II. — Urétrites aseptiques
Classification. Etiologie. — Les urétrites aseptiques sont celles dont les produits de sécrétion ne renferment aucune espèce microbienne ; tantôt elles représentent simplement une phase des urétrites primitivement septiques, tantôt elles sont d'emblée aseptiques.
1° Les urétrites aseptiques consécutives aux iirétrites septiques sont fréquentes; à vrai dire cependant, on peut douter que l'asepsie soit toujours réelle. Elles se voient fréquemment après la blennorragie, causées par
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l'action des toxines gonococciqucs, soit par l'action chimique des traitements trop prolongés, soit par la persistance de gonocoques latents enkystés dans certains foyers très souvent chez des névropathes : quelques cas de réapparition tardive des goconoques pourront en faire foi ; un grand nombre d'urétrites chroniques rentreraient donc dans ce groupe d'urétrites appelées à tort aseptiques. 11 se grossit également de toutes les urétrites aseptiques qui, examinées au début, auraient pu être classées dans les urétrites microbiennes précédemment décrites.
2" Les vraies urétrites aseptiques sont celles qui ont d'emblée ce caractère; on peut y grouper certains suintements urétraux survenant chez les diathésiques, des urétrites ingestis ou traumaliques,ou par excès sexuels. Mais il est facile de reconnaître à ces urétrites une identité étiologique avec les urétrites microbiennes, et l'on peut se demander si presque toutes ne sont pas en réalité microbiennes, à un moment de leur évolution, les examens bactériologiques ayant été mis en défaut.
Reconnaissons cependant qu'il n'est pas impossible que l'urètre subisse de légères inflammations du fait du passage de substances toxiques dans l'urine, car l'injection de toxine gonococcique fournit un exemple de l'existence d'urétrites toxiques, ou de leur existence dans le sang. L'urètre réagit par des modifications au moins sécrétoires, comme la peau par certaines dermatoses ; la simultanéité d'herpès génital et de suintement urétral, avec petites ulcérations, en montre la possibilité, si toutefois ces herpès ne sont pas infectieux.
Symptômes et traitement. — Les symptômes sont ceux des urétrites microbiennes ; l'examen bactériologique donne seul des résultats différents. Quelquefois on observe des particularités dues aux conditions étiologiques : écoulement urétral survenant au moment de la cessation d'éruptions cutanées, coïncidence avec l'herpès génital, apparition et variations d'un suintement en rapport avec des poussées d'oxalurie, de phosphaturie, d'urines uratiques.
Parfois tenaces, ces suintements sont d'ordinaire bénins et non contagieux; leur traitement est celui de l'état général ; l'abstention ou la suspension de tout traitement intra-urétral est une règle absolue. Cependant, des écoulements aseptiques n'étant pas rares au cours d'urétrites chroniques post-gonococciques, on tiendra le malade en observation, et l'on sera prêt à traiter les réinfections possibles, ainsi que les lésions anatomiques que révélera l'exploration et en particulier l'urétroscopie.
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