‹ Traité des maladies des reins et des altérations de la sécrétion urinaire [electronic resource] (volume 3)Chapitre 3 sur 81 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

phatiques; celle de la goutte sur la production de la gravelle urique; celle des maladies de la prostate, de l'urèthre et de la vessie, des maladies de la moelle épinière, sur le développement des inflammations rénales; la liaison de certaines hématuries avec des altérations du sang, etc., et une foule d'autres faits témoignent assez combien il est important de poursuivre ces rapports dans toutes leurs ramifications.

L'étude des maladies chroniques des voies urinaires montre touslesjourscommentcesaffectionss'enchament,semultiplient

et se produisent les unes à la suite des autres, et amènent consécutivement desaltérations profondesdela constitution,desle-

sions pulmonaires et intestinales, des altérations du sang, etc. Ces sourdes influences , moins frappantes que les grandes perturbations des maladies aiguës, méritaient d'autant plus d'être signalées qu'elles ont été moins explorées, et que dans la pratique elles ont souvent passé inaperçues.

Cette manière d'observer et de décrire les maladies des reins et les altérations de la sécrétion urinaire entraîne sans doute des longueurs; elle soulève des incertitudes sur leur origine, sur leur état, sur leur progrès et leur issue ; en montrant comment un mal local se généralise, elle met à nu les difficultés, sans nombre, du traitement; mais aussi elle prévient le thérapeutiste contre beaucoup d'erreurs et de mécomptes.

A la fin de la description de chaque maladie, j'ai essaye, dans un court historique, d'exposer les idées qu'on s'en était formées à diverses époques, et quelquefois j'ai reproduit le texte même des auteurs et le tableau qu'ils ont tracé, soit pour montrer comment une maladie, regardée d'abord comme très simple, était apparue plus tard comme un état morbide très complexe, lorsqu'elle avait été mieux connue, soit parce

PRÉFACE. XI que ces premières observations m'ont semblé remarquables par des faits, des vues, des opinions, qui peuvent devenir le point de départ de recherches ultérieures.

J'ai cru qu'une représentation fidèle de toutes les altérations, rénales, dans leurs diverses formes, dans leurs différens étatset dans leurs différens degrés, était propre à en faciliter Tétudev D'abord c'était pour moi une nécessité impérieuse que de donner une idée très exacte de certaines altérai ions peu apparentes, quoique très graves, qu'il faut avoir vues dans la nature ou figurées pour les connaître. Il n'était pas moins nécessaire de représenter soigneusement d'autres altérations qui n'avaient jamais été décrites , des cas rares qui avaient été l'objet d'erreurs graves de diagnostic , des lésions de diverses apparences quoique de même nature, certains rapports des maladies des reins avec celles du reste des voies urinaires; car, quelle est la description, même la plus fidèle, qui peut faire comprendre tout ce qu'un dessin fait voir?

Les dessins de ces altérations ont été admirablement exécutés par M. Jacquart et par mon ami M. J. Young de Paisley^ dont l'active coopération, dans tout ce qui a rapport à l'anatomie pathologique, m'a été du plus grand secours.

Le lecteur a maintenant une idée de l'esprit dans lequel mes recherches ont été conçues et exécutées. Toute la pathologie bien interprétée, montre (et j'appelle son attention sur ce point) qu'il n'y a guère à proprement parler de maladies locales, et que la plupart se ramifient et se généralisent plus ou moins. Si cela est vrai pour le plus grand nombre des maladies, cela est vrai surtout des maladies des reins. Cette doctrine est celle qui domine tout mon travail; elle s'est imposée invinciblement à mon esprit; n'ayant rien pu voir d'isolé dans la nature, je n'ai rien pu décrire isolément ; chaque

Xn PRÉFACE.

lésion s'est déroulée devant moi comme lui phénomène très complexe , et je l'ai suivie dans tout son déploiement. Ce que je dis ici de la doctrine qui a présidé à la composition de mon livre, servira à expliquer un but, à justifier des détails, à signaler des résultais que je souhaiterais ne pas rester sans influence sur la pathologie rénale. En voyant les recherches sur les altérations urinaires se répandre de plus en plus dans nos hôpitaux, je puis croire que je n'ai pas été étranger à cette nouvelle impulsion et que j'ai contribué à relever une élude trop négligée. La connaissance des maladies des reins est bien plus souvent nécessaire qu'on ne le croit communément, et elle est aussi plus facile à acquérir qu'on ne pense. Si mon livre réussit à la propager, il aura rempli sa destination. La première ambition d'un médecin ne doit-elle pas être de servir la science et la pratique ?

Paris, le 20 novembre i833.

Page 1