phosphate de chaux et de phosphate ammoniaco-magnésien; la

(i) Fourcroy. Système des connaissances chimiques, etc. t. x, p. I4''- itioo.

(a) Nysten, Recherches de physiologie et de chimie pathologiques , p. 256 etc. in-S». Paris. iSii.

(3) J'ai uotc souvent cette apparence mousseuse ou écumeusc de l'urine lorsqu'elle contient uue quantité notable d'albumine. M. Xissot en avait fait la remarque dans sa thèse; mais je dois dire que, si ce caractère de l'urine peut faire soupçonner la présence de l'albumine, il ne l'indique point d"une manière sûre. Non-seulement des uriues très notablement albumineuses n'offrent quelquefois pas une seule bulle au bout d'an certain nombre d'heures, tandis qu'au bout du même laps du temps, d'autres urines qui ne contiennent pas d'albumine, qui ne donnent point de coagulum par la chaleur ou par l'acide nitrique, peuvent présenter, à leur surface, un anneau de bulles contigucs aux parois du vase. Plusicnf-s de ces urines contenaient une quantité notable de matière animale dans leur c.ttrait. Toutefois je rappellerai a rette occasion un aphorisme d'Hippocrato : « Si des bulles surnagent a U surface des mines, il existe une maladie de reins, et la maladie scia longue • (vu, 341 ).

NÉPHRITE ALBDMINEUSE (hîstorîquè).

couleur foncée de l'urine était due à une matière huileuse ; il n'existait pas sensiblement d'urée ; enfin, elle contenait une très grande quantité d'albumine.

Nysten constata aussi que l'urine, dans un cas de péritonite aiguë, contenait une grande quantité d'albumine et un tiers d'urée de plus que l'urine d'un homme sain. Si Nysten eût connu les recherches de Brande, il eût remarqué que l'urine albumineuse provenant d'un hydropique, analysée par Brande, différait notablement de l'urine albumineuse observée dans un cas de péritonite : dans l'une, l'urée était en bien moindre proportion que dans l'état sainj dans l'autre, au contraire, l'urée était en excès.

Chapotain (i) avait constaté, peut-être le premier, l'existence de l'albumine dans les urines dites laiteuses ( albumiuograisseuses) qu'on observe assez fréquemment chez les habitans de l'Ile de-France. Dans cette affection des plus curieuses, les malades rendent habituellement, pendant plusieurs années, de Palburaine dans l'urine, sans devenir hydropiques j et j'ai constaté récemment que les reins étaient sains. Le passage habituel dugérum du sang dans l'urine, pendant plusieurs mois, pendant plusieurs années, ne suffit donc pas pour rendre hydropiques.

L'idée de classer les hydropisies en deux grandes divisions, : suivant que l'urine rendue par les malades est ou non coagu- 1 lable, d'abord indiquée par Cruickshank, vérifiée et développée jpar Wells, fut ensuite appliquée, à-peu-p'rès à la même époque, jpar Blackall (2) dans un traité ex professa sur les hydro- 1 pisies.

Blackall rapporte tretile-et-un cas d'hydropisie dans lesquels ■l'urine n'était point albumineuse, dont deux élaient survenus . après la scarlatine, et cinquante-six cas avec urine coagulable , < dont onze attribués à la scarlatine, neuf à des traitemens mercu-

(1) Chapotain. Topographie médicale de VUeàe France, in-4o, Paris, 18x2 pag. 57.

(2) Blackall (Joltn). Observations on the nature and cure of dropsies, in-8. Londou i8i3. - 2'' 1814 3<l i8i8. — 4''' cdit. 1824.

538 NIÎPHRITE ALBUMJNEDSE {JiislOl'ique).

riels, neuf à l'impression du froid et de l'humidité, ouà l'ahus des liqueurs spiritueuses, et deux à l'eau froide prise en boisson, le corps élant en sueur. Ces faits donnent à son ouvrage un caractère véritablement pratique. Blackall a noté, avec soin, les propriétés de l'urine, et il pense que, dans quelques cas (indépendamment des modifications qu'elle avait éprouvées par la présence de l'albumine), elle avait notablement perdu des propriétés qui la caractérisent comme urine, et que probablement l'urée manquait.

Dans cet état, dit-il, elle paraît transparente et aqueuse, et reste long-temps sans se putréfier.

Quant au rapport de l'altération dô la sécrétion uriuairc avec des lésions rénales, quoique Blackall ait plusieurs fois observé des lésions des reins après la mort de ces hydropiques, il ne paraît pas avoir entrevu aussi clairement que Wells les rapports de ces lésions avec l'urine albumineuse. Il cite neuf autopsies. Dans un cas d'hydropisie, après scarlatine, compliquée de pleurésie, d'érysipèle, de gangrène et de carie au sacrum, Blackall trouva les reins un peti mous et flasques ; dans un autre cas d'hydropisie avec péricardite et pleurésie, les reins étaient cxtrêmemeni durs , et contenaient de pelits kystes. Dans un troisième cas (liydropisie , syphilis constitutionnelle et maladie de foie), les reins étaient remarquablement solides et fermes, et leur structure était confuse; dans un quatrième cas (liydropisie, péritonite, ulcération dans le cœcum, diarrhée, usage antérieur du mercure, tubercules pulmonaires), les reins étaient gorgés de sang comme s'ils en avaient été injectés. Dans un cinquième cas d'hydropisie compliquée de pleurésie et d'érysipèle, les reins étaient plus volumineux que dans l'état sain, et leur sulstance corticale un peu plus brune et plus mate qu'à l'ordinaire. Ainsi , Blackall avait reconnu que les reins étaient notablement altérés dans cinq cas d'hydropisie avec urine coagulable. Cependant il conclut de ses i-echerches que les organes urinaires sont souvent exempts de toute apparence d'altération de structure, nonobstant la grande altération de leur sécrétion; que, dans deux cas d'hydropisie produite par le mercure, les reins étaient plus fermes qua

NÉPHRITE ALBUMTNiiUSE (historlquc). 539

l'ordinaire ( dans l'un d'eux , cet état était ai prononcé qu'il approchait du squirrhe)} enfin, que des recherches ultérieures peuvent seules décider si cet état des reins est purement accidentel ou l'effet des remèdes, et s'il y a un rapport entre cette altération des reins et la yirésenee du sérum du sang dans l'urine.

Blackall ayant constaté, dans des cas d'hydropisic avec urine coagulable, pendant la vie et après la mort, des inflammations des membranes séreuses ; ayant constaté, en outre, l'utilité des antiphlogisliques, et en particulier de la saignée, dans un grand nombre de cas ; ayant, en outre, noté fréquemment l'état couenneux du sang, quelquefois porté à un très haut degré , et d'autant plus prononcé que l'urine était plus coagulable, et lorsque l'économie offrait les marques les moins équivoques d'un état inflammatoire {a7id ihe whole System hears the greatest marks of inflammation); Blackall, dis-je, a exprimé l'opinion que ces hydropisies , avec urine coagulable, étaient le résultat d'?/» état ou d'une disposition inflammatoire générale. Enfin, pour donner une nouvelle force à ses observations, et pour appuyer cette opinion, il rappelle qu'Alexandre de Tralles, Paul d'Égine, Spon, Home, Stock, Grapengiesser, ont recommandé les émissions sanguines dans cette espèce d'anasarque.

En résumé, quoique Blackall remarque, plus lard, dans son postscrijHum, qu'on a trouvé les reins malades dans un grand, nombre de cas {in an nimsual proportion), il semble disposé (influencé probablement par les lésions qu'il avait observées dans les membranes séreuses et d'autres parties du corps) à regarder celte hydropisie plutôt comme le résultat d^unc affection générale inflammatoire, que comme la conséquence d'un état inflammatoire des reins; mais il n'est pas moins évident que cet habile observateur, dont le travail a un caractère éminemment pratique, a été frappé, comme les meilleurs observateurs qui l'avaient précédé, et surtout comme ceux qui avaient spécialement étudié l'anasarque, suite de scarlatine, de la nature phlogistiqnc des hydropisies avec urine coagulable. C'est probablement au caractère pratique de ce travail qu'a été duc l'influence ((u'il a exercée sur les opinions el la

54o NÉPHRITE ALBUMiNEUSE {historique).

pratique des médecins ; influence beaucoup plus maj-quée que celle de Wells , dont les travaux l'emportent peut-être pour le mérite scientifique. J'ajouterai cependant une dernière remarque, c'est que Blackall a eu tort de dire, d'une manière absolue, qu'on pouvait être guidé sûrement, dans l'emploi de la saignée, par l'apparition plus ou moins rapide de l'état albumineux de l'urine, et parla fermeté et l'abondance du coagulum (i) ; car j'ai maintes fois constaté l'existence d'un coagulum ferme et abondant dans des cas de néphrite albumineusetrès ancienne, et lorsque la saignée n'était nullement applicable.

L'ouvrage du docteur Blackall ayant vivement appelé l'attention des praticiens, plusieurs s'empressèrent de vérifier ses observations. Dans ce but, le docteur Crampton (a) entreprit un travail qui aurait été du plus grand intérêt, s'il eût été exécuté avec plus de soin et de précision. Il rapporte sommairement l'histoire de 74 cas d'hydropisie traités à l'hôpital de Steeven, à Dublin, pendant l'année 1817. On ne conçoit pas qu'il ait omis de noter l'état albumineux ou non albumineux de l'urine. Pour se justifier de cette omission, qui lui fut reprochée lorsqu'il lut son travail à l'association médicale de King's andQuecn's Collège, le docteur Crampton dit qu'ayant noté ces conditions des urines dans plusieurs cas , et que n'ayant pu en tirer aucune induction pratique, il avait cru pouvoir négliger cette circonstance dans ses dernières observations; que le nombre des cas dans lesquels il avait trouve l'urine coagulable, comparé à celui oîi elle ne l'était pas, avait été peu considérable, et qu'il n'avait pas trouvé de rapports cnlreles symptômes inflammatoires dans l'hydropisie, et la coagulalilitè de V urine; que, d'un autre côté, il avait observé

(r) « A correct guide to it (venae-seclion ) œay Le found in the firmnçss, copiousness, and early appearance of coagulum in tlie urine " (Blackall Ouv. cit. p. 286 ).

(2) Crampton. Clinical report on dropsies (Transactions of tlie associaliou of fellows and licentiatcs of the King's and Queen's collège of pliysicians iu Irelaud, vol. n, 1818, p. 140).

NÉPHRITE ALBUMTNEUSE (historiqué). 54 1

un certain nombre des cas dans lesquels la saignée était fortement indiquée , quoique l'urine ne fût pas coagulable. Il ajouta que cette opinion sur l'impossibilité de tirer des inductions pratiques de l'état coagulable ou non coagulable de l'urine était parlagée par le docteur Percival, qui pratiquait dans le même hôpital, et par le docteur Reid , qui y était alors attaché.

On comprend que, pour attaquer avec succès la distincti on de Blackall, il eût fallu procéder pkis logiquement que ne le fit le docteur Crampton. Aussi ne fais-je ici mention de son travail que pour montrer qu'alors, comme aujourd'hui, l'opposition que rencontrait un fait pathologique, devenu'incontestable, tenait surtout à la manière fautive et incomplète dont on procédait dans l'observation et la discussion des faits. Parmi le grand nombre d'observations que l'apporte M. Cramptouj il y en a un certain nombre cependant qui ne sont pas dépourvues d'intérêt ; il y en a entre autres dans lesquelles les reins étaient frcs augmentés de volume et mous (Obs. xii).

Bientôt après, Abercrombie (i) publia plusieurs observations en faveur de la méthode antiphlogistique que Blackall avait recommandée contre les hydropisies sthéniques, avec urine coagulable. Ces recherches, au reste, n'ajoutèrent rien aux connaissances acquises.

Il n'en est pas de même des travaux du docteur Scudamore.

Dans ses recherches sur la goutte (2), ayant remarqué que les urines 'pendant ou après les paroxysmes de goutte, que les malades fussent hydropiques ou non ) contenaient quelquefois de l'albumine, il étudia avec beaucoup de soin la composition de ces urines. Mais il émit, sur la condition générale qui donne lieu au passage de l'albumine , des opinions qu'il aurait probablement modifiées s'il eût eu l'occasion d'examiner les reins après la mort. Ainsi, il dit que, toutes les fois

(1) Abercrombie. Observations on certains dropsical affections which are successjully treated by blood-letting ( Edinb. med. and surg, jonrn. vol, XIV , p. i63). ,

(2) Scud.unore, A irealise on llie nature oj goitt and gravel, etc. foiirlli ed. 1). 3i3 clsiiiv. in-S". Loodoo iSaS.

54a NÉPHRITE ALr.UMiNETJSE {hislotique).

qu'il a trouvé l'urine albumineuse chez des individus hydropiquea ou non , les reins montraient une actiofi irritahle clprècipitèe , que les émissions étaient fréquentes et accompagnées d'irritation , et quelquefois très abondantes. Je n'attiibue pas, continue-t-il , ces phénomènes, simplement aux trouhlcs nerveux j dans ce cas, comme dans la plupart des actions morbides des reins, il y a probablement guelqiics trouhlcs des fonctions digeslives. Il ajoute , ce qui n'avait pas été constaté aussi nettement avant lui , que, dans huit exemples d'urine albtimineuse provenant de malades no7i hydro'pîqueS , il y avait une diminution très remarquable de l'urée et de l'acide urique, ainsi que des principes salins ordinaires de l'urine; de sorte que dans ce cas, dit-il> l'action sécrétoire des reins était très imparfaite.

L'auteur des travaux les plus remarquables faits sur les altérations de l'urine dans ces derniers temps , le docteur Prout (t) a consacré, dans son Traité, un chapitre important à l'étude de l'urine albumineuse. Mais, au point de vue où. il a dû nécessairement se placer (étudiant les altérations de l'urine , abstraction faite des affections qui les produisent), il a été inévitablement oondiiit à exposer des vues générales sur l'urine albumineuse , qui ne peuvent être appliquées sûrement à aucun étal morbide bien déterminé. Cependant, pour rendre ses remarques plus précises , M. Prout a d'abord déclaré qu'il écartait de son sujet l'urine devenue albumineuse par simple mélange avec le sangj et il a consacré presque uniquement ses remarques à une altération très notable de l'urine (Voyez: Urine chyleuse). Ses recherches sur les urines albumineuses se portèrent aussi sut d'autres conditions : il analysa des Urines albumineuses rendues par des goutteux; et, daus ce cas, comme dans l'urine chyleuse, il a cru remarquer que l'albumine contenue dans l'urine différait de l'albumine du sang ; qu'elle se rapprochait , par quelques propriétés, du ca-

(i) Prout, Inquit^ on ihe nature and treatment of gra-vel, cakulus and other diseases connecled wUha demnged opération oj the urinaiy orgam. Loud. x82i. — edit. rCYiscd. 1825, in-8o.

WKPHRiTE ALBUM INEUSE Qdstonque).

séum, quoiqu'elle fût distincte de l'une et de l'autre; qu'elle présentait , enfin , les caractères propres à la matière albumineuse contenue dans le chyle. Il constata, en outre, que, dans un petit nombre de cas , l'albumine contenue dans l'urine était la même que celle du sérum du sang.

On ne peut dissimuler que celle manière générale d'étudier l'état albumineux de l'urinen-'ait quelquefois induit en erreur M. Prout, surtout lorsqu'il a appliqué à l'appréciation des opinions de Blackallsurl'hydropisie stliénique, avec urine coagulable, ses 1 observations personnelles sur une maladie tout-à-fail différente, caractérisée par l'urine chyleuse. Au reste, pressentant lui-même ce que son sujet ainsi envisagé (l'albumine dans l'urine étant prise pourpoint de départ) offrait d'incertain , il termine en disant : « que cet état albumineux de l'urine, considéré comme un symptôme isolé, ne peut, dans l'élat actuel de nos connais- ! sauces j indiquer l'emploi d'aucun remède particulier ; ; néanmoins, ajoute-l-il, cette condition de l'urine doit êlre itoujoius prise en considération, attendu que ce sijmpiôme irèimï aux antres peut quelquefois rectifier le jugement cque nous avons à porter sur la nature générale de la malladie. »

Poursuivant les recherches de Wells et Blackall sur les hhydropisies avec urine coagulable , consécutives à la scarlatine oou produites par d'autres causes , le docteur Alison , profes- S3eur de clinique à Edimbourg, annonça dans ses leçons orales en iSaS, qu'il avait trouvé, dans de semblables cas, les •eins durs et mamelonnés. Le docteur Gregory, qui rapporte ;(;lte circonstance, a publié plusieurs cas intéressans observés )ar M. Alison, entre autres celui d'une jeune femme (i) [ui, après avoir été atteinte, en 1820, d'une hydropisie gélérale avec urine fortement coagulable j jouissait d'une bonile anté et vaqua à ses affaires jusqu^au commencement de l'arilée 1829, époque à laquelle elle fut de nouveau atteinte d'une lydropisie, avec urine coagulable , dont elle mourut après un a de maladie.

(i) Edinb, med, andsHr^, journ, vol. xxx?ir, p. 67, obs. tivir.

544 NÉPHRITE ALUUMINE SK (Jlistoriqué).

Lorsque la membrane muqueuse des voies urinaires , et en particulier celle de la vessie, est enflammée, il s'opère une sécrétion d'une matière muqueuse ou purulente qui contient une certaine quantité d'albumine , et qui se dépose sous forme de sédiment lorsque l'urine est abandonnée à elle-même. Je rappelle ce fait, parce que M. Plowship (t), en traitant de V apparence de la matière albitmtneuse dans l'urine , a décrit , sous ce litre, ces sédimens muqueux, et non l'état véritablement albumineux de l'urine. Dans ces derniers temps, plusieurs observateurs ont aussi réuni, à tort, de semblables urines, rendues albumineuses par leur mélange avec du mucus et du pus, à celles qui sont rendues dans la néphrite albumineuse et cela a àlé, pour le diagnostic et le traitement de cette maladie, une source de confusion. Quant aux globules que M. Howship dit avoir observés dans la matière album tneuse, ce ne sont autre chose que les globules muqueux ou purulens; car l'albumine liquide ou solidifiée ne présente pas des globules à l'inspection microscopique. M. Howship a fait un rapprochement encore plus malheureux, en mettant les sédimens pulvérulens , et notamment composés d'urates sur la même ligne que les sédimens muqueux ou purulens qui contiennent souvent de l'albumine.

III. Des rapports entre (urine albuminetise , certaines lésions des reini cl certaines hydropisics. — Telles étaient les principales acquisitions de la science sur l'existence et l'influence des lésions rénales dans la production des hydropisies, et sur les rapports, à peine entrevus, entre ces lésions et la sécrétion d'une urine coagulable, lorsque M. Bright publia son beau travail. Après avoir rappelé l'influence remarquable que les maladies du cœur et des gros vaisseaux, les maladies du foie et des veines, et celle de l'inflammation des membranes séreuses, exercent sur le développement de l'hydropisie, M. Bright annonça nettement que l'hydropisie avait encore une autre source dans des altérations particu-

(i) Howship. A practical li-eatisc. cnthe sjmploms, causes ctc.,ofllie molt important complaints that af/ect the sécrétion and excrétion of the urine, p.;»

et suiv.in-8". London, i823.

NÉPHRITE ALBUMiNEusE (Jiistorique). 5/|5

Hères des reins (t); et il ajouta que , toutes les fois que l'hydropisie dépendait de ces altérations rénales, l'urine était plus ou inoins albumineuse, tandis qu'il ne l'avait jamais trouvée coagulable dans un grand nombre d'autres hydropisies qu'il avait observées, et qui dépendaient de maladies organiques du foie. Quant à l'action moi'bide sécrétoire des reins, il annonça qu'elle était le résultat d'un grand nombre de causes dont l'influence s'exerce surtout sur la peau et l'estomac, et dont le résultat définitif est de produire un élal inflammatoire du rein lui-même ( or proditcing a dccidedly inflammatory staie of the kidney ilself); que, si cet état continuait, le rein, organe sécréteur de l'urine, éprouvait une altéralio?i permayienle en rapfort avec celte action morhide, ou un dépôt qui était la conséquence de cette action. Il rappela que ses observations su lia constitution de l'urine dans les hydropisies, étaient toul-à-faiten rapport avec celles du docteur Blackall. M. Bright ajouta qu'il avait observé des anasarques dues, en apparence, à tin état opposé du système , quoiqu'elles fussent accompagnées d'urine coagulable ; qu'il avait observé, en particulier, ces anasarques chez des personnes qui avaient été déjà sujettes à la même afleci ion, laquelle avait présenté des disparitions et des retours, et chez des personnes qui avaient abusé de liqueurs spirilueuses.

Dans tous ces cas, coatinue-l-il, l'urine était albumineuse ; et il m'a paru que les reins étaient malades fonctionnellemenl ou orgn7nqnement plus souvent qu'on ne croit ordinairement. Dans ces derniers cas, j'ai toujours vu les reins désorganisés, et

> dans les premiers, lorsque la maladie était récente, j'ai trouvé I les reins gorgés de sang ; dans des cas mixtes, où l'attaque

> était récente, mais dans lesquels la maladie était due à l'interapéraijce, j'ai tiouvé les reins désorganisés.

Dans cet exposé du docteur Bright se trouve sommairement indiquée toute l'histoire de la néphrite albumineuse : sa forme aiguë et sa forme chronique. 11 est seulement à regretter que, dans la description qu'il donne plus lard des lésions qui pro-

(i) Briglit {^.).Diseased kidney in dropsy (Reports of médical cases. In-4. Loadon. 1S27).

Page 1