‹ Traité des maladies des voies urinairesChapitre 109 sur 170 · A. - SPASME ET CONTRACTURE · texte numérisé non relu

A. - SPASME ET CONTRACTURE

Le spasme se distingue de la contracture en ce que son début et sa disparition sont subits, immédiats, brusques : c'est un phénomène accidentel d'une durée plus ou moins courte. La contracture est un état durable, qui s'accompagne d'une altération musculaire.

Spasme du col. — On considérait autrefois comme démontrée l'existence d'une contraction des fibres musculaires qui circonscrivent le col même de la vessie, contraction qui se produirait isolément et qui, d'après Gaudmontet Dalefosse, porterait sur l'ensemble de l'appareil sphinctérien : eol, fibres lisses périprostatiques et sphincter de la portion membraneuse. Mais, si on interroge la clinique, on verra qu'on ne peut affirmer l'existence

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du spasme que sur un seul point, situé au niveau du spiiinctcr intraurétral. Celui-ci s'oppose souvent au passage des instruments ; mais, quand cette première résistance est vaincue, on n'en rencontre plus ni dans la traversée prostatique, ni dans la région cervicale (Guyon). D'ailleurs, en comparant les symptômes du spasme de l'urètre avec ceux que les auteurs ont décrits du spasme du col, on est frappé de la similitude du tableau clinique, et tenté de conclure à une seule affection. Nous croyons devoir faire des réserves au sujet de la pathogénie des symptômes qui lui sont attribués.

11 relève de différentes causes. Le spasme d'origine cérébro-spinale tient à une excitation du centre sphinctérien de la moelle (centre vésicospinal de Kupressow qui, chez l'homme, semble siéger au niveau du renflement lombaire) ; on l'observe surtout dans l'hystérie, plus rarement dans les tumeurs et inflammations médullaires, dans la sclérose en plaques et le tabès spasmodique ; quant au tabès, il donne lieu à des troubles spéciaux que nous décrirons plus loin. D'autres fois le spasme du col paraît être réflexe et dépendre d'une affection générale, telle que la goutte, ou d'une lésion locale qui intéresse l'urètre antérieur ou l'urètre profond.

Le spasme du col se traduit, suivant les anciens auteurs, par les signes fonctionnels suivants : le jet est fin, hésitant, interrompu au début de la miction; vers le milieu il reprend ses dimensions normales. Dans certains cas l'urine ne sort que goutte à goutte, et la miction ne se fait qu'au prix des plus grands efforts ; le cathétérisme peut même devenir nécessaire. Quant aux phénomènes douloureux, ils sont, lorsqu'ils existent, sous la dépendance d'une névralgie vésicale qui s'accompagne souvent de contractions violentes du corps de la vessie ; mais celles du col ne sont pas douloureuses.

A l'exploration, la boule est arrêtée au sphicter membraneux : celui-ci franchi, l'instrument pénètre librement dans la vessie en subissant ordinairement un ressaut, mais non un arrêt au niveau du col.

La contracture du col reconnaît les mêmes causes que le spasme, mais elle se prolonge davantage. C'est après un choc traumatiquc et surtout opératoire que la contraction du col paraît se produire le plus souvent. Elle est d'origine réflexe. On observe les mêmes symptômes, auxquels s'ajoute plus souvent la rétention complète; celle-ci s'observerait surtout chez les vieillards. On voit l'analogie qui existe entre ce tableau et celui de la dysurie des prostatiques ; elle permet de penser que la congestion joue ici un rôle plus important que le spasme.

Spasme et contracture du corps. — Le spasme du corps consiste en une contraction violente du corps de la vessie au moment des mictions. L'existence d'une contracture idiopathique, comme dans les cas où la fin de la miction est douloureuse malgré l'absence d'inflammation, est rare, mais possible ; nous avons eu l'occasion d'en parler à propos des névralgies vésicales. Elle est le plus souvent liée à une cystite aiguë et se répète à chaque miction.

Dans certaines cystites invétérées, de nature très diverse d'ailleurs, tuberculeuses, calculeuses, blennorragiques, etc., la contracture presque constante, ou se renouvelant à chaque miction, s'accompagne d'une douleur extrêmement violente : c'est à cette classe de cystites qu'on a donné le nom de douloureuses.

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