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CHAPITRE VII

BIBLIOGRAPHIE

Englisch. Ueb. d. Verschluss des sinus pocularis. Jahrb. Gesellsch. d. Aerzte in Wien, 1873. — Planty-Mauxion. Kystes de la prostate. Thèse Paris, 1879. — Le Dentu. Bull, de la Soc. de chirurgie, 1878. — • Desnos. Bull, de la Soc. anatomique , 1888. — Springer. Zysleiibildung aus d. Utric. prest. Z. f. Heilkunde, 189à. — NicAisE. Kystes hydatiques de la prostate. Soc. de chir. 1884. — Kaveczky, Echino-Kokkuszyste. Monatsb. f. Urol. 1905.

Les kystes de la prostate sont rares et imparfaitement connus. Eliminant les kystes péricalculeux (Planty-Mauxion), et les kystes purulents (Thompson) qui ne sont que des cavités d'abcès ou des kystes secondairement suppurés, nous pouvons diviser les kystes en trois catégories : i° kystes congénitaux; 2° kystes par rétention acquis; 3° kystes hydatiques,

1° Kystes congénitaux. — Cette catégorie comprend des kystes dont le développement suit de près la naissance et d'autres qui ne se développent qu'à un âge plus avancé ; ils ont comme caractère commun de se développer dans les vestiges d'organes embryonnaires, dont le plus important est l'utricule prostatique.

Les petits kystes du nouveau-né^ décrits par Englisch, se forment par suite de l'accollement de l'orifice de l'utricule prostatique, qui représente comme l'on sait l'extrémité inférieure des conduits de Muller; ils soulèvent le veruraontanum et ferment plus ou moins la lumière de l'urètre prostatique. Ainsi s'expliqueraient certains cas de rétention d'urine à la naissance, qui persistent quelques jours, et parfois assez longtemps pour amener la dilatation réno-uretérale ; en général, quand la pression de l'urine devient suffisante, elle exprimerait le contenu de ce petit k^'ste qui appa-

raîtrait au méat sous la forme d'ua liquide jaunAtre précédant l'urine, et les accidents ne se renouvelleraient pas. Ces kystes ne seraient pas très rares, d'après Engiisch et Springer.

Les grands kystes de l'utricule prostatique se développent lentement chez l'adulte, et repoussent autour d'eux le tissu de la glande, ou bien encore ils siègent en haut et en arrière, entre la vessie et le rectum ; ils sont médians, parfois pédiculés et mobiles, et ne déterminent aucun symptôme, car ils ne compriment pas d'organes importants en ce point ; le contenu est clair ou d'aspect opalin ; la paroi est revêtue d'épithélium cylindrique ou cubique.

On observe encore, en haut et en arrière de la prostate, d'autres productions kystiques petites ou volumineuses, qui paraissent se former aux dépens des vestiges des canaux de Muller, ou, latéralement aux dépens des débris du corps de Wolff. Il ne s'agit pas ici de kystes prostatiques proprement dits, mais ils ne peuvent en être séparés au point de vue étiologique. D'après Israël, un kyste observé par Kapsammer appartiendrait à cette variété : il contenait un gros calcul et présentait un revêtement pavimenteux corné.

2° Kystes par rétention, acquis. — Exceptionnellement l'utricule prostatique forme un kyste par rétention acquis, l'orifice pouvant être oblitéré par un processus scléreux d'origine blennorragique (Springer).

En général, les kystes par rétention sont des kystes glandulaires ; leur fréquence est assez grande dans les prostates hypertrophiées; ils représentent le degré extrême des distensions acineuses qui se rencontrent si souvent dans les prostatites chroniques anciennes et dans l'hypertrophie. Le plus souvent les kystes sont petits, remplis d'un liquide épais et jaunâtre; plus rarement ils acquièrent un certain volume et sont alors formés par la coalescence de plusieurs glandes dilatées.

Les petits kystes se rencontrent en des points quelconques des lobes latéraux de la prostate ; on les a trouvés aussi dans l'urètre prostatique de chaque côté du verumontanum (2 observations de Dolbeau citées par Béraud), ou bien au-dessous de l'orifice vésical de l'urètre (Le Dentu), ou encore proéminant sous la muqueuse vésicale au voisinage du col et formés alors aux dépens de glandules aberrantes. Au voisinage du col, ils peuvent amener des troubles de la miction.

Les grands kystes siègent presque toujours dans les lobes latéraux et

ne tendent pas à comprimer l'urètre ; ils ne sont diagnostiqués que par le toucher rectal, à l'occasion d'une prostatite, delà suppuration de leur contenu, etc. Tantôt la prostate est occupée par des dilatations kystiques multiloculaires (Gruveiliiier), tantôt elle est convertie tout entière (Cruveilhier;, ou partiellement (Le Dentu, Desnos) en une poche unique de la grosseur d'une mandarine. Cette poche communique avec le canal par plusieurs pertuis indépendants des canaux éjaculateurs et de l'utricule, vestiges des canaux excréteurs de la glande, par lesquels la pression fait sortir un liquide visqueux, légèrement rougeâtre.

Dans le cas qui nous est propre, les parois sont constituées par un tissu conjonctif fibrillaire, recouvert d'un épithélium simple, irréguher, c^dindroïde, cubique ou polyédrique; nulle part il n'existe de tissu d'inflammation soit aiguë, soit chronique (Brault).

Ces kystes ne seront traités que s'ils deviennent gênants ou s'ils s'infectent ; il conviendrait alors de les ouvrir et de les drainer par la voie périnéale.

3° Kystes hydatiques. — Les kystes hydatiques de la prostate sont peu fréquents ; d'après Kaveczky, sur 3 000 cas de kj^stes hydatiques, on n'en connaîtrait que 17 dans la prostate. Aucun de ceux qui ont été observés dans la région prostatique n'a pu être considéré à coup sûr comme développé primitivement dans la prostate, cependant, il n'existe aucune raison pour nier la possibilité de cette localisation. Quoi qu'il en soit, la description qui suit s'applique à des kystes occupant la prostate et le tissu rétro-prostatique ; un très petit nombre d'observations s'ajoutent aux 4 cas relevés par Nicaise, qui avaient servi de base au.x descriptions.

Symptômes et di.-vgnostic. — Quelle que soit leur nature, les ];ysles de la prostate donnent surtout lieu à des symptômes de compression qui se manifestent par une gêne plus ou moins grande de la défécation et plus souvent de la miction; les accidents de rétention ont, sur 33 cas, causé la mort de 11 sujets.

Le cathétérisme est difficile et fréquemment suivi de fausses routes. Le kyste peut s'ouvrir dans le rectum, dans l'urètre, spontanément et à la suite du cathétérisme, ou dans ces deux organes à la fois. L'irruption de l'urine infectée dans la poche après sa rupture dans la vessie ou l'urètre expose aux acèidents septicémiques.

Le diagnostic de ces kystes est rarement fait. Le cathétôrisme n'indique que la présence d'un obstacle ; le toucher rectal permet de constater I l'existence d'une tumeur plus ou moins volumineuse, ordinairement I médiane, lisse, arrondie, rénitentc plutôt que fluctuante, remontant à une 1 certaine hauteur dans le bassin. Les lésions vésicales et rénales sont les mêmes que dans toutes les rétentions anciennes.

Traitement. — Le traitement de choix est Yincision jmr la voie prérectale; celle-ci ne permettra que très rarement de tenter l'extirpation, I qui a cependant réussi dans les mains de Kaveczky, ni même le capitonnage ; on se bornera, si on ne peut mieux faire, à marsupialiser la poche. L'incision rectale, la ponction simple sont dangereuses ou insuffisantes.

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