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IV. — Cystite cantharidienne

C'est par la cantliaridine qu'elles contiennent que les préparations de cantharide agissent sur l'économie. Cette substance pénètre tantôt par la peau, tantôt par l'appareil digestif. Dans ce dernier cas, les accidents sont plus redoutables et se produisent plus facilement; mais l'ingestion des canlharides, fréquente en Orient, oiî elle est faite dans un but aphrodisiaque, s'offre assez rarement à notre observation.

Il n'en est pas de même de l'absorption par la peau à la suite de l'application d'un vésicatoire. hc séjour prolongé de Templâtre vésicant semble nécessaire, quoiqu'on ait vu des cystites éclater quelques heures après son application ; une solution de continuité de la surface cutanée, des scarifications ouvrent une voie à l'agent toxique; la poudre de camphre est un moyen prophylactique des plus infidèles (Gubler), De relevés faits par Landrieux, il résulte que la cystite suit l'application d'un vésicatoire dans la proportion de une fois sur onze. Certains sujets présentent une susccp-

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libilité particulière et il en est qui sont fatalement atteints de cystite chaque fois qu'ils recourent à ce topique.

La cantharidine éliminée parles reins agirait d'abord sur ces glandes; il y aurait une sorte de'vésication des lubuli ; la néphrite serait donc constante et précéderait le développement de la cystite (Bouillaud). D'après Morel-La vallée, la cantharidine exercerait une action directe sur la muqueuse vésicale; on peut admettre que si une irritation du rein provoquée parle passage de Fagent toxique est constante, une véritable néphrite aiguë est rare, car la fièvre manque ordinairement, même dans les cystites les plus aiguës.

La cystite débute de six à vingt-six heures, en moyenne dix-huit heures, après l'application du vésicatoire (Gubler). Les symptômes présentent un degré d'intensité très variable. Morel-Lavallée distingue trois formes : une légère, de beaucoup la plus commune, dans laquelle les mictions sont fréquentes et un peu douloureuses et le dépôt purulent est peu abondant ; souvent même on n'y trouverait que de l'albumine ; nous nous sommes assurés que, même dans les cas les plus légers, des leucocytes existent dans la dernière portion d'une masse d'urine reposée.

Dans une deuxième forme, les accidents sont les mêmes, mais beaucoup plus intenses; la quantité de pus est en particulier plus grande. Enfin, quand l'affection est portée à son plus haut degré, on observe la forme pseudo-membraneuse ; les fausses membranes ont été données comme pathognomoniques de la cystite cantharidienne ; elles indiquent seulement une intensité extrême de l'inflammation. Dans ces cas en observe une hématurie plus ou moins abondante et prolongée.

La durée de la cystite cantharidienne, en général très courte, est de douze à quatorze heures en moyenne (Gubler). Après avoir débuté brusquement, elle cesse de même; dans les cas très aigus, elle peut se prolonger plusieurs jours, même avec un peu d'hématurie; chez certains sujets une légère fréquence persiste pendant plusieurs semaines.

Bien que le pronostic soit en général favorable, elle peut être le point de départ d'une cystite tuberculeuse (Guyon) chez un sujet prédisposé. Nous avons vu également la cystite blennorragique éclater t\ la suite de l'application d'un vésicatoire.

Le traitement visera surtout les phénomènes douloureux; on évitera toute manœuvre intra-vésicale à moins d'indications dues à la présence de fausses membranes.

CYSTITES

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