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DE LA. VESSIE

I*'.— Be la vessie ea Kéaéral.

Placée immédiatement au-dessus de la portion prostatique de Turèthre, entre la symphyse des pubis et le rectum , la vessie change de forme, de volume et de rapports, selon son degré de plénitude ou de vacuité. Dans ce dernier cas, sa paroi postérieure se rapproche ' de l'antérieure et de l'inférieure (1). Elle a dans cette situation la forme d'une pyramide à quatre faces, dont le soqamet ne dépasse pas le bord supérieur du pubis. Du sommet de cette pyramide à l'ombilic s'allonge l'ouraque, placé entre la paroi abdominale et le péritoine. La base, inclinée d'arrière en avant, est en contact avec la prostate en avant et avec le rectum en arrière, dans un espace triangulaire limité par les vésicules séminales. Cet organe est formé par une superposition de couches musculeuses,- décrites avec un soin extrême par M. Mercier (2). Extérieurement, il est recouvert par le péritoine, qui abandonne la paroi abdominale antérieure pour passer sur la face postérieure de la vessie et pour tapisser aussi ses faces latérales. Cette membrane séreuse descend jusque sous la vessie pour se relever sur le rectum et former ainsi le cul-de-sac péritonéal. Il résulte de cette disposition que la face antérieure de la vessie et la portion des faces latérales et antérieure, tout près du bas-fond, ne sont pas recouvertes par le péritoine. La face interne est tapissée par une membrane muqueuse mince, peu adhérente à la couche musculaire, et qui laisse voir la forme des colonnes charnues plus ou moins développées.

l (I) Mercier, Rdcherches analomiques iur les maladies des organes géMUo-

urUtaireSt i 841, p. 7.

\ {2) Loc. cU., p. 4S.

iU ANATOMIE DE L'aFFAUIL U&IXAIEE.

Intérieurement, la base de la vessie représente un triangle limité par trois ouvertures, dont Tune en avant est roritioe urétbro-Tésical^ et dont les deui autres en arrière sont les ouvertures des uretères. Cette surface triangulaire, eu saillie, est plus blanche qae les autres parties de la vessie, et la membrane muqueuse qui la feooiiTra est très lisse : elle a reçu le nom de iriyone césical. Elle enl indînée légèrement en avant; moins épaisse chez l'adulte que chez le vieillard, en général ses bords font une saillie qui limite cet espace. Ces deux bords latéraux, que Ton a cru être de nature musculaire, et le l)ord postérieur nommé muscle des uretères par H. Cruveilhier, sont débordés par les faces latérales de la vessie et surtout par sa face postérieure, qui souvent forme en cet endroit une cavité plus ou moins profonde. Les ouvertures des uretères, placées aux extrémités du bord postérieur du trigone, sontallongéesobliquement dedehors en dedans et recouvertes par un lambeau de la muqueuse sous forme de valvule tranchante. Cette disposition est produite par le parcours oblique des uretères dans l'épaisseur des parois de l'organe. L'ouverture antérieure, ou uréthro*vésicale, est placée au sonunet de ce triangle; die est éloignée de la face postérieure des pubis de IB à 20 millimètres. M. Mercier dit qu'elle est toujours séparée de la partie postérieure de la vessie par toute la largeur du diamètre antéro-postérieur da trigone (1).

La forme de cette ouverture varie selon les difEsrentes modifications pathologiques que subit la prostate ; mais dans Tétat UMrmal, elle a l'aspect triangulaire, et les diverses conformations qui lui ont été données, telles que l'évasement, le croissant, etc., sont dues à des altérations pathologiques. Si l'on examine cet organe le siqet étant debout, on voit que le col de la vessie est au-dessous du bord inférieur de la symphyse ; si, au coittraire, on l'examine étant couché, Torifice vésical est à 2 centimètres environ au-dessous du niveau de la partie inférieure de la symphyse (2).

§ II. -- Des coochefe miMculalrca de la wcMile.

Les fibres musculaires, en se réunissant, forment une nnembranc qui a reçu le nom de musculeuse, tlecouverte en dedans par la mem* brane muqueuse, elle est tapissée au dehors par le péritoine. Dans l'état normal, elle est peu épaisse et peu colorée. Dans ces dernières années, M. Mercier (3), après de longues et patientes recherches, a

(1) Loc. cit.^ p. 15.

(2) Jarjavay, Recherches anatomiqueSt p, 193.

(3) Rechercha anat,, path» et thér. sur les maladies des organes génUo naireSf 1841, p. 51.

DB LA VBSSli. 15

donné, des plan« musculaires de cet organe» une description nouvelle qui doit faire cesser les incertitudes successivement transmises par les anatomistes qui se sont succédé jusqu'à TlM)mpson. De 1932 à 1S3S» cet observateur a fait à Técole anatomique des hâpi* taux une série à» prép§r«lkiaa pour éclairer cette question.

M. Mercier dit, ooBlmirenient à ce qui est admis, que les fibres de la tunique musculaire de la vessie ont une disposition constante; eUes naissent presque toutes de la face yésicale de la pfQState, et elles formieet deux plans, dont Vuu est superficiel et l'autre profond. D'après la description de cet anatomiste, le pian su* perfieWÎ se divisa en quatre : un plan antérieur, un postérieur et deux latéraux.

Le plém supnfkiel aniérieur, sous la forme de petits temkMus em nombre variable, part de la face postérieure des pubis pour s'étendre sur la faee antérieure de la vessie, ou quelquefois ils se dévetoppeai |)our gagner le sommet et les faces latérales de cet or^UBie.

Le pi(m superficiel poUérieui* est attaché dans l'espace qui sépare les deux crêtes de la prostate, derrière le col de la vessie, et ses fibres sétendeut sur la face postérieure de ce réservoir» en formant une bande aplatie qui jette quelques points d'attache à l'aponévrose pubienne. Au niveau des uretères, les fibres s'étaleul pour renoionter les unes vers l'ouraquo, et les autres v^s les parties latérales.

Les plans super fieieis loiértmx ont leur insertioa à la partie siq^ rieure des lobes latéraux de la prostate^ M. Mereiar fait reiDarquer que c'est à la réunion de leurs tendons qu'est due la lorme d'un cœur de carte à jouer qu'on voit à la face postérieure de la prostate. Ces faisceaux musculaires, qui s'écartent à leur point d'attadie» se développent en éventail sur les faces antérieure, postérieure et supérieure de la vessie. Au niveau des uretères, ils se partagent eu deux faisceaux, dont une partie des fibres montent vers le sommet de la vessie, d'autres se dirigent vers son col, d'autres enfin se portent vers la face postérieure: elles s'entrecroisent avec celles du côté opposé, et cet entrecroisement produit les saillies et les cavités que l'on voit dans l'intérieur des vessies hypertrophiées.

H résulte de la direction de ces faisceaux, qu'un espace long et étroit, au-dessus de l'ouverture de l'uretère, est dépourvu de plan musculaire, ce qui favorise la formation des hernies de la muqueuse plus fréquentes et plus considérables à cette partie de la vessie que partout ailleurs. Cette observation est due à H. Mercier*

Le plan profond se divise en deux: enplanprofiMuleilerneou(rt-

16 ANATOMIB DE L'aPPARKIL UBlNAlU.

gono-^xxriétalt et en plan profond interne ou urétkro-uésical. Le plam profond externe est au niveau du trigone, entre le col de la vessie # l'orifice des uretères. Les fibres postérieures de ce plan formeDt la limite postérieure du trigone. Vers les bords Ittéraiix de cet espaëé triangulaire, elles s'écartent en trois directiqm : les fibres postérieures montent sur les uretères et sur la paroi postérieure de la vessie ; les fibres rooyeimes s'étalent sur ses parois lalëraleSi et les fibres antérieures recouvrent les granulations sus -monta* nales de la prostate pour concourir à la formation de la valvule pylorique; elles se relèvent sur les côtés de l'orifice uréthro-vésical, et elles s'entrecroisent pour s'étendi*e sur la paroi antérieure et sur les parois latérales de la vessie. Sans avoir vu de fibres annulaires, M. Mercier dit que c'est ce plan qu'on peut admettre comme un sphincter, an faisant remarquer toutefois que dans toute retendue du trigone et autour du col, il n'a jamais la couleur des autres fibres musculaires de la vessie.

Le plan profond interne est immédiatement sous la muqueuse, et il est formé par des fibres longitudinales minces et peu nombreuses. Il est attaché à la paroi postérieure de la portion prostatique de Turèthre. Du vérumontanum, les fibres montent en divergeant sur la lèvre postérieure et s'étalent sur la paroi inférieure de la vessie jusqu'aux ouvertures des uretères, et elles concourent à former les bords latéraux du trigone.

Les muscles pubio-prostatiques, ainsi nommés par M. Mercier, sont deux faisceaux charnus assez volumineux partant des petits tendons donnant naissance aux fibres superficielles antérieures de la vessie ; ils se dirigent en arrière, pour s'attacher aux crêtes prostatiques en passant sur la partie la plus élevée des faces latérales de cette glande. Ces muscles, dit cet anatomiste, ont été confondus avec le relcveur de l'anus, parce qu'ils donnent à ce dernier des attaches sur la prostate, dont ils sont cependant séparés par sou aponévrose latérale.

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