DE LA CONTRACTURS OU COL DB LA VKSSIE
traction^ qui, (iinnnuant sans cesse retondue des surfacts, forroe des rétrécissements.
Il est donc nécessaire de la combattre activement.
ARTICLE II
bK LA CONTRACTURE DU COL DE LA VESSIE.
Nous avons dit que Tiq^ammation chronique de la potliun pro* fonde de Turètlire, quelle qu*en soit la cause, se complique très sou* vent de s\mpt(>mes dont le siège est au col de la vessie, et dont le premier effet est une gène dans l'émission de Turine, et quelquefois sa rétention complète. Cotte aft'ection des muscles do la portion proi'onde de Turèthrc a reçu le nom de contracture du col de la vessie.
M. Caudmont, qui Ta bien observée, dit : « La contracture du (*ol de la V(*ssie est un état morbide caractérisé par une contracUoii irrégulière et permanente des sphincters du col de la vessie (1 }. •
La contracture se distingue du spasme en ce qu*elle est permanente, tandis que le spasme est temporaire ; elle se développe lentement et elle est longue à guérir. Le spasme, au contraire, survient subitement et il cesse avec rapidité. La contracture produit souvent une altération matérielle ; le spasme ne laisse aucune trace après lui.
Cette affection a été appelée par Roux, MH. Velpeau, Civiale, névralgie, névrose vésicale, état vague ou nerveux de la partie profonde de Turèthre et du col de la vessie.
Causes. — Les causes de la contracture sont locales et générales
Les causes locales sont : la phlegmasie de la portion profonde du canal, succédant à une urélhrite aigué, ou provoquée par des excès v('*nériens, par la masturbation ; tous les obstacles a la libre sortie de l'urine, quelles que soient leur nature et la position qu'ils occu- |)ent dans Turèthre ; les calculs et les fongus vésicaux, les tubercules et l'hypertrophie de la prostate, les tumeurs, les hémorrhoides, les ulcérations de la portion inférieure du rectum ; enfin toute inflamntation ou irritation dans le voisinage du col de la vessie. M. Mercier insiste particulièrement sur l'influence fâcheuse de l'uréthrite due au coït avec une femme ayant une maladie organique de l'utérus ou un catarrhe utérin. Les rapports sexuels pendant les règles ou pendant une sécrétion de flueurs blanches sont aussi une cause dont il faut tenir compte.
(I) Laureano lltrin y Qnnailas, Sm' la vatcuUs musculaire du col ds Hi^ mssie, 1856» iMac da Pariai
36 MALADIES .DE L*L'a£TUKE.
Ces urétlirites chroniques, se révélant à peine par un léger suintement, n'éveillent pas l'attention des malades, lorsqu'ils ne se sont pas exposés à un contact suspect. Abandonnées à elles-mêmes, elles envahissent le tissu glandulaire de la prostate, si lent à revenir à son état normal, et les muscles du col de la vessie, qui ne tardent pas à être contractures.
Les causes locales agissent avec une force d'autant plus grande (|ue le sujet est atteint de vices constitutionnels: ainsi les dispositions aux dartres, aux affections cutanées, aux rhumatismes, aux scrofules influent sur les causes locales, et augmentent leur résistance. On a voulu reconnaître à ces causes générales une action directe sur la production de cette maladie; je pense qu'on s*est exagéré cette influence spéciale.
Je n'ai pas encore vu une contracture du col de la vessie, non précédée d'une altération de l'urèlhre ou des organes qui l'entou* rent. Il faut attacher une grande importance à ces causes générales, non parce que seules elles peuvent produire la maladie, mais parce qu'elles peuvent l'aggraver. Souvent, après avoir longtemps résisté aux remèdes dirigés contre les causes locales, elle a cédé à l'influence des moyens destinés à combattre les causes générales.
Symptômes. — Lorsqu'ils veulent uriner, les malades font des efibrts et ils attendent un certain temps avant que le jet d'urine jaillisse. Cette émission douloureuse est suivie d'une vive chaleur dans le canal pendant le passage de l'urine, et lorsque celle-ci cesse de couler, une douleur nouvelle se fait sentir jusqu'au méat urinaire.
La première douleur est due à l'écartement des lèvres de l'orifice uréthro-vésical, contracturées ; la seconde, pendant le passage de l'urine, n'est pas constante, elle est due au contact du liquide avec la muqueuse de la portion prostatique enflammée. f,a troi- ^rième douleur, en finissant d'uriner, est provoquée par le contact de la paroi postérieure de la vessie contre l'orifice uréthro-vésical.
Ces douleurs se font sentir également dans différentes régions, mais avec moins de constance que les premières. Certains malades souffrent au périnée, d'autres à l'anus, où il se produit une constrîction par la relation qui existe entre le sphincter de l'anus et les muscles du col de la vessie. D'autres malades, enfin, sentent ces douleurs aux aines, au pubis et à la région lombaire.
Le jet d'urine est petit, et il est lancé avec peu de vigueur ; les dernières gouttes tombent sur les vêtements ou entre les talons, et souvent il est brusquement interrompu par un spasme provoqué par le contact de l'urine avec la muqueuse enflammée. Avant, et ({uelquefois après l'émission de l'urine, la verge se gonfle, elle est
36 MALADIES.dk L*L'a£TUKE.
Ces uréthrites chroniques, se révélant à peine par un léger suintement, n'éveillent pas l'attention des malades, lorsqu'ils ne se sont pas exposés à un contact suspect. Abandonnées à elles-mêmes, elles envahissent le tissu glandulaire de la prostate, si lent à revenir à son état normal, et les muscles du col de la vessie, qui ne tardent pas à être contractures.
Les causes locales agissent avec une force d'autant plus grande (|ue le sujet est atteint de vices constitutionnels: ainsi les dispositions aux dartres, aux affections cutanées, aux rhumatismes, aux scrofules influent sur les causes locales, et augmentent leur résistance. On a voulu reconnaître à ces causes générales une action directe sur la production de cette maladie; je pense qu*on s'est exagéré cette influence spéciale.
Je n'ai pas encore vu une contracture du col de la vessie, non précédée d'une altération de l'urèlhre ou des organes qui l'entourent. Il faut attacher une grande importance à ces causes générales, non parce que seules elles peuvent produire la maladie, mais parce qu'elles peuvent l'aggraver. Souvent, après avoir longtemps résisté aux remèdes dirigés contre les causes locales, elle a cédé à l'influence des moyens destinés à combattre les causes générales.
Symptômes. — Lorsqu'ils veulent uriner, les malades font des efibrts et ils attendent un certain temps avant que le jet d'urine jaillisse. Cette émission douloureuse est suivie d'une vive chaleur dans le canal pendant le passage de l'urine, et lorsque celle-ci cesse de couler, une douleur nouvelle se fait sentir jusqu'au méat urinaire.
La première douleur est due à l'écartement des lèvres de l'orifice uréthro-vésical, contracturées; la seconde, pendant le passage de l'urine, n'est pas constante, elle est due au contact du liquide avec la muqueuse de la portion prostatique enflammée. La troi- ^rième douleur, en flnissant d'uriner, est provoquée par le contact de la paroi postérieure de la vessie contre l'orifice uréthro-vésical.
Ces douleurs se font sentir également dans différentes régions, mais avec moins de constance que les premières. Certains malades souffrent au périnée, d'autres à l'anus, où il se produit une constriction par la relation qui existe entre le sphincter de l'anus et les muscles du col de la vessie. D'autres malades, enfin, sentent ces douleurs aux aines, au pubis et à la région lombaire.
Le jet d'urine est petit, et il est lancé avec peu de vigueur ; les dernières gouttes tombent sur les vêtements ou entre les talons, et souvent il est brusquement interrompu par un spasme provoqué par le contact de l'urine avec la muqueuse enflammée. Avant, et quelquefois après l'émission de l'urine, la verge se gonfle, elle est
DE LA GOimiACnJRE 00 COL DE LA VtSSlE. 37
dans un état de dureté éreetive très douloureux. Le besoin d'uriner est souvent si impérieux, que si les malades y résistent le liquide s'échappe involontairement dans leurs vêtements: dans cette situation le jet est fort et très douloureux. Ce dernier état est dû à la contractilité surexcitée des parois de la vessie. L'urine, généralement peu abondante, varie beaucoup dans son aspect : tantôt limpide et aqueuse, elle devient tout à coup glaireuse et épaisse, sans qu'on puisse saisir la cause de ce brusque changement.
Explorations. — On doit se servir d'une bougie ^ boule de & à 5 millimètres de diamètre, pour reconnaître la contracture; il est souvent nécessaire d'employer une cerl^iine pression pour faire arriver la boule jusqu'à la vessie, alors il est utile de placer un mandrin de laiton dans la bougie, dont la trop grande flexibilité ne peut pas vaincre la résistance des muscles contractures. Co mandrin a encore l'avantage de donner à la bougie une courbure qui rend plus facile son passage sous l'arcade du pubis, et l'empérhe d'être arrêtée dans l'excavation du bulbe.
L'introduction de la bougie, depuis le méat urinaire jusqu'à la portion membraneuse, ne donne à l'opérateur aucune sensation de résistance. A la portion membraneuse, la bougie est arrêtée, et l'obstacle cède sous une pression lente et soutenue, ensuite elle redevient libre, et elle peut parcourir aisément cette portion profonde du canal.
Dans le moment où la boule traverse l'obstacle, le malade accuse un très vif besoin d'uriner bientôt suivi d'une douleur aigué , qui diminue à mesure que l'opérateur fait avancer l'instrument vers la vessie. Quelquefois cette douleur est sentie à l'anus. Lorsque la boule est en contact avec l'orifice uréthro-vésical, elle produit une douleur nouvelle moins aigué que la première, et qui cesse aussitôt l'obstacle dépassé.
On a cru à l'existence d'un rétrécissement alors qu'il y avait seulement une contraction musculaire ; et un traitement inopportun a produit une maladie qui n'existait pas. Afin d'éviter une pareille méprise, il faut introduire successivement plusieurs sondes dont le calibre est progressivement plus fort. Si la contracture existe, les sondes plus volumineuses passent sans résistance, et la douleur est plus vive en raison du plus grand volume de l'instrument. Si au contraire c'est un rétrécissement qui a obstrué le canal, la sonde plus grosse est arrêtée; et si elle franchit la stricture, c'est en faisant connaître la grande résistance qui lui est opposée. Le malade dans ce cas ne sent pas les douleurs que nous venons d'indiquer, et qui ne manquent jamais dans l'état de contracture.
96 MALADIBâ DK L'^iiTHliB.
Traitemeni. —> Il est très utile de savoir si la contraclure eat le résultat d'une diatbèse, si elle est due à une maladie du rectum, telle qu'une iissure, des liémorrboïdes, etc., ou si elle esl to aoite d'une blennorrliagie chronique.
Je ne parle pas ici de la contracture ((ui accompagne souvent les rétrécissements, les calculs vésicnux, les altérations de la proa* tatc, etc. : elle n'est plus dans ces cas qu'un symptôme, dont la gra* vite diminue ou disparait entièrement, par la guérison de la maladie principale,*
Si la contracture a succédé à une blennorrbagie, et s'il y a encore des accidents inflammatoires, on doit avoir recours aux antiphlo** gistiques, et particulièrement aux applications de sangsues souvent renouvelées ; les ventouses sèches posées sur les reins, sur le bas»ventre et sur iescuisses, produisent de très bons effets. On a conseillé l'emploi des i*évulsii's les plus variés, appliqués sur le périnée et sur Tbypo* gastre. C'est ainsi quedesvéMcatoires très larges on télé placés sur les bras, sur le périnée et sur le pubis. CraignantVaction des cantbarides, M. Mercier a fait des frictions avec l'huile de croton et avec celle d'Aulcnrietb; il pense aussi qu'un séton placé sur le périnée aérait d'une grande utilité. J'ai fait usage de ces différents révulsifs, à l'ex* ception du séton, je les ai employés avec persistance, et je n'ai jamais obtetiu un résultat assez complet pour me dispenser d'avoir recours aux moyens directs, c'est*à-dire à introduction de bougies dans l'urètlire.
M. le docteur Serres (de Dax) a publié une série d'observations qui prouvent l'utilité du sulfate de quinine, et son innocuité dans des cas de dysurie et de rétention d'urine, produites par la contracture des muscles du col de la vessie,
M. Serres donne le sulfate de quinine en potion à la dose de 1 à U grammes : 25 centigrammes par heure (1).
Les bougies de cire moUe ont été souvent employées par différents chirurgiens, entre autres par Ch. Bell et Howship, contre les strie* turcs spasmocliques, ou pour faire cesser l'inflammation chronique de la portion profonde de l'urètlire. Mais c'est principalement M. Civlaio qui a démontré leur grande utilité et les avantages qu'on retire de leur emploi (2 ;. On introduit tous les jours ou tous les deux jours, suivant l'irritabilité du sujet, une bougie de cire molle d'un petit volume, et on la laisse en place deux ou trois minutes. Étant très souple, elle entre très aisément, et elle provoque très peu de réac-
(t) Dulletin général d$ thérapeutique^ i5 novembre 1857. (2) Civilité, TraUé pratique iet maladies des organe génito-ur inaires, iase* 1851, t. |.
DE LA CONTHACTUEB bV CTlL DE LA VESSIE. 30
lion. En fort peu de temps, a|)rès quatre ou cinq introductions, la sensibilité de l'urèthre est modifiée, et elle est bientôt ramenée à son état normal.
Lorsque après un certain nombre d'introductions, le canal tolère facilement les bougies petites, on les remplace par do plus grosses, et progressivement on introduit celles qui ont 8 ou 0 millimètres de diamètre.
La bougie fait ordinairement cesser le spasme de l'urètbre, et cette amélioration persiste pendant un temps plus ou moins long ; souvent il reparait, et c'est avec une grande i)ersévérance qu'il faut le combattre. II est nécessaire de recourber l'extrémité de la bougie, non-seulement pour franchir lobstacle que l'on rencontre souvent au-dessus du bulbe, mais surtout afin de ne pas être arrêté par le repli valvulaire du col de la vessie, très fréquent dans cet état particulier.
L'inflammation des tissus de l'urèthre a été si rebelle à l'introduction des bougies simples, c|ue des chirurgiens ont cru nécessaire de les enduire de médicaments, et de les porter ainsi préparées sur le siège du mal. Ch. Bell les a trempées dans l'huile de térébentliine et dans un liniment contenant du précipité rouge ou de l'onguent ba* silicum. On s'est servi aussi de l'onguent merouriel.
H. Mercier a introduit dans l'urèthre la pommade au calomei, la pommade alumiuée, saturnée, môlée d'extrait de tannin (i), dont il enduit l'extrémité de \k bougie, ou il roule cette dernière dans la poudre médicamenteuse qu'il veut employer.
L'usage des bains tièdes ou chauds m'a paru être plus nuisible qu'utile. Après un grand bain ou après un bain de siège, la contracture est plus forte, et j'ai vu souvent des malades être atteints de rétention d'urine, ou de grande difficulté d'uriner, une ou deui; heures après avoir pris un bain.
Dans le commencement du traitement par les bougies, la contracture augmente quelquefois, et elle devieut très douloureuse, il faut dans ce cas cesser l'introduction des bougies, prescrire des boissons acides, et faire placer dans le rectum un suppositoire contenant 2 centigrammes d'extrait gommeux d'opium, et 2 centigrammes d'extrait de belladone. Le suppositoire doit être employé pendant trois ou quatre jours.
L'immersion, pendant quelques secondes, dans un bain de siège froid, les bains de rivière de peu de durée, quatre ou cinq minutes au plus, et répétés tous les jours, des douches froides en jet ou en
(f) Mercifr, Recherches anatomiques^ pathologiques et thérapeutiques sur les valvules du col de la vessie, cause fréquente et peu connue de rétention d^urine. tSiS, p. 31S.
ftO MALADIES DE L'URÈTHRB.
pluie, sur le périnée et sur le ventre, ont heureusement fait cesser des contractures qui avaient résisté à Tusage prolongé des bougies de cire molle.
On voit aussi des cas où la vessie a perdu une partie de sa force d'expulsion par suite de la longue durée de la contracture ; l'urine est trouble et elle contient des mucosités qui la font ressembler à l'urine altérée par un catarrhe vésical. Ces cas sont heureusement modifiés par l'emploi des injections dans la vessie, qui seront toujours précédées de l'introduction des bougies répétée pendant plusieurs jours.
Les premières injections doivent être foites avec de l'eau tiède. Si elles ne provoquent pas de trop vives contractions vésicales, on emploie l'eau froide. Pour faire ces injections , on introduit une sonde flexible de 5 millimètres, et on laisse sortir l'urine. On place ensuite dans l'ouverture de la sonde l'extrémité de la canule d'une seringue contenant 250 ou 300 grammes de liquide, et l'on pousse le piston avec une extrême lenteur, afin que l'injection ne distende pas brusquement les parois de la vessie. S'il est nécessaire de faire coup sur coup plusieurs injections, on charge de nouveau la seringue, pendant que le liquide précédemment introduit s'écoule par la sonde. On doit cesser de pousser le pistou lorsque le malade éprouve le besoin d'uriner ; si ce besoin ne se fait pas sentir, on peut faire trois ou quatre injections, mais il est prudent de ne pas dépasser ce nombre, afin d'éviter des réactions brusques que le défaut de sensibilité de la vessie ne peut pas faire prévoir.
Après avoir fait des injections pendant quelques jours, on modifie la température de l'eau, selon qu'elle provoque des contractions plus ou moins vives. Cette dernière circonstance sert également de guide pour le nombre d'injections à faire dans la journée.
Les douches d'eau froide sont particulièrement utiles lorsqu'il y a faiblesse de la vessie et des organes génitaux. Les premières doivent être données avec ménagement, parce que les sujets très sensibles les supportent avec peine. 11 est utile dans ces cas de commencer avec l'eau tiède, et bientôt l'eau froide ne produit plus une sensation pénible.
Pendant la période du traitement où on donne les douches, il faut entretenir la liberté du ventre par de légers purgatifs pris tous les quatre ou six jours.
Le vin de quinquina et les pilules d'iodure de fer sont très utiles aux sujets affaiblis par l'habitude de la masturbation et par des excès de coït. Les bains de mer et de rivière produisent de bons efiets si le sujet est lymphatique ou scrofuleux.
OB LA CONTRACTURE DU COf. DB LA VESSIE. fti
S*ii existe, en même temps que la contracture, une affection cutanée ou une diathèse rhumatismale, il faut avoir recours aux bains et aux douches de Baréges ou de Plombières. Si l'affection est dar* treuse, on active le traitement en faisant prendre, après la douche, un bain dont la cbaleur est portée de 30 à 35 degrés Réaumur, et dont la durée est de dix à vingt-cinq minutes.
Les boissons augmentent souvent le spasme et les douleurs du col de la vessie. Ces accidents se produisent particulièrement lorsque les malades prennent des diurétiques et des eaux sulfureuses.
On a conseillé l'emploi des mercuriaux, dominé par cette idée que les maladies de Turèthre sont presque toujours dues à une cause syphilitique. M. Mercier, qui après B. Bell a fait l'essai de cette médication, dit qu'il en est résulté une augmentation du ténesmede la vessie.
Lorsque c'est Tinflammation chronique de la [>ortion profonde de Turèthre, sans complication, qui entretient la contracture du col de la vessie, on obtient de bons effets des injections portées au delà du bulbe. 11 est difficile de faire arriver une injection dans la portion membraneuse, si on place seulement le bout de la seringue dans la portion pénienne : il faut donc introduire jusqu'au delà du bulbe une sonde ouverte aux deux bouts, sur laquelle on adapte la seringue pour taire l'injection. La sonde, de ^ à 5 millimètres, doit être terminée par une courbure fixe, afin de ne pas être arrêtée au bulbe. Le liquide que j'ai employé avec le plus de succès, et conseillé par M. J. Magaud, est composé de;
Eau distillée très pare 30 grammes.
Nitrate acide liquide de mercure 2 gouttes.
Après dix ou douze jours, la sensibilité de Turèthre est assez diminuée pour qu'on puisse mettre trois gouttes d'azotate acide dans l'injection. Il faut avoir soin de faire uriner le malade immédiatement après avoir fait l'injection, si l'on veut éviter une augmentation du ténesme et de très firéquents et très vifs besoins d'uriner. Ce traitement doit être continué avec persévérance, et il est prudent d'avertir le malade que trois ou quatre mois de soins sont nécessaires pour obtenir sa guérison.
Dans ces derniers temps, on s'est servi du chlorure de zinc en injections (1). On injecte une fois par jour une solution de chlorure de zinc à 1/1000 pour les uréthrites simples et aigi^.ës, et à 1/500 pour les uréthrites chroniques et rebelles.
(I) Union méâkale^ 10 mai t859.
43 NAUDIIS DE L'UEiTKftK.
M. Logoueat a soumis 50 malades à ce traitemeni dans aon service au Volrde-Grt^,3t atteints d'nréthrites simples, iSaiguea, 17 ohro* niques.
Les uréthrites datant de douse à quinze jours, sans phénomènes généraux, sans douleurs locales, furent soumises obaque jour à une injcclion à 1/1000, conservées pendant trois ou cinq minutes. Trois ressentiront des douleurs qui disparurent entre ti*ois et neuf jour&; la minimum du traitement a été de six jours, le maximum (le trente-'Cinq.
A la dose de 1/1000 et de 1/500, ces injections ne sont pas en général douloureuses, elles déterminent rarement des accidents, et elles modifient rapidement Técoulement.
La cautérisation par TaKotale d'argent solide a été Taite dans la portion profonde de Turètlire, pour éteindre Tintlammation ohro* nique. Cette médication ne réalise pas tout ce que Lallemand en a fait espérer, et si dans un certain nombre de cas elle a été utile, c'est on diminuant la sensibilité des tissus et en les préparant à recevoir sans danger des instruments destinés h y faire quelque opération. Elle améliore Tétat du malade, mais elle guérit rarement quoiqu'elle ait été vantée outre mesure ; elle est cependani utile dans certaines circonstances, c'est-à-dire lorsque la sensibilité de l'urètlire est trop vive.
On a inventé divers instruments pour porter le caustique sur le col de la vessie. La sonde à cautériser de Lallemand, le moins défec^ tueux, n'agit pas sur le qpl de la vessie avec la mémo certitude qu'elle le fait dans la portion profonde de l'urèlbre, malgré la grosse olive que ce chirurgien a fait placer à l'eKlrémité du mandrin.
Le porle-causlique que M. Mercier a fait construire permet d'agir avec la plus grande précision. Cet instrument se compose: 1* d'une gatne d'argent do 6 millimètres de diamètre, droite dans presque toute son étendue; à 12 millimètres de son extrémité véstcale elle se recourbe à angle droit. La partie droite de la gaine porte, prèsde la courbure, sur le côté concave, une ouverture de Ik millimètres; son exlrémitéexterne est terminée par un barillet ouvert en partie horizontalement et en partie perpendiculairement; ce barillet est fermé par une lame de cuir ou de liège;
2** D'une tige d'argent entrant à frottement dans le barillet, et portant ù son extrémité une cuvette de 10 millimètres de longueur destinée à recevoir le caustique ; l'extrémité externe de la tige porto une vis engrenée dans la fente du barillet (1).
(1) Mercier, loc, cit., p. ^28.
DE U CONTftACroiiB DO OOL DK LA VESSIE. 43
On peut mettre le caustique à découvert en tournant la cuvette du côté de l'ouverture de la gaine, et en même temps lui imprimer un mouvement de va-et-vient de manière à le faire agir sur une surface e^ale à la longueur de la fenêtre de la gaine.
Opération. — On doit d'abord évacuer Turine avec une sonde ordinaire; on introduit le porte-caustique, dont la fenêtre est enduite de suif afin que Turine ne puisse y pénétrer. Avec le bec renvei*sé de la gatne on accroche la lèvre inférieure du col de la vessie^ et la fenêtre est ainsi mise en rapport avec la surface qui doit être cautérisée : on tourne ensuite In cuvette jusqu'à ce qu*elie soit dans l'ouverture de la gaine; après une ou deux secondes, on fait de nouveau tourner le mandrin afin de recouvrir le caustique; on ramène en haut la courbure de la gaine, et l'on retire l'instrument.
Cette cautérisation produit immédiatement une vive douleur dans la portion profonde de l'urèthre, et un ténesme du col de la vessie qui augmentent lorsque le malade commence et lorsqu'il finit d*uriner. Pendant les efibrts qu'il fait pour expulser complètement l'urine, le sang tombe par gouttes et quelquefois par jet. Après deux ou trois jours, la quantité de sang diminue, et il cesse de couler du cinquième au sixième jour. Alors il se produit une sécrétion puriforme épaisse qui diminue et qui devient plus séreuse, pour disparaître enfm après dix ou douze jours.
La douleur, ou plutôt la sensibilité en urinant, dure plus longtemps; elle s'affaiblit progressivement et elle cesse enfin de se faire sentir: le malade est guéri. Dans certains cfis, elle reparaît telle qu'elle était avant la cautérisation.
C'est dans cette situation qu'il est utile de pratiquer de nouveau cette opération, c'est-à-dire un mois ou six semaines après qu'on Ta faite une première fois.
La cautérisation do la portion profonde de Turèthre peut produire momentanément la rétention d'urine. Il faut tout de suite débarrasser Id vessie en introduisant une petite sonde très flexible et à courbure fixe. Il vaut mieux répéter cette introduction chaque fois que le malade a besoin d'uriner, que de le laisser faire de grands et inutiles efforts qui congestionnent le col de la vessie et qui disposent les organes urinaires à une vive et prompte inflammation.
Hégime à prescrire aux malades. — Lorsque la santé générale n'a pas souffert de la contracture, il ne faut rien changer au régime alimentaire; mais si les voies digestives sont atteintes, la diète doit être sévère. Le plus léger écart réagit sur la vessie, et son effet fâcheux persiste longtemps.
kU llàUDlES DE L'UBÊTHBE.
I^ régime alimentaire le plus convenable consislc cq viandes rôties, en volailles, en poissons frais et en légumes verts, dont il fout cependant exclure les asperges.
Aux repas, la boisson doit se composer d'eau de Seitz rougie, et d'un ou de deux verres de vin de Bordeaux. Je n'ai pas remarqué que le café ait été nuisible. Il faut s'abstenir de toute espèce de liqueurs.
Dans les temps humides, pendant la saison des brouillards, le malade doit porter de la laine aux pieds et se couvrir de flanelle.
Hunter a recommandé, et M. Civiale a vériGé la justesse de celte i*ecommandation, de ne pas faire de longs voyages, soit à cheval, soit en voiture, surtout pendant l'hiver, à cause des agacements qui surviennent au col de la vessie, et de la difficulté d'uriner qu'ils produisent.
Il faut s'abstenir d'une manière absolue de toute excitation sexuelle ; la plupart des sujets atteints de cette affection ne doivent pas l'attribuer à une autre cause qu'à l'abus du coït ou de la masturbation.
Le régime et les précautions hygiéniques doivent être observés longtemps et avec persévérance, cette maladie ayant une tendance très grande à se reproduire.
ARTICLE III