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CHAPITRE PREMIER

DE l'inflammation DE L^URETURE.

ARTICLE PREMIER

DK L'OBÉTHRITB CHRONIQnB.

L'uréthrite aigué, décrite dans tous les traités de pathologie, na doit pas nous occuper ici. L'uréthrite chronique, ou goutie militaire^ sera étudiée seulement comme un des symptômes et Tune des complications des rétrécissements de Turèthre ; il en sera de même de la contracture. Cet état spasmodique des muscles, très souvent efifet des strictures et de Tinflammation chronique, sous Tinfluence de certaines diathèses, persiste longtemps après la guérison des maladies qui y ont donné lieu ; le traitement de toutes deux étant à peu près le même, nous le décrirons seulement après avou* fait Texposé de ces deux états pathologiques.

Symplùmes, — Un écoulement d*un blanc jaunâtre, très variable en quantité et en consistance, se produit dans Turèthre et inquiète beaucoup les malades, très soigneux dans Texamen de la goutte arrêtée dans la fosse naviculaire. En s éveillant, ils se hâtent de presser le gland entre les doigts, afin de voir la quantité de liquide sécrétée pendant la nuit. Leur humeur se ressent de sa diminution ou de son augmentation ; ils regardent avec attention Turine qu'ils viennent de rendre, et ils sont très préoccupés de la présence de petits filaments nageant dans ce liquide, et qu'ils nomment des petits vers.

Les douleurs senties dans le canal varient beaucoup. Souvent c est seulement une simple démangeaison localisée au gland, ou une chaleur passagère parcourant la longueur de Furèthre: d'autres fois la chaleur est continue, et il y a des élancements semblables à des coups d'épingles. Rarement ces sensations ont heu dans |oute la longueur du canal ; elles sont presque toujours bornées au gland ,

Zk VALâDIIS m L'CBCnAE.

qu'on lui doiiue une courbure fixe. La boule n'est plus arrêtée clans le cul-de^Hu: du bulbe, et elle entre facilement dans la portion membraneuse. Pour donner à la courbure le degré convenable, il faut placer dans la bougie un mandrin de laiton très mince; il est assez flexible pour ne pas fatiguer Turèthre, et assez résistant pour consener à l'instrument la courbure nécessaire.

Lorsque l'inflammation s'est plusieurs fois reproduite, ou lorS'* qu'elle a été de longue durée, le canal a subi certaines modifications que l'exploration la plus attentive détermine difficilement. On ne trouve ni rétrécissement, ni valvules; mais si l'on veut faire entrer dans la vessie une bougie métallique à courbure ordinaire, on est fortement arrêté contre la portion prostatique.

(}et obstacle est le résultat d'une déviation de la courbure pro* fonde du canal. On la reconnaît en introduisant jusque dans la vessie une bougie de cire molle de 6 à 7 millimètres de diamètre, on la laisse en place pendant vingt ou trente minutes; et, en la retirant, on voit que non^^eulement la courbure profonde est augmentée, mais aussi qu'elle est parfois déviée latéralement.

H est une disposition anatomique de la muqueuse qui peut encore être la cause de la longue durée d'un écoulement uréthral. A la face supérieure de Turèthre, à 1 centimètre 1/2 environ du inéat urinaire, il y a, ainsi que nous l'avons dit, page 6, un repli valvulaire de la membrane muqueuse; souvent il est à Tétat inidimentaire, mais il acquiert parfois une étendue telle, qu'il forme un cul-de*sac faisant obstacle à la libre entrée des sondes.

Le cal^e-sac formé par cette valvule devient le refuge de l'inflammation chronique et il produit une sécrétion intarissable. L'exploration est souvent insuffîsante pour reconnaître cette disposition peu développée, et l'écoulement j)crsisle, quoi qu'on fasse. Quatre fois j'ai pu faire cesser des écoulements rebelles, en divisant cette valvule au moyen d'une sonde cannelée portée le long de la paroi supérieure de l'urèthre jusque dans le cul-de-sac, et ser>Tinl de guide à un bistouri très étroit.

Ces diverses altérations peuvent être isolées ou réunies, et se compliquer mutuellement; c'est à la diliiculté de poser un diagnostic précis qu'il faut attribuer l'impuissance d'une si grande variété de traitements.

Pronostic. — Si l'uréthrite chronique est très souvent sans gravité, elle a néanmoins des conséquences fâcheuses dans un grand nombre de circonstances. Ainsi elle modifie, elle altère les fonctions géni-taies; par sa durée, l'inflammation chronique transforme les tissus et produit cet état, décrit par M. Jules Guérin sous le nom de ré^

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