TROUBLES DE LA CONTRACTILITÉ DE LA VESSIE 70T
Étioi.ogie et pathogénie. — Elle appartient exclusivement î\ l'enfance, jusqu'il la puberté, et atteint également les deux sexes. L'hérédité n'est pas sans influence; elle frappe de préférence des fils de névropathes ou des sujets qui, plus tard, présenteront cette tare nerveuse ; beaucoup deviennent spermatorréiques.
L'incontinence essentielle est symptomatique ou idiopathique.
{"Incontinence stjmptoniatique. — Dans un premier groupe la cause réside dans une affection vésicale (calcul, néoplasme, tuberculose, etc.) ou dans des modifications chimiques de l'urine (acidité excessive, glycosurie, albuminurie). Ou bien, elle provient d'un réflexe. Elle dépend alors d'une malformation de l'urètre ou de la verge (épispadias, hypospadias, phimosis, atrésie du méat, polypes ou tumeur urétrale chez la femme), ou plus rarement d'une affection rénale (calcul, tuberculose, sarcome, etc.).
Le réflexe prend aussi naissance dans une lésion de voisinage (oxyures, polypes du rectum, vulvite). Enfin, la cause de l'incontinence est parfois une affection nerveuse bien caractérisée (épilepsie, spina bifida, mal de Pott, myéUtes, etc.).
Les incontinences qui relèvent de ces causes ne sont pas, à proprement parler, des incontinences essentielles. Mais il est nécessaire d'en parler et d'y toujours penser pour éviter des erreurs de diagnostic. C'est par éhmination que l'on arrivera à reconnaître une incontinence essentielle. Le diagnostic tient le traitement sous sa dépendance, et pour amener laguérison il faudra faire cesser la cause. Toutefois, l'incontinence persiste quelquefois après sa disparition. Le traitement est alors celui d'une incontinence idiopathique.
2" Incontinence idiopathique . — Le plus souvent, les incontinents nocturnes présentent une tare nerveuse héréditaire ou personnelle, hystérie ou névropathie, dans chacune des trois espèces d'incontinence idiopathique que nous allons étudier :
1" Incontinences psychiques ;
2" Incontinence par exagération de l'excitabilité vésicale ; 3° Incontinence par atonie des sphincters.
1" Incontinences psychiques. — Les petits malades, généralement pollakiuriques dans l'état de veille, pensent sans cesse à leurs mictions ; le sommeil n'arrête pas ces idées et l'incontinence se produit dans un rôvc ayant trait soit à une vraie miction, soit à une idée qui la rappelle (de
Feau qui coule, par exemple). L'urine s échappe pendant le sommeil le plus profond et ne réveille pas le malade. Cette miction peut se produire plusieurs fois par nuit. La paresse est encore une cause de l'incontinence : l'enfant ne s éveille qu'à demi, il ne fait pas FelTort nécessaire pour se réveiller complètement.
2" Dans les cas ôù l'incontinence provient d'une excitabilité exagérée de la vessie, on trouve, en général, une hyperesthésie delà muqueuse uré- Irale, point de départ du réflexe vésical. La vessie entière se contracte, mais la contraction du corps l'emporte sur celle du col et l'urine s'écoule. Ouand ce fait se reproduit, la vessie s'habitue à ne se vider qu'incomplètement, d'oiî un certain degré de rétention. Ce phénomène, assez fréquent, n'est pas une forme spéciale de l'incontinence, mais il complique la rétention par excitabilité nerveuse.
3" Le sphincter peut être insuffisant, soit que sa musculature soit congénitalement trop faible, soit par un vice de fonctionnement. 11 ne résiste pas aux contractions vésicales lorsque le sommeil a aboli la volonté.
Symptômes et diagnostic. — Une miction involontaire nocturne vide en entier la vessie. Souvent le sommeil continue : ailleurs l'enfant est réveillé par la sensation d'humidité qui en résulte. Dans certains cas, l'incontinence nocturne est intermittente et ne se produit que deux ou trois fois par semaine ou môme par mois; d'autres fois, il y a par nuit deux ou trois mictions. Pendant le jour, le besoin est habituellement perçu ; parfois, la faiblesse du sphincter est telle que l'enfant est obligé d'uriner de suite, tout au moins de n'attendre qu'un temps très court. 11 est rare que l'incontinence soit également diurne. Cette affection, sujette à des rémissions temporaires, guérit ordinairement vers l'âge de vingt ans (Guyon), souvent même elle disparaît à la puberté.
Le diagnostic est également facile. 11 est plus délicat d'établir le diagnostic de la variété : un examen local et fonctionnel fera reconnaître les incontinences réflexes liées à la présence d'un, phimosis ou d'une balanoposthite, les incontinences par irritation qui s'observent dans la tuberculose vésico-prostatique, et celles qui sont symptomaliques de l'épilepsie, enfin les incontinences simulées. Si la boule d'un explorateur traverse le sphincter sans rencontrer de résistance ni causer de douleur, on est en face d'une incontinence par insuffisance sphinctérienne. La douleur et la résistance sont vives, au contraire, lorsqu'il y a de l'excitabilité vésicale.