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CHAPITRE IX

HYPERTROPHIE PROSTATIQUE

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On désigne sous ce nom une augmentation de volume de la prostate, permanente et définitive, partielle ou totale, qui survient dans la vieillesse et détermine le plus souvent des troubles urinaires. Au mot hypertrophie (BaiUie), on a substitué ceux d'engorgement (Civiale), de myome (Harrison), de tumeur bénigne (Le Dentu), etc. Bien que discutée encore, la nature de cette augmentation de volume semble définie surtout par les recherches d'Albarran et Hallé qui la considèrent comme une néoplasie d'onginc glandulaire, se présentant sous trois formes : adénome, adénofibromc et fibrome glandulaire. Cette diversité des lésions s'oppose à une définition générale basée sur l'histologie et le mot hypertro|)hie nous paraît devoir être conservé.

Etioi-ogie

Les causes qui président au développement de l'iiypcrlropliic ellemômc sont aussi obscures que sont précises et nettes celles qui font

éclater les accidents inflammatoires et congestifs au cours de cette affection. C'est pour avoir confondu cette double étiologie qu'on a incriminé quantité de circonstances, dont l'influence est nulle, en réalité, sur la production de l'hypertrophie.

De ce nombre sont : la congestion veineuse, les excès de table et de coït, la masturbation, les habitudes sédentaires, l'équitation, la blennorragie, les rétrécissements, certaines manœuvres chirurgicales, telles que le cathétérisme et le maintien d'une sonde à demeure. Il en est de même des calculs vésicaux. Dans ces diverses conditions, on a vu survenir dos congestions et des inflammations aiguës ou chroniques de la prostate, mais non pas les modifications anatomiques qui constituent l'hypertrophie. Toutefois, la répétition des congestions est assurément une cause prédisposante, et en particulier celles qui relèvent d'une cause génitale. L'abus du coït dans im âge mûr ou avancé, les excitations sexuelles longtemps prolongées, l'onanisme ont été retrouvés par nous dans un trop grand nombre de cas pour que nous les considérions comme étrangers au développement rapide et surtout précoce de l'hypertrophie.

Les affections générales, la scrofule, la tuberculose, la s^'philis ; les diathèses, l'arthritisme, l'herpétisme, n'exercent pas une influence démontrée. Un accès de goutte, un eczéma ou un psoriasis peuvent disparaître et faire place immédiatement à des accidents de d^^surie et de rétention, qui s'expliquent simplement par la production d'une poussée congestive.

Une seule condition étiologique est certaine : c'est la vieillesse ; encore s'en faut-il que l'hypertrophie prostatique soit la règle à cette période de la vie. Sur 164 vieillards entre soixante et quatre-vingt-quatorze ans examinés par Thompson, 67 présentaient des lésions prostatiques ; dans 11 cas c'était une atrophie, dans S6 une hypertrophie ; mais dans 15 ou 16 seulement, l'hypertrophie se traduisait par des signes précis (Thompson) ; ces chiffres concordent avec ceux que nous avons recueillis dans le service du professeur Guyon. C'est de cinquante à soixante-cinq ans que la maladie débute ; rarement elle apparaît après soixante-dix, plus rarement encore à un âge très avancé, époque à laquelle la prostate semble même subir une sorte de régression.

Voici le relevé de l'âge de 1 060 sujets atteints de tuméfaction prostatique observés par nous qui permet d'en apprécier la fréquence relative.

50 à 54 ans 55 à 59 —

US

60 à 6i ans 231

L'hypertrophie est rare avant cinquante-cinq ans. On en cite des exemples dont la réalité anatomique n'est pas douteuse, mais cette constatation est nécessaire, car il existe des cas de prostatite chronique qui donnent lieu aux symptômes et aux modifications macroscopiques de l'hypertrophie.

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Nous étudierons successivement les lésions de la prostate, de la vessie et des voies supérieures.

Lésions macroscopiques. — La lésion caractéristique est une augmentation de volume de la prostate. Toutefois, dans des cas relativement rares la glande est peu ou n'est pas hypertrophiée et semble même subir une sorte d'atrophie. Aussi de nombreuses variétés existent-elles. Entre une prostate normale, du volume d'une châtaigne, et celle que Charles Bell a déposée au musée d'Edimbourg et qui est grosse comme une noix de coco, tous les degrés intermédiaires ont été observés. Thompson, qui en a examiné un grand nombre, a noté des poids qui varient de 24 à 69 grammes et donnent une moyenne de 35 à 45 grammes. Messer en a vu une de 184 grammes, Gross une de 288 grammes et Freyer en a extrait par Thypogastre une de 308 grammes. Quant à nous, nous trouvons dans un relevé d'autopsies faites par nous le poids de 11 prostates provenant de sujets de plus de soixante ans; ce poids a varié de 25 à 85 grammes donnant une moyenne de 46^%85. L'hypertrophie est dite excentrique ou rectale lorsque la tumeur proéminc du côté de l'intestin, dont elle refoule la paroi ; elle est dite urétro-vésicale lorsqu'elle se développe du côté de l'urèlrc ou du col, dont elle modifie les dispositions. Ces deux formes coexistent fréquemment, mais sans qu'on puisse jamais, du degré atteint par l'une, conclure î\ un développement proportionnel de l'autre.

Rectale ou urétrale, la tuméfaction prostatique est le plus souvent

UiîsNos cl MistT. — Traita des mal. dos voies iirin. 25

symétrique, comme on le voit d'après les chiffres suivants, relatifs aux différentes pièces que nous avons observées ou trouvées décrites :

Musée Musée Thonipsou Dupuylren Civialc Total

/ générale 74 7 10 91

1 limitée au lobe moyen .... 19 8 6 33 Hypertrophie ^^^.^^^^ ^ .. ^ ^0

sYmetrique j . . . , .

^ I — a la commissure ante-

\ rieure 3 » » 3

, . f avec prédominance du lobe Hypertrophie g ^ ^

asymetnque f ^^^^^^^^ ^ 3 ^„

Dans le relevé qui nous est personnel, nous avons rencontré 87 fois sur 159 l'hypertrophie du lobe moyen, proportion supérieui-e à celle des autres statistiques.

Des recherches de Prédal conduisent à des résultats analogues : en voici le résumé :

IIYPEIITROI'HIE

LOBES LATÉR.iDX SEULS

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