CHAPITRE VII
DE LA STRUCTURE DE l'uRETHRE.
§ I*'. — Artères de la verge.
On sait que l'artère honteuse interne se termine en deux branches, l'une prend le nom d'artère cavemeute^ l'autre est nommée l'artère dorsale de la verge.
Artère dorsale de la vtr^e. -^ Cette artère, difficile à injecter d'une manière complète, n'a pas été décrite avec exactitude (2). H. Sappey en a fait une étude nouvelle, et il en a donné la descrip-
(i) Deoonvilliers, thèse ioaugarale. Paris, iS37.
(2} Sappey, Hecherches sur la conformation de Vurèlhre, p. 75.
38 ANÀTOMIB DE L'aPPARBIL DRINAIRE.
lion suivante : « Après s'être séparée du Ironc principal elle monte » sur le côté interne de la racine des corps caverneux, chemine dans j> l'épaisseur du ligament suspenseur, parcourt ensuite toute la face » dorsak de la verge en formant des flexuosités qui disparaissent » dans l'érection, puis se dévie un peu au voisinage du gland pour ï> y pénétrer par sa partie postérieure et latérale. Pendant ce trajet, B l'artère dorsale fournit une série de branches dont les ramuscules » s'abouchent avec les ramuscules correspondants des branches col- » latérales voisines, et forment ainsi une série d arcades qui ont pour » effet de prolonger l'artère bulbeuse jusqu'à la base du gland, u
Le mode de terminaison des artères de la verge mérite d'être rappelé, surtout depuis qu'il s'est produit une dissidence d'opinion entre Mûller et H. Sappey.
Les dernières ramifications de ces vaisseaux se divisent en trois ordres, dit Mûller: quelques-unes se perdent sur les parois des aréoles du tissu érectile et représentent de véritables vasa vasorum; d'autres s'ouvrent dans ces aréoles pour y verser le sang qui les parcourt; les dernières sont des dilatations artérielles un peu renflées à leurs extrémités, terminées en culs-de-sac plus ou moins contournés, d'où le nom à^aj^tères hélicines.
Les deux premiers modes de terminaison ne sauraient être contestés, mais il n'en est pas de même du troisième.
Après avoir injecté les artères avec des liquides chauds et des liquides froids, après avoir employé le vernis, l'acide arsénieux chargé d'une grande quantité de vermillon finement pulvérisé, après les avoir cherchées avec le microscope , bien que Mûller dise qu'elles sont visibles à la loupe, après avoir eu recours à tous les modes d'investigation sans résultat satisfaisant, M. Sappey n'hésite pas à dire : « Aujourd'hui j'ose affirmer que les artères » hélicines n'existent pas (1). »
§ II. — Welnes de Tarèthre.
Les veines de l'urèthresont en grand nombre, d'un volume considérable, et elles forment un véritable réseau par la multiplicité des anastomoses. Les veines du gland, après leur réunion derrière la couronne, forment quelques troncs volumineux qui se confondent en un seul, tampant sur le dos de la verge, et ({ui a reçu le nom de veine dorsale. Elle passe sous le ligament suspenseur, s'engage sous la symphyse pubienne, et elle vient se jeter dans le plexus veineux enfermé dans la cage aponévrotique qui enveloppe la prostate.
(1) Loc. cit., p. 78,
DK LA STRUCTURE M L'URÈTHRB. 2t
M. Sappey (1), dans un récent concours, a démontré que les branches collatérales de la veine dorsale émanent en partie de la bce inférieure des corps caverneux et de Tintérieur même de ces corps, par tous les points de leur surface, pour aller se réunir aux veines uréthrales.
Les veines du bulbe se rencontrent de manière à former des troncs supérieurs, inférieurs et latéraux.
Les supérieurs traversât l'aponévrose moyenne du périnée pour s*unir au plexus prostatique, une partie des veines inférieures du bulbe se jette également dans ce plexus.
Les veines de la verge, du bulbe et de l'urèthre se rassemblent pour former derrière la symphyse pubienne un plexus enfermé dans la cellule aponé\Totique de la prostate. Il se prolonge dans le bas-fond de la vessie et se divise dans les veines hyp(^;astriques. Ce plexus est très adhérent à la prostate, et chez les vieillards il contient des caillots de sang décoloré.
S III. ^ Vatoacamz iTMpluiti^pMS ée rorètlure.
Les vaisseaux lymphatiques de la muqueuse uréthrale, petits et peu abondants dans les portions prostatique et membraneuse, acquièrent du développement à mesure qu'on les examine dans la portion spongieuse et lorsqu'ils se rapprochent du gland. Généralement leur direction est longitudinale, et ils se réunissent par de nombreuses anastomoses ayant l'aspect d'un long plexus.
La disposition variqueuse de ces vaisseaux est normale, et l'inflammation peut l'augmenter considérablement
11 résulte des observations de M. Sappey :
i* Que les lymphatiques de la muqueuse uréthrale se rendent tous vers cette partie de l'urèthre qui s'étend du frein de la verge au méat urinaire ;
2* Que là, ils s'entrelacent et s'anastomosent de manière à former l'un des plexus les plus remarquables de l'économie ;
3* Que de ce plexus partent des vaisseaux en nombre indéterminé, convergeant de haut en bas, et se réunissant aux troncs lymphatiques sortis du gland. Ces vaisseaux si nombreux, et qui enveloppent la couronne du gland, portent aussi quelquefois des dilatations variqueuses. M. Demarquay en a montré plusieurs exemples, et H. Huguier en a présenté un cas très remarquable à la Société de chirurgie, dans la séance du 26 mai 1852.
(1) Sappey, loc, cil., p. 80.
10 AjfÀTomi m l'àpparbil ubinaiib.
Nous voyons donc que les vaisseaux lymphatiques du canal et du gland, en se réunissant, foiment un ou deux troncs qui se rendent aux ganglions des aines. Lorsque le tronc est unique, il est médian et il se jette, soit à droite soit à gauche, dans les ganglions de Faine ; ou bien encore il se bifurque à la racine de la verge, et les branches divergentes vont se perdre dans les ganglions des deux côtés. M. Jarjavay a préparédes pièces fort remarquables, déposéesau musée de la Faculté de médecine de Paris, montrant un entrecroisement des troncs lymphatiques derrière la couronne du gland. Celui du côté gauche se perd dans les ganglions de Taine droite, et celui du côté droit dans ceux de Tainc gauche. Cette disposition explique comment une inflanmiation des ganglions lymphatiques de Tune des deux aines peut être la conséquence d'une lésion placée sur un point de la moitié opposée du gland.
On a cru pouvoir éclairer le diagnostic des tumeurs de l'aine par Tétude de la terminaison des troncs lymphatiques dans les ganglions.
11 résulte des pièces préparées par M. Sappey que la terminaison de ces vaisseaux est très irrégulière, et qu'ils peuvent se rendre dans les ganglions internes, moyens et externes; en général, ils disparaissent dans les ganglions les plus élevés.