Traité des maladies des reins et des altérations pathologiques de l’urine
De tous les Traités des maladies des reins, celui de Rayer est encore assurément de beaucoup le meilleur. C’est à cet ouvrage qu’ont puisé les auteurs allemands ou anglais, qui n’en ont du reste donné que de pâles reproductions. Toutefois, il faut le reconnaître, Rayer manquait, pour faire une œuvre complète, des éléments qu’eût pu lui fournir actuellement l’état plus avancé des sciences diverses, appliquées à l’étude de ces maladies.
Ainsi, au moment où il lit paraître ce Traité, on était encore mal fixé sur la structure du rein, on doutait de l’existence du tissu connectif intercanaliculaire; on ne savait quelle était la disposition du canalicule urinifèrc, quelle en était la constitution.
l’UE FACE .
Les travaux de Frey et de Kolliker sur ce tissu connectif, ceux de Bowman, de Ludwig, deZawarykiu et de Schweiger-Scheidel sur les canalicules urinifères ont depuis lors élucidé toutes ces questions si utiles à connaître, au point de vue de la pathologie rénale.
Les recherches chimiques élaient alors incomplètes. Garrod n'avait point encore démontré que le sang peut renfermer de l’acide urique et de l’acide oxalique. On ignorait l’action des ferments sur les matières organiques et par suite les altérations de l’urine qui peuvent en résulter (Pasteur, Traube). Voit n’ayait point encore émis sa théorie relative à l’acidité de l’urine, et par suite on manquait de données rationnelles pour expliquer la provenance de certains cas de lithiase urique. C’est également depuis Rayer qu’on a découvert les différentes espèces de cylindres que peut renfermer l’urine (Henle, Robin, Virchow, Axel-Key, Pavy, Greenhow). C’est depuis cet auteur qu’on est mieux fixé sur les variations que peuvent présenter, dans telle ou telle maladie, les principes constitutifs de l’urine (Frerichs, Gorup-Rezanès , Guliler, Dickinson et Grainger-Stewart).
Rezold n’avait point encore fait paraître ses remarquables travaux sur l’influence que peut exercer