‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 23 sur 44 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

De la Cataracte.

Observation 4i5.

Mémoire, le 3o avril 1766. — Madame***, qui était d'un bon tempérament, eut la grossesse la plus rude : elle vomissait tout ce qu'elle prenait l'instant d'après; elle ne dormait point la nuit (c'était sa première grossesse) : sa couche fut assez heureuse. Les premiers mois que l'enfant fut en nourrice il avait les yeux beaux et voyait. Sa nourrice manqua de lait pendant quelque temps, et on le changea; alprs on s'aperçut qu'il ne fixait pas ses yeux. Il a aujourd'hui deux ans et huit mois. Les médecins du pays pensent que ce sont des cataractes assez mûres pour souffrir l'opération, étant aussi belles qu'elles puissent être. Cet enfant, qui est d'une maigreur affreuse, est vif et dans un mouvement perpétuel ; il veut toujours se promener : il semble qu'il a quelque chose dans la tète, voulant toujours la soutenir; en marchant, il l'appuie sur une de ses épaules; et, étant assis, il l'appuie sur ses mains. Pour comble de malheur, il a toujours les doigts dans ses yeux : il semble qu'il voudrait les arracher. La prunelle est de la plus grande sensibilité; elle peut se dilater dans une certaine obscu-

336 I i « i i 0 n \ i i i , CHAP1TB1 il,

i ii*. *i m- contrat ter avec la même I :« ilité dans Le grand jour, qu'il paratt souffrir avec beaucoup de difficulté. La santé dont il jouit , son âge tendre, la lionne c< mlurination de ses \cn\, tout, .1

la réserve de sa grande maigreur, présente le pronostic le plus avantageui pour la réussite de l'opération. < m prétend que Lorsque les cataractes sont «mi maturité et qu'elles ne sont point adhérentes, elles peuvent le devenir. L'enfant a eu la rougeole. Peut-on lui (aire l'opération?

Réponse.

Il faut attendre L'âge <le treize ou quatorze ans; à moins d'inflammation des membranes intérieures de L'œil, on ne doit craindre aucune adhérence à cet âge, à cause de La grande mobilité de l'iris, qui dilate et rétrécit la prunelle avec la pins grande facilité, selon le degré de Lumière auquel

l'œil est exposé.

Observation l\ iG.

M. J*** M*** m'apporta le Mémoire suivant : Saint-Malo, le i5 mai i8o4-

Un enfant, âgé aujourd'hui de douze ans, eut, il y a environ cinq ans, un bouton sur le sourcil, qui n'aboutit point. Au bout de quelque temps, on sapèrent que l'enfant louchait, et il lui survint une cataracte. On lui ordonna divers

remèdes : on lui fit faire des fumigations avec différentes plantes ; il prit du petit lait avec des cloportes, et chaque jour une cuillerée de sirop antiscorbutique. Depuis cinq ans, il a un vésicatoire au bras, du côté de l'oeil malade.

L'autre œil est beau et clair : l'enfant voit de loin, et distingue bien. Depuis environ un mois, il a eu des démangeaisons aux yeux, et a vu un brouillard qui lui paraissait rouge ; depuis quinze jours, il a éprouvé deux fois la même sensation. On demande, i° le régime à observer; i° ce qu'il faut faire pour préserver l'oeil sain; 3° s'il faut mettre un autre vésicatoire; 4° l'enfant aime à se baigner; les bains de mer ou ceux d'eau douce lui sont-ils bons?

Il faut remarquer -que l'enfant travaillait à son éducation : on a .pensé que de lire, sur -tout la musique, lui fatiguait la vue; on a tout cessé.

Lettre de M. /*** M***.

Paris, le 3 juin 1804.

Monsieur, le médecin de mon neveu a cru s'apercevoir que l'œil n'était pas aussi net qu'il devait l'être, quoiqu'il ait toujours bien vu. Il propose l'application d'un vésicatoire à l'autre bras. Lorsque l'enfant regarde un objet, sans remuer cet œil, il voit rouge; le battement de la paupière fait disparaître la teinte rouge : il a vu quatre ou cinq fois un brouillard total ; il voit quelquefois comme de petites mouches , et cela se passe.

338 s i < riOM vin, CH APITB1 i f,

Réponse,

Je conseillai de revenir au sirop antiscorbuiKjnc, de ne fane reprendre à l'enfant ses occupations qu'après la disparition des symptômes qu'il éprouvait; de suspendre les bains; et j'ajoutai qu'un second vésicatoire ne paraissait point nécessaire. Ces menaces nonl point eu de suites.

Le juiit Julien B***, 61s d'un charretier de \ ille-

Nriivc le-Roi , a été moins beureUZ. Cet I niant ,

de forte constitution, à^é de douze ans, m'a été envoyé, le iw juillet 1817, par M. le docteur Cheftel, maire d'Orly, près Paris. 11 a une cataracte' à l'œil droit, et il s'en forme une au gauche : elles

11 ont aucune cause connue.

Quinze jouis après, on m'a amené la petite Jul***, âgée de six ans, bien constituée, fille d'uu cultivateur de Venlclot , canton de l'.ebai.s, département de Seine-et-Marne, à laquelle on avait remarqué, depuis six jours seulement, une cataracte à moitié formée à l'œil droit. On ne connaît aucune cause à cette maladie, l'enfant jouissant d'une bonne santé et assurant n'avoir reçu aucun coup.

Observation 417.

Rome, le i5 mai 1781.

Mémoire. — Un personnage illustre est attaqué depuis plusieurs années, et peut-être des sa naissance, d'une indisposition d'yeux qu'on appelle myopie. Cette imperfection affecte plus sensible-

DE LA CATARACTE. 33o,

ment l'oeil droit, et, puisqu'elle est probablement aussi ancienne que l'œil même, on pourrait en conclure que ce défaut a son origine dans la conformation primitive de l'oeil, telle que serait la trop grande convexité du cristallin, ou sa trop grande distance de la rétine.

Le sujet dont il s'agit abonde en humeurs salines qui tendent au scorbut : le devoir de sa charge l'oblige à s'appliquer continuellement à l'étude et à la lecture. Depuis quelque temps l'œil gauche, dont il se sert plus que du droit, est sujet à un obscurcissement semblable à celui que souffrirait un œil après avoir été exposé à une sensation trop vive de lumière. Quoique cette incommodité ne lui ôte pas l'usage de la lecture, cependant, en fixant les yeux sur les lettres ou sur un autre objet , il ressent une douleur légère et un obscurcissement : ce qui pourrait faire craindre le progrès du mal, et la nécessité de renoncer bientôt à toute espèce d'occupation. Cette crainte a fait souhaiter à la personne qui se trouve dans cet état que je fisse un détail exact des circonstances, et elle a désiré que ce détail fût envoyé à un professeur habile en ce genre. C'est pourquoi ayant observé l'organe avec tout le soin possible, j'ose assurer que la pupille n'a contracté aucune imperfection, puisqu'elle exerce librement ses mouvements de dilatation et de constriction, selon les différents degrés de lumière auxquels elle est exposée. Cependant j'ai observé un léger com-

> JO M < I I n N \ I I I . < Il \ p ' | | | | I ,

mencemenl d'opacité «i de nuage qui pourrait menacer <!«• quelques suites fâcheuses; mais je mus persuadé <|u <>n pourra, à l'aide de quelques remèdes convenables, dissiper entièrement le mal, on du iinuiis en prévenir les conséquences.

\ cet effet , j'ai conseillé un régime qui eonsiste dans L'usage des aliments humectants et rafraîchissants : j'ai prescrit la modération dans l'étude autant qu il était possible, et j'ai interdit toute application immédiatement après !<• repas; dans lequel temps, selon !<• conseil «!«• Celse, nec cogitare quidem SQtis tutufn est*

Réponse.

D'après L'exposé contenu dans la consultation

qui nous a été adressée, nous croyons pouvoir annoncer que la personne illustre qui en est l'objet est menacée de cataracte a l'œil gauche, et qu'il n'y a pas de temps à perdre, si l'on veut en arrêter les progrès.

L'épaississement de la lymphe étant la cause générale et ordinaire des altérations qui surviennent au cristallin , c'est à la diviser et à l'atténue! qu'il faut principalement s'attacher, comme à l'indication la plus essentielle.

Un régime humectant est donc, comme l'a ticsbien senti l'auteur du Mémoire, celui qui parait le plus propre à corriger cette disposition vicieuse de la lymphe et à en prévenir les mauvais effets.

-Nous conseillons l'usage du petit -lait avec le

jus de cloportes, non à la dose de quinze, vingt ou vingt-cinq, comme on les ordonne dans des cas ordinaires, mais à celle de deux cents par jour. Qu'on ne soit point effrayé de cette quantité : nous sommes garants qu'elle est exempte de toute espèce d'inconvénient, et nous avons vu des cataractes reconnaissantes, tant par les signes rationnels que par les signes sensibles , entièrement dissipées par l'usage de cinq cents cloportes par jour, continué pendant plus d'un an de suite sans le moindre inconvénient.

On donnera donc une pinte ou deux livres de petit-lait tous les matins, auquel on ajoutera le jus de cent cloportes et quatre onces de suc de cresson. Les cloportes ramassés dans les champs sont, en général, préférables à ceux des caves. On donnera dans laprès-dînée la même quantité de cloportes dans une infusion d'eufraise à la dose de trois ou quatre tasses. Il faudra continuer ces remèdes pendant vingt-un jours, purger le vingt - deuxième , interrompre pendant les huit jours suivants, pour recommencer de la même manière et continuer plusieurs mois de suite. Les purgatifs sous forme liquide et en grand lavage , tels que les eaux minérales seules ou aiguisées avec le sel d'Epsom, sont préférables aux autres. Le malade se mettra à l'usage de l'eau pour toute boisson. Il prendra deux demi-bains tièdes, par semaine, et observera scrupuleusement le régime qui lui a été prescrit.

I | ' s i < i ' <> I VIII, CHAPITBS If ,

Observation \iB.

s. mit Pan] Troii i bateau , !<• a I janvier 1756.

Mémoire. — Il v a environ <I»iin ans que Madame***, étant au troisième mois <l<- sa grossesse, w\ tout-à-coup de l<i il gauche une couleur verte sur tous les objets qui se présentaient, pendant

que de 1*0511 droit elle l<s \o\;nl tels qu'ils soûl

( '.c symptôme ne fut précédé ui annoncé par aucune cause sensible; il n'y eut ni douleur a la

tête, ni fluxion, ni larmoiement , m altération d.ius lt globe, si on excepte la couleur verdâtre qu'où découvrait à l'extérieur de l'œil, et même dans les humeurs à travers la prunelle. Cette espèce d'ictère a paru sensible jusqu'après l'accouchement Des que la matrice ne comprima plus les viscères du bas-ventre, L'ictère ou la couleur de bile qui occupait l'œil se dissipa. Cependant les objets parurent toujours verts, tantôt plus, tantôt moins, suivant que Madame s'exposait au grand air et au soleil coiffée en cheveux , ou qu'elle se livrait à quelque exercice fatigant pour sa vue.

Madame est mvope : l'œil gain lie est plus petit que le droit; mais cette différence a toujours existé. Le soussigné mit la malade à l'usage des apéritifs avec les précautions ordinaires. Comme les objets paraissaient tous d'une couleur verdàtre, on conseilla à Madame d'exposer l'œil ma-

lade à la vapeur de l'eau de Balaruc. Peu de temps après, l'oeil a paru cataracte, et l'on présume que ces bains de vapeurs ont donné lieu à la cataracte, en desséchant le cristallin par les parties salines dont l'oeil reçut l'impression.

Il est inutile de faire de plus longues réflexions sur la nature de cette cataracte; la vue de l'œil gauche est perdue, et Madame ne veut point être opérée. Il s'agit de savoir si l'on doit craindre le même sort pour l'œil droit , et de connaître les moyens à employer pour le prévenir. Les motifs de crainte sont, premièrement, l'humidité des yeux qui s'est accrue sans former un larmoiement, puisque toute cette humidité est absorbée par les points lacrymaux; en second lieu, des brouillards et des petits filets' qui paraissent entre l'œil et les objets; d'ailleurs l'œil non cataracte paraît dans l'état naturel , l'iris jouit de ses mouvements; on n'aperçoit aucune altération dans le cristallin, et la vue, aux brouillards près, reste toujours la même.

Le soussigné pense, i° que l'ictère de l'œil gauche, ayant notablement diminué après l'accouchement, on l'aurait vu céder à un plus long usage des apéritifs ou des martiaux précédés et accompagnés des bains et des délayants ; i° que les bains de vapeurs par les eaux de Balaruc ont décidé la cataracte de cet œil par les raisons énoncées ci-dessus; 3° que l'état de l'œil sain n'a aucun rapport avec la cataracte du gauche ;

I i i IBCTIOK ▼!!!, CHAPITK1 II,

V' qu'on doit attribuer ces brouillards à la trop grande humidité qui séjourne sur le i;l« >1 »«■ . puis- «jii«- les brouillards augmentent , lorsque les yeui sont |ilns humides; 5° enfin, que !«■ défaut des saignées, pendant cette seconde grossesse, auxquelles Madame s'est toujours refusée, a pu donlier lieu à cciic augmentation d'humidité des \eu\, (|iu sont trop gros et trop avancés Im»is «le l'orbite, ont les vaisseau] munis soutenus, el son! , par cette raison, très- disposés à cédei •• l'impulsion du sang dans l'état de pléthore.

<)li ajoute que les lai mes ;i n ;i< liées .1 M;i«l;ilne

par la crainte de perdre encore cet œil, n'ont pas peu contribué au relâchement des glandes lacrymales, SUr-tOUt pendant la deinnie grossesse, puisque, par le défaut des saignées, d'une part ,

et par l'embarras des parties inférieures, de feutre, le sang a dû prendre une direction plus forte vers les parties supérieures , et forcer le ressort de tous les vaisseaux tant sanguins que lymphatiques des yeux.

A u d i f r r e t , Médecin .

Réponse.

Les explications données sont adoptées. Quelques délayants... L'œil droit n'aura probablement point de cataracte .. De la dissipation... Eviter les larmes, qui seraient nuisibles.

Verdiielax, Demours.

DE LA CATARACTE. 3l[5

Observation 419*

Bordeaux, le 14 janvier 1780.

Mémoire. — M. T***, âgé de cinquante-un ans, et en ayant trente -cinq de navigation presque continuelle , d'un tempérament mixte entre le sanguin et le phlegmatique , eut, il y a quinze ou dix-huit ans, une petite dartre farineuse à un doigt , qui disparut d'elle-même pour se porter ensuite successivement tantôt sur un bras, tantôt sur une jambe , et enfin sur le bas des reins, où elle parut se fixer. On fit prendre alors au malade des pilules dont il ignore la composition , et une tisane faite avec la racine de patience : la dartre diminua beaucoup par l'usage de ces remèdes; mais elle ne s'éteignit pas complètement. On en aperçoit toujours quelques vestiges. En 1772, à la suite d'un voyage dans lequel M. T*** s'était beaucoup échauffé , il lui survint à la jambe gauche, jadis affaiblie par une entorse, une enflure érysipélateuse , qui se dissipa par l'application de quelques cataplasmes anodins. Peu de temps après , il ressentit des hémorrhoïdes qui suppurèrent et lui laissèrent une fistule à l'anus, dont il guérit par l'opération. A cette époque, la même jambe, où il avait eu l'érysipèle, s'engorgea sensiblement, et, depuis ce temps, elle l'est toujours un peu , sur-tout le soir , et le malade y ressent , de temps en temps , quelques

346 SECTION VII i , CE A r i i i: i il,

douleui s . il n'a point éprouvé d'autres incommodités jusqu'en 1778, époque à laquelle il eut une Bèvre inflammatoire très-vive; il fui saigné h 11 it ii us en quarante-huit heures, et il se rétablit très-bien.

il y a environ sis mois qu'à la suite d'un voyage en Amérique, le consultant ressentit un m. il de gorge <!<>ui on ne sut point déterminer le caractère. < >n en pourra peut-être juger par les suites, Ce mal dégorge dura environ deux mois, et, au moment <>ù il cessa de se (aire sentir, il se manifesta dans toute la bouche, mais particulièrement à la langue et derrière les grosses dents molaires, des aphtes qui causaient beaucoup «le douleurs et gênaient les mouvements des mâchoires. Dans l«- même temps, le malade s'aperçut aussi un jour, en se levant, qu'il 5 voyait s peine de l'œil gauche, sans j éprouver cependant de douleurs. Eloigné de son domicile, il se hâta de s'y rendre pour être plus à portée de faire les remèdes nécessaires. 11 consulta son chirurgien , qui examina l'œil et y découvrit un peu d'inflammation, et, de plus, une tache laiteuse qui semblait occuper le cristallin. Le malade fut saigné du bras et purgé le lendemain : alors l'œil droit s'affecta comme l'autre. L'on eut recours à un large vésicatoire à la nuque. Les deux yeux s éclaircirent> et le gauche plus particulièrement encore que le droit, en sorte qu'on n'y voyait plus de tache. Cet état se soutint constamment pendant tout le

temps que la suppuration du vésicatoire fut abondante; mais au moment où elle se tarit, la vue commença à s'affaiblir; ce qui détermina à appliquer une pommade épispastique à l'un des bras. Ce fut dans ce moment que je vis le malade pour la première fois. J'examinai ses yeux avec la plus grande attention. Ils n'étaient point enflammés, mais humides et larmoyants; les cornées en étaient fort transparentes; et les pupilles, de grandeur naturelle, jouissaient avec liberté de leurs mouvements de contraction et de dilatation , en passant alternativement du jour à l'obscurité ef vice versa. Le cristallin de l'œil droit me parut légèrement terni, et le malade me dit ne distinguer les objets de cet œil que comme s'ils étaient couverts d'une gaze, ou comme à travers un brouillard. Je ne pus méconnaître à tous ces signes un commencement de cataracte; mais je crus que c'était la maladie dont on devait s'occuper le moins dans ce moment. Les aphtes que le malade avait dans la bouche et à la langue, une faiblesse spontanée dont il se plaignait, et l'histoire de ses voyages sur mer, ne laissaient aucun doute sur l'existence d'un vice scorbutique qu'il était important de combattre préalablement. Pour cet effet, je fis mettre le malade au régime végétal ; je lui prescrivis l'usage du petit-lait aiguisé avec le suc des plantes antiscorbutiques, et quelques purgatifs appropriés à son état. Ces remèdes produisirent l'effet que j'en avais attendu : les aphtes dispa-

I }0 S I i J I i) N \ I I I , « Il \ P I I | I II,

rurènt, et les forces revinrent avec l'embonpoint La vue seule restait constamment affectée , mais avec cette particularité , que c'était alternativement de l'un ou «le l'autre œil , et jamais des deua ensemble. Lorsque l'un se troublait, L'autre s'é* cjaircissait ; ce que l'on crut devoir attribuer .1 l'usage <lu suc «le fourmi <1 < >i ■ t le malade faisait quelquefois tomber une goutte dans l'œil le moins clairvoyant. Mais Le même phénomène ayant été observé sans avoir été précédé de L'usage «le ce remède, »>n a été convaincu qu'il c'avait dans «•«•lie circonstance d'autres propriétés que celles d exciter la douleur La plus vive el une inflammation «pu durait plus <!<• buit jours. Quoi qu'il «n suit , la mobilité de l'humeur fil espérer qu'on pourrait la détourner, en ouvrant un séton à la nuque. La suppuration abondante qu'il produisit, et qui fut suivie d'une amélioration sensible dans la vue, augmenta l'espoir qu'on avait conçu d'abord; mais, un mois après, l'œil gauche s'obscurcit de nouveau. Le malade voyait des mon* lies et des fils d'araignées voltiger dans l'air; et, en examinant le cristallin, il paraissait couvert d'un léger nuage semblable à la vapeur qui s'élève de l'eau bouillante. Tel est encore aujourd'hui L'état de cet œil, quoique le séton suppure abondamment.

l'eut-on détruire cette maladie, ou en arrêter les progrès? Si la chose est possible, quels sont les remèdes les plus propres à produire cet effet ?

C'est sur quoi on demande à Messieurs les médecins consultés les éclaircissements qu'on est en droit d'attendre de leurs lumières.

Nota. On pense qu'il ne faut point perdre de vue la disposition au scorbut, qui, quoique accidentelle , mérite quelques égards. On observera à cette occasion que le malade ayant été purgé , il y a quelques jours, avec une petite dose de pillules de Belloste, il reparut des aphtes dans la bouche, et un ptialisme assez abondant. Au demeurant, le malade se dit exempt de tout soupçon de maladie vénérienne.

Guérie, Maître en chirurgie, oculiste pensionné, etc.

„ Réponse.

Insister sur les antiscorbutiques; prendre les cloportes à la dose de trois cents par jour ; renvoyé d'ailleurs à M. Guérin.

N. B. Il était impossible, en effet, de mieux placer sa confiance.

Observation l\io.

Caen, le 29 février 1772.

Mémoire. — Madame N*** , âgée de cinquantehuit ans, d'une bonne constitution et d'un tempérament fort et sanguin , d'une vie très-réglée, n'a pas laissé que d'être agitée par les soins qu'exige le gouvernement d'une maison consi-

\5q s i ( non vin, <■ n \ l' 1 1 h i m,

dénote, a la tête «le laquelle «•! I ** se trouve. Elle s'est beaucoup appliquée à la lecture el à d'autres occupations. Elle sort d'une maladie assez longue, • J * • la nature des fièvres continues, dont la violence parut sévir plus particulièrement soi 1rs parties de la tête; ce qui exigea l'application aux jambes de deux vésicatoires, qui onl suppuré très-long-temps. Malgré cela, elle s'est aperçue, dans sa convalescence , que ses veux s'affaiblissaient; qu'elle voyait de temps en temps passer des corps opaques, des nuages, «les mouches, des fétus, qu'enfin elle devenait aveugle, h l'examen de ses yeux, j'ai trouvé le globe dans le meilleur état, les membranes saines, la pupille exécutant bien ses mouvements; mais le cristallin présentait une teinte grise; j'en ai inféré qu'il se formait une cataracte, dont la maturité n'était pas assez avancée pour qu'on pût songer à l'opération. J'ai cru, en attendant, devoir lui conseiller l'usage des apéritifs et des fondants. Madame se mit à l'usage du sirop des cinq racines, d'une décoction de racine de squine nitrée, du suc de cresson, de purgations avec le mercure doux et le diagrède,de bols avec la gomme ammoniaque et le camphre, enfin, du suc de cloportes.

Dfsciiamps, D. M.

P. S. Depuis le i ou 3 de mars , la malade a continué très-strictement les remèdes que l'on a prescrits, jusqu'aujourd'hui a5 de mai 1779- L'œil

DE LA CATARACTE. 35l

droit , dont elle se plaignait de voir une espèce de brouillard ou de fumée , y voit un peu plus , et n'aperçoit plus de brouillard. Le gauche , relativement à la vision , est toujours dans le même état. Les corpuscules , qui lui semblent voltiger devant cet œil, sont toujours les mêmes. Le cristallin m'en paraît un peu plus transparent; mais on aperçoit dans sa partie postérieure, en le regardant obliquement, une espèce de blancheur qui me ferait assez craindre une cataracte membraneuse.

Observation L\i\.

Mémoire, il\ décembre 1772. — Le consultant, homme de cabinet, âgé de cinquante-huit ans, bien constitué, est peu sujet aux maladies.

Il y a cinq ans , dans une faiblesse qui précéda le retour d'un accès de fièvre, il tomba sur le pavé, d'où il fut relevé ensanglanté et blessé au côté gauche de la tête. Peu de temps après , il s'aperçut de brouillards répandus sur l'œil droit, auxquels ont succédé des bluettes et mouches noires voltigeantes, qui ont fait des progrès, au point qu'au bout de deux ans cet œil s'est obs curci de façon à ne pouvoir distinguer que le jour et la nuit. Des gens de l'art reconnaissent une cataracte incomplète. Depuis environ un an , le consultant s'aperçoit que l'œil gauche est menacé de pareille attaque. Il éprouve les mêmes symptômes., sur -tout depuis deux mois. Mon-

I • ' .s I ( I I i . \ \ I I ! , ( M \ P I I il I II,

sieur ne peul plus en lire. On n \ \ « » 1 1 encore rien. Depuis que l'oeil gauche est en cel état, il paraît que le droit, qui s été le premier atta» que < s est un peu amélioré.

\. /, Le 3i ni.ii suivant, !«• même malade écrir vii que aon œil gauche se couvrait dune cata* racte qui commençail à êl i e \ îsible.

Observation \

\ la fin «le i s i » • > , je fis, à trois mois d'intenvalle, l'opération de la cataracte, par extraction, .ni\ deux \<mi\ de M. <•'*' I)'", âgé <!<• soixante .mis, d'un tempérament sanguin. Chaque oeil se rétablit aisément et promptement. Je reçus la lettre suivante :

Vint, s , !<• i '» m. il i

Monsieur, je suis parti de Paris le a <ln courant; j'étais dans la diligence; cette voiture va une partie de la nuit. Le second jour, nous quitr tâmes Chartres à minuit. Quelle lut ma surprise, lorsque le jour fut venu , de voir tous les objets se représenter à mes yeux sous la couleur rose; ce qui a lieu les matins et les soirs. Dans la journée, j'y vois comme à mon départ. Chaque jour, la teinte rose devenait moins foncée, et ce n'est que depuis hier quelle a presque tout-à-fait disparu.

Réponse.

Ces sortes de phénomènes ne durent que peu de jours : il n'y a rien à faire.

Observation [\i 3.

Extrait d'une Consultation pour M***, commissaire des guerres à Mézières , dont l'œil est représenté pi. 1 6 ,Jig. i , pour la pupille seulement.

Le 19 mars 1775.

Le brouillard que Monsieur aperçoit sur les objets qu'il fixe avec l'œil gauche , dépend de taches déjà sensibles dans le cristallin , ou à sa capsule , mais comme ces taches paraissent isolées, circonscrites, et ne se confondent point ensemble , il y a apparence qu'elles sont le produit de quelques points d'inflammation dans la membrane qui renferme ce corps. En effet, Monsieur a été attaqué, il y a environ trois mois, d'une ophtalmie assez considérable, à la suite de laquelle le brouillard qui lui offusque la vue de cet œil s'est manifesté; mais, quel qu'en soit le siège , il s'agit d'un commencement de cataracte , suite d'une ophtalmie qui a été , en partie , interne.

Observation [\i[\.

Extrait d'une lettre de M***, chirurgien -oculiste,.

Du 20 mai 1748.

La cataracte de l'œil gauche de M. B*** peut être opérée. Ce que l'on pourrait craindre dans ces sortes de cataractes à noyau , toujours trèslentes à se former, c'est que les premières couches

354 sl ' ' ' " N VIII, CHAFITAl il,

du cristallin ne se trouvassent unies •< la parti* antérieure <!<• la capsule, lors de l'opération, si on attendait encore quelques années pour l'exécuter. Quand <».' déplacerait ce corps, il quitterait, .1 l.i vérité, sa capsule, mais il laisserait antérieurement la représentation de la maladie. C'est ce c 1 1 1 î m'est arrivé dans une cataracte 'le cciic espèce qui avait environ douze ou quinze ans, ci mon opération aiir.ni été infructueuse, si je n'eusse pus le parti de faire la section de toute

l.i portion de celle capsule (pu avait le plus de rapport a la pupille. Mais (elle méthode ne peut se pratiquer (pic lorsqu'on reneontre nue pupille belle el large; celle de l'œil de Al. B**' est, au contraire, d'un diamètre assez petit.

/.< 'Are du même, en date du \- juin suivant.

L'opération de la cataracte à l'œil gauche de M. B*** a été accompagnée des événements suivants : le cristallin a quitté sa place, en laissant néanmoins le centre de ses premières pellicules unies à la partie antérieure de la capsule. Depuis ce centre jusque vers la petite circonférence de l'iris, ou marge pupillaire, la même partie de la capsule restait irrégulièrement blanche comme avant l'opération , excepté quelques petits endroits un peu éclaircis par la premii î e manœuvre; dans l'instant, au lieu de me servir de mon instrument pour faire glisser ces portions de pellicules sur la capsule et rendre par-là à cette partie

sa transparence , je me déterminai à me servir de sa pointe , pour entrer dans la chambre de l'humeur aqueuse , et me débarrasser , tant de cette membrane que des parties opaques qu'elle fixait ; mais au premier mouvement de mon instrument de devant en arrière, et de haut en bas, ce centre de la cataracte a fourni une liqueur de couleur gris-blanc , qui m'a ôté non-seulement la vue de mon instrument, mais encore celle de toute la pupille. J'ai laissé passer quelques instants sans rien entreprendre. Bientôt la pupille s'est découverte , et j'ai enfin terminé mon opération par déprimer une partie du bord du cristallin , qui était restée au plus haut point de la pupille, qui faisait à peine le dixième du tout , et qui paraissait retenue par une espèce de viscosité propre à ces parties. Pendant cette opération , qui a duré plus que le temps ordinaire , le malade n'a point souffert, et il ne s'est passé aucun mouvement de la pupille qui puisse faire soupçonner, de la part de l'instrument, la plus légère irritation.

Réponse.

10 avril 1749-

L'oeil de M. B***, qui a été opéré de la cataracte, par M¥**, nous a présenté à l'examen : i° la pupille fort noire, un peu ovale, immobile; i° en faisant tourner l'oeil vers la terre, on aperçoit, à la partie inférieure de la chambre postérieure,

si | rill, < M V PITRE ||,

de ffcoi • un fc - - termine

: îtC » t (.Mhjir- ; v- K luml

i\ un-

lumière dû & petitei latérale! de la rétine

qui sont encoi - œil . qui i

danl long-tempe . i m>

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Ixau et ' t que le di

tabli, a l'exception (i

• lune douleur d'un carad rtîculier, et qui

se nul prii ment sentir lorsque le temps

i° De ce que la prunelle e>t noire, il en résulte que la catara

abattue, mais que le itré a été ménagé

dans l'opération, et qu'il co: ca-

rence naturelle i° De ce qu'elle est un peu ovale, on peut conclure que dans les différentes manœuvres que l'opérateur a été obligé de faire pour détacher la capsule du cristallin, à cause de la cohésion des couches extérieures de ce cavec cette capsule, il y a eu quelques-unes des fibres de l'iris qui ont été blessées: mais cet accident est si peu considérable, qu'il ne saurait apporter d'obstacle a la vision. 3° Il n'en est pas de même de l'immobilité de la prunelle : elle est un signe pathognomonique de 1 insensibilité des par- recevoir les impressions de la

lumière. 4° Le léger nuage qu'on aperçoit au bas

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?'i.? :. :rr : : ?-;-. :: - :"."". r - : - ; : •■.-:--. -~ des filets des serfs qaî se dJUiiil à k co*jooctiTe . et qm sont des raniâcatmas de La \m ■■

BICTIOB \ m i , < M \ l' i i | i il,

il survient des inflammations accompagnées de larmoiement et de douleurs qui se l«>ni sentir dans toutes les parties extérieures «lu ^I« >1 >«■ . <|ni on cupent même quelquefois les sourcils, l<- front, la tempe du même côté, <»u <|m s'étendent jus- ([ii. m périoste orbitaire et aiu membranes du cerveau, et causent des maux de tète insupportables, des insomnies,, des délires, des douleurs

vives et lancinantes au £ 1 de Pœil,des naus<

et plusieurs autres accidents dont la suite < >i < 1 1 naire est la perte totale ou une grande diminution de la vue.

l'ai <lit <|uc la rétine peut avoir été déchirée et foulée dans le temps de l'opération. Quand on a détaché la cataracte* la pratique ordinaire demande <|u "u renfonce au bas <i«' I humeur vitrée. Elle passe alors entre la rétine et la choroïde, et il peut arriver »|u<' la rétfne m>ii déchirée et entraînée avec le cristallin. La suite de cet accident, que l'opérateur le plus adroit ne saurait toujours éviter, est la perte de la vue. G° Dans le cas de menace d'abcès, on doit se borner à prévenir la suppuration des parties internes de l'œil, accident le plus à craindre dans cette maladie, et à dissiper l'inflammation, le larmoiement et les douleurs : l'art va rarement au-delà; il est insuffisant dans le cas du déchirement de la r<:line.

Or, comme M. B*¥* est nécessairement dans l'un ou l'autre de ces deux cas, et cju'il est enfin parvenu à être délivré des accidents dont son œil

DE LA CATARACTE. 35g

a été tourmenté pendant si long -temps, il s'ensuit qu'il n'a rien à espérer des secours de la médecine, qu'il n'y a aucune nouvelle opération à faire, et qu'il doit abandonner son œil à la nature, toujours plus puissante que l'art. Tout ce qu'il peut faire, pour l'aider, est de se servir avec beaucoup de circonspection de l'esprit-de-vin en évaporation.

Observation [\io.

Mémoire, 5 janvier 177$. — Madame de laT**% d'une très -bonne constitution, âgée de soixante ans, eut, il y a sept à huit ans, une faiblesse assez considérable dans la vue, qui ne dura que six mois et qui se passa sans faire de remèdes.

À la fin de novembre 1773, elle éprouva une faiblesse plus considérable : sa vue était si trouble, qu'elle distinguait à peine les objets, même de très-près, et n'apercevait pas du tout ceux un peu éloignés ; ils lui paraissaient jaunes. Elle croyait quelquefois voir des mouches ; elle sentait dans les yeux de la roideur et beaucoup de tension : la lumière la fatiguait. Cette faiblesse diminua un peu trois semaines après, mais sa vue n'est plus aussi bonne : elle croit voir un brouillard devant ses yeux; elle voit comme s'il y avait de la fumée dans les appartements qu'elle habite. Elle ne distingue que les objets placés près d'elle : ceux qui sont éloignés lui paraissent jaunes, et elle

8ZCTIOB VIII, CHAPIT11 i F ,

les tper< "ii confusément ; il semble même que m vin s'affaiblit de jour en jour. En novembre m l'année dernière, temps où «I faisait très-froid, .sa \nc .1 été affectée à-peu-près de la même manière qu'au mois de novembre précédent, un peu moins fort cependant , et elle commence a s éclair* cir. Rien ne parait changé dans ses veux, si M n'est que la prunelle n*esl pas tout-à-fait aussi nette qu'autrefois.

Il faut observer que Madame a toujours eu l'œil gauche très-faible, qu'elle est sujette depuis sa jeunesse à une migraine violente, qui n'a cessé de la faire souffrir que pendanl ses grossesses, ri qui aujourd'hui augmente le trouble «le sa vue quand elle en ressent les atteintes. Le grand froid fait presque le même effet ; mais elle supporte sans beaucoup de peine la Lumière artificielle et

celle du jour.

Madame de la T*4 * a considérablement pleuré pendant toute L'année 1773.

Réponse.

La faiblesse de vue que Madame éprouva à la fin de novembre 1773 ne peut être attribuée qu'aux pleurs abondants qu'elle a versés dans le courant de cette année. Les larmes trop fréquentes occasionnent dans la vue des brouillards, à cause de l'espèce d'infiltration qu'éprouvent les membranes, et sur -tout la cornée, par la macé-

ration continuelle qu'elle subit de la part de la sérosité lacrymale , dans laquelle elle est trop long-temps baignée.

Si l'on fait macérer dans de l'eau des yeux de bœuf ou de mouton récemment, tirés de leurs orbites, la cornée perd au bout de quelques heures une partie de sa diaphanéité, à raison des parties aqueuses qui s'introduisent par voie d'infiltration dans sa substance. Les pleurs trop fréquents produisent plus lentement, à la vérité, mais aussi sûrement le même effet; ce qui fait voir les objets comme on les aperçoit à travers un carreau de vitre qui serait un peu sale.

Extrait d'une Lettre en date du 18 juillet ' suivant :

Madame de la T*** vient d'avoir une seconde fluxion sur l'œil droit, semblable à celle qu'elle avait eue quelque temps avant sur l'œil gauche... Son œil a rougi à la suite d'un violent mal de tête, et elle est actuellement dans une situation bien triste. Elle y voit à peine à se conduire. On lui a appliqué un vésicatoire au cou et des cautères aux jambes : elle n'en est pas encore soulagée.

Réponse.

Sangsues auprès des yeux... Séton à la nuque. Il est à craindre qu'il ne se forme des glaucomes. Le régime ne saurait être trop exact.

Mi

l>:uzirnn Hhm

-.' ■■...>:.: ':■■..: y< .-..:■ '. .c.r Jt p» .y.,--. ■-. , ;.■-> .-

l'an, il do

de naturel T et peu <ie personne» e» pareil cas

364 SICTIOB I i i i , < ii \ I- 1 i n r 1 1 ,

prudent d'en tenter l'opération, parce qu'il \ ayail certitude qu'elle sérail inutile, et il ne sérail pas sage d'employer aucun des remèdes que l'on propose pour lâcher <!<■ remédier à La paralysie, parce qu'elle esl confirmée et aussi incurable que l'étaienl les cataractes elles-mêmes.

Observation Ja6.

Je vois une lois ou deux chaque année une • Lime Agée aujourd'hui de près de quatre-vingts ans, d'une forte constitution, à laquelle je donnai des soins avec mon père, il y a plus de vingt ans; elle avait alors des barres blanches dans les dcwx cristallins à-peu-près comme celles que l'on voit (pi. 3q, fig. 3): elles sont encore presqu'au même point, et leur augmi niation pendant ce long intervalle a été à peine sensible. Cette dame ;i conservé la faculté de lire; seulement elle est obligée d'approcher le livre.

Observation 4^7.

Une jeune personne de dix -huit ans se blessa l'œil droit avec une aiguille dont la pointe traversa la cornée et piqua le cristallin. Je la vis peu d'heures après l'accident, et trouvai l'œil à-peu-près dans le même état que celui qui est représenté pi. 31 , fig. 3.

Au bout de quelques jours la pupille paru! trouble; il se forma une cataracte. Je prescrivis une saignée du pied, une application de sang-

sues près de l'oeil, des fumigations aromatiques. Le trentième jour, le cristallin commença à fondre. Il disparut en quatre mois, et la pupille étant redevenue noire, la jeune personne recouvra la vue de cet œil. Elle en lit avec un verre convexe.

Observation [\i§.

J'ai opéré, il y a dix-sept ans, de la cataracte à l'œil droit M. B***, juge à Amiens, âgé alors de soixante -deux ans, de constitution pléthorique et de haute taille. La capsule avait une tache centrale que je dessinai (pi. 22, fig. 2) avant que le cristallin fût devenu opaque. Après l'incision de la cornée, je lançai plusieurs fois dans la pupille autour de la tache la pointe du kystitôme de Lafaye, selon la méthode que j'ai adoptée pour ces cas particuliers, heureusement très-rares: la pointe de la lame n'excédait la gaine que d'un quart de ligne. Le cristallin sorti , le point blanc central resta dans la pupille; mais avec de petites pinces je le saisis; et comme il ne tenait que par très -peu de points, à cause des incisions faites par la pointe du kystitôme , il fut extrait dès le premier essai.

La planche 3, figure 3g, représente (pour la pupille seulement) l'œil de M. B***, un mois après l'opération.

Au bout de quatre mois, un nuage parut dans la pupille, et la vue s'éclipsa pour quelques se-

s i i i i <> n \ i i i , < il \ I- 1 i r. i m,

maiiies, après lesquelles le nuage eommençi s'éclaircir : il disparut peu -à -peu, et la pupille redevint nette, mais en conservant quelques tra* ( es des taches représentées par la figure, qui n'ont pus empêché M. I'»'" de jouir d'une bonne vue.

Observation \iq.

M. 1'"', âgé de vingt-cinq ans, d'un tempéra* ment lymphatique, fui opéré, à l'Isle-de -France, de la cataracte a l'œil gauche par extraction: à

la suite de celle opération, !«■ globe, après les douleurs les plus \i\es, prit à- peu-près La forme <le celui que l'on voit pi. Go, fig. 3. Il \ int à Paris. Dans une consultation qui eut lieu entre M, \li-

bert et moi, nous jugeâmes que l'on pourrait extraire une cataracte qu il avait à l'œil droit. Au moment de déterminer le jour de L'opération, le malade éprouva un refroidissement subit après une marche forcée. Le lendemain l'œil était rouge et douloureux, la pupille avait triplé de largeur, et tout espoir était évanoui : la rétine était complètement paralysée.

Observation /j3o.

Lorsque l'amaurose n'est pas complète et qu'il se forme une cataracte, on peut espérer qu'après l'extraction du cristallin et par l'exercice de l'œil, cet organe reprendra assez de force pour s acquitter plus ou moins parfaitement de ses fonctions. Je saisis quelquefois les occasions qui se présen-

tent de faire ces opérations, qui offrent l'apparence d'un succès équivoque, pour avoir des preuves nouvelles que souvent Famaurose est due à une désorganisation du corps vitré , ou qu'au moins elle est accompagnée par ce symptôme.

Madame T**% fermière à Ogne, près IXanteuille-Haudouin, âgée alors de cinquante ans, d'un tempérament lyrnphatico- sanguin, vint à Paris, en 1794, pour consulter mon père. Nous trouvâmes une amaurose imparfaite à son œil droit, et le résultat du traitement fut un rétablissement très -incomplet de la vue de cet œil. Deux ans après, il se forma une cataracte; nous l'engageâmes à prendre plusieurs avis, qui tous se réunirent pour ne point faire l'opération, la pupille de cet œil ayant conservé de la dilatation et l'autre étant très-sain. Le cristallin de ce dernier se troubla au commencement de i8i5. La cataracte était à moitié formée, lorsqu'elle vint me demander, en juillet de la même année, de tenter quelque cbose pour l'œil droit, dont la cataracte, compliquée d'amaurose imparfaite, datait de vingt-un ans. Je l'opérai le 6 août. L'incision de la cornée faite, le cristallin descendit derrière l'iris. Le corps vitré avait perdu de sa consistance; il en sortit un flot. Une légère pression , faite avec l'extrémité du doigt médius de la main gauche, sur la pau<pière inférieure et la partie correspondante du globe , fit paraître le cristallin derrière la pupille. J'introduisis jusqu'à sa face postérieure la

\68 BBCT1O0 \ m i , < 11 \ i> i r i; i i i ,

pointe «!«• l'aiguille pi. i 'i, 6g. » , el , par un mou vemenl de l'extrémité du manche \<is la partie postérieure <l<- la tête de la malade, j<" f i >. sortir <!<■ la pupille la pointe, qui entraîna avec elle !<• corps opaque, à-peu-près comme <>n ôte un noyau de I intérieur dune cerise avec la pointe d'une épingle i il sortit encore un peu du corps vitré. Pour éviter mie nouvelle perte, je ne laissai point la malade faire l'essai de sa vue, oui, dix jours après, .se trouva très-faible; mais, au bout d un an, elle avait tellement gagné par l'exercice, qu'au moment OÙ j'écris, Madame I""* n'a atieun désir de recouvrer l'usage de l'autre oeil, dont la cataracte est entièrement formée. Cependant sa vue n'a pas tout-à-fait la force que semblerait annoncer l'état de son œil.

Observation 43 i.

On n'obtient pas toujours un résultat aussi favorable dans ees cas douteux.

J'ai opéré, le a3 mars 1797, M. de C***, âgé de soixante - huit ans, de faible constitution, qui avait l'œil gauche fondu. Le droit conservait un peu de sensibilité à l'impression de la lumière. La pupille avait le tiers environ de son mouvement de resserrement et de dilatation. Cette amaurose imparfaite et la cataracte dataient à-peu-près d'un an. Le corps vitré n'était point désorganisé, et l'extraction du cristallin opaque fut faite aisément. A la levée de l'appareil, l'œil se trouva sans

DE LA CATARACTE. 36o,

vue; il était très -sain en apparence : la pupille prit même assez de mouvement six mois après. Cependant le malade ne distingua rien ; l'amaurose était complète : tous les remèdes furent inutiles.

Observation l\?>i.

M. L**% âgé alors de cinquante ans, de petite taille, d'un tempérament sanguin, robuste et bien constitué, eut, en 1809, une amaurose à l'œil droit; on lui fit passer un séton à la nuque : il prit vingt fois l'émétique dans l'espace d'une année, et on ne négligea aucun des autres moyens consacrés à combattre cette affection. On obtint quelques résultats favorables ; la vue revint assez pour que M. L/**'pût lire en approchant le livre très-près. En 1812, il se forma une cataracte, et malgré le peu de probabilité de succès qu'elle présentait, je consentis à en faire l'extraction. L'opération fut faite en avril i8i3 : le corps vitré était sain; la pupille parut moins mobile après l'opération qu'elle ne l'était avant. Cependant le malade vit assez de cet oeil pour se conduire seul. Il y avait un commencement de cataracte au gauche : à mesure que cette cataracte augmentait, la vue de l'œil opéré s'améliorait , et enfin il était en état d'en lire, d'une manière à la vérité imparfaite, lorsque je lui fis l'extraction de la cataracte au gauche, le i5 mai 18 16, en présence de M. de Montaigu, mon collègue, médecin de

s i ( i i «) > \ m i . < il \ P i i r. i m,

l'Hôtel Dieu, ami el médecin de M. 1/". Depuis le rétablissement de la vue dans ce dernier œil, le (li m i .1 pris plus d'action. Je n avais poinl traité M i."\ m iSdi), de s,"i .iiii.iiiiu.se, ci je n'ai pas su précisément jusqu'à quel poinl la rétine fui ali >rs affectée.

Observation 433.

Le a mai t8i4« j'ai opéré Madame B*** de la cataracte aux deux yeux par exl raction ; elle était a de cinquante-deux ans, grande, forte et bien constituée. Je lui avais donné des soins trois ans avant pour une ophtalmie interne à L'œil gauche, pendant la durée de Laquelle Les symptômes furent équivoques, à cause de la forme irrégulière que la pupille affei ta, au point de faire croire d'abord ,i une amaurose imparfaite. Le traitement en fut assez heureux; el , Lorsque Les cataractes se formé* rent , L'œil droit fut le premier malade. ( Cependant madame B**" n'a pu Lire aisément du gauche qu'au printemps de 181G.

Observation 434- Extrait du Journal de mon Père, le •>. 5 juin 1766.

Mademoiselle D***, de Beauvais, d'une taille médiocre, assez grasse, d'un tempérament sanguin, âgée de cinquante-huit ans, a perdu depuis long-temps la vue de l'œil droit par une paralysie. Elle a été opérée d'une cataracte au gauche,

en 1 739, par le dernier Saint-Yves. Huit ans après, cet œil fut attaqué de paralysie, et guéri par le même... Rechute il y a un an... Aujourd'hui elle est presque entièrement aveugle par deux gouttes sereines.

Madame B***, épicière à Molliens, près Grandvilliers, d'une constitution faible et nerveuse, fut opérée heureusement de la cataracte par extraction, à l'âge de trente ans. Peu après, la vue de cet oeil se perdit par une amaurose; au bout de quatre ans, cette maladie se forma à l'œil gauche. Elle vint à Paris. Je lui fis subir un traitement dont le résultat fut le rétablissement de la vue de ce dernier œil. Elle, en vit pendant deux ans, après lesquels il se forma une cataracte, qu'on reconnaissait à la seule inspection pour être évidemment molle. Elle était protubérante, et poussait dans la chambre antérieure la partie moyenne de l'iris : la pupille avait peu de mobilité. Je craignis que la rétine ne se fût affectée de nouveau; mais il parut, par le résultat, que la protubérance seule de la face antérieure du cristallin était cause de la diminution de la mobilité de l'iris; car la vue fut parfaitement rétablie , lorsqu'en juin 1 806 j'eus extrait la lentille opaque dont la surface extérieure était liquéfiée , ce qui formait une cataracte en partie laiteuse; j'eus besoin de beaucoup

s i ( PIOH 1 i M p CHÂPITB1 M,

«lai lent mu pour éviter de toucher l'iris, en pratiquant l'incision <!<• la cornée

( )n \ oii , dans cette observation rare, une opéra* tion heureuse de cataracte, suivie bientôt d'une sniaurose ; cette dernière maladie formée à L'autre nil, guérie, et suivie d'une cataracte molle.

Observation 436.

Je v;us comprendre sons le même numéro quelques observations d'une date assez récente, et qui donneront une idée <!<• certaines circonstances (|ni me déterminent, lorsque j*- les rencontre, à exécuter l'abaissement plutôt que l'extraction: beureu8emenl elles se trouvent rarement. J'invite ceux qui n'opèrent que par extraction ;i m- point changer, pour un cas qui soit de- la règle commune, celte méthode qui est préférable a l'autre, et je réussis souvent par L'extraction comme par rabaissement, Lorsque je rencontre des taches sur la cornée, des phlcgmasies chroniques des glandes des paupières, ou une obstruction du conduit nasal.

M. Crou, médecin de l'Hotel-Dieu de Sens, m'a adressé, dans Tété de 1816, M. Au***, tisserand à la Chapelle-Champigny, Madame IJo***, Mademoiselle de Bour***.

M. Au***, âgé de soixante ans, d'un tempérament sanguin, était resté aveugle depuis six ans, parce qu'il avait mal interprété ce qui lui avait été dit, qu'il fallait ne pas voir pour être opéré.

Il avait entendu qu'il était indispensable de ne pouvoir plus même apercevoir la lumière. On lui avait annoncé que, par l'effet de ce long délai, ses cataractes avaient contracté des adhérences, notamment la plus ancienne, qui datait de huit ans ou environ , et on lui conseillait l'abaissement à cause de la petitesse des pupilles. Je ne trouvai aucune adhérence en faisant l'extraction de ces cataractes , qui fut heureuse et suivie du prompt rétablissement de la vue des deux yeux.

Madame Bo**% âgée de soixante -dix -sept ans, d'un tempérament lymphatique , avait , depuis deux ans, une violente céphalalgie, qui ne lui laissait que peu de repos. Lorsqu'elle augmentait, la malade ne pouvait dormir qu'assise sur son lit. Cette phlegmasie habituelle des membranes du cerveau, qui existait antérieurement au mois de février 1814, avait été beaucoup augmentée à cette époque par un saisissement violent.

M. Vial, ancien chirurgien de l'Arsenal, avait connu le tempérament de la malade à une époque où elle habitait Paris ; son opinion fut que l'opération par extraction présenterait moins de chances de succès pour le rétablissement de la vue de Madame Bo***, qUe l'opération par abaissement , attendu le mauvais état de sa santé , entièrement dérangée par une fièvre bilieuse dont elle fut attaquée à son arrivée à Paris, et pendant le cours de laquelle il venait de lui donner des

*. i . i Mi % \ i i i , < RAP1TB1 II ,

soins. Je me rangeai .1 cet avis, et j'abattis l«- crisi.iMin de l'œil gauche , l<- seul qu il s'agissait d'opérer. Cette opération, exécutée en quinze secondes, en présence de M. Vial, n'excita pas Li plus Légère douleur; la pupille resta noire aussitôt après, Madame Bo*** distingua les pins petits objets , et n'eut pas d'inflammation à l'œil pendant Les buil premiers jours; mais la céphalalgie augmenta vivement, et le paroxisiqe d'augmentation dura trOlS semaines a\<c insomnie :

une légère phlegmasie se déclara à l'œil opéré

pendant la Seconde et la troisième semaine, et tt'eut aucune suite. I .a \ ne est Icllemeii! rétablie, que .Madame Ho'" ne SOnge point a se faire

opérer L'autre œil.

Mademoiselle de BOUI '. âgée de soi \ante - un

ans, d'une constitution affaiblie par les maladies, avait, depuis L'enfance, à la suite de la petite-vérole, une tache sur la cornée de l'œil droit : < 1 1 œil était sujet à des ophtalmies légères qui revenaient périodiquement à des intervalles éloignés, et se manifestaient d'une manière plus marquée, et presque de deux en deux mois, depuis un an, époque de la formation de deux cataractes.

Elle est retournée à Sens le vingtième joui de l'opération que je lui fis, par extraction, à l'œil gauche et par abaissement au droit: la a ne est bonne aux deux yeux, cependant plus forte au gauche qu'au droit, par l'effet de la tache qui.

pour la situation, l'épaisseur, et l'étendue, ressemble beaucoup à celle de la figure 3 , planche il\.

Au mois de juillet 1816, j'ai opéré, par extraction , à l'œil gauche , et , par abaissement , au droit, Madame M***, âgée de quatre-vingt-deux ans , de constitution faible et nerveuse , dont le pouls était intermittent, peut-être par un commencement d'ossification des vaisseaux. Elle avait eu, cinquante ans avant, une tumeur lacrymale qui s'était ouverte après les plus violentes douleurs, et on n'avait obtenu qu'un rétablissement imparfait. Le conduit nasal était obstrué , et l'œil toujours mouillé de larmes ; motif qui me détermina à préférer l'opération par abaissement de ce côté. Tout se passa bien d'abord. L'œil gauche , opéré par extraction , était en bon état le dixième jour; mais une phlegmasie interne, qui s'était établie dans le droit, dès le troisième jour de l'opération , augmenta d'intensité , et s'étendit au gauche, accompagnée d'une céphalalgie qui ôtait le sommeil à la malade. La pupille de l'œil gauche s'est fermée , en grande partie ; celle de l'œil droit l'a été entièrement, et malgré les remèdes, que son grand âge a permis d'employer, la malade est restée dans un état voisin de la cécité. Lorsque j'opère, par extraction, un œil affecté de larmoiement, dont la cause est une obstruction du conduit nasal, je recommande au malade de rester assis dans son lit, pendant les

■ ■ > SECTION VIII, CHAPITftl i I ,

premières vingt-quatre heures, pour faciliter li sortie des larmes. I .ii tenu note d'une trentaine de cas de ce genre, dans lesquels le résultai a été heureux. I ai eu aussi des non-succès. En général je redoute cette complication!

Observation ]'>-

M. P***, de Ronfleur, âgé de soixante-dix ai d'un tempéramenl lymphatico-nerveux, vint me

trouver au llà\rc, ou (axais été appelé < • 1 1 avril

i8i3. Je devais eu partir le lendemain; il désira

être opéré j)ar abaissement. L'opération lut simple et heureuse. Malgré mou conseil il retourns par mer à Ronfleur, quarante-huit heures après l'opération. La vue était déjà bonne. Une commotion qu'il éprouva dans le bâtiment la lui fit perdre subitement : il se trouva aveugle en débarquant. M. Flahault, chirurgien en chef <l< l'Hôtcl-Dieu de Honfleur, et parent du malade, m'écrivit que les cataractes étaient remontées, et obstruaient complètement les pupilles. Nous laissâmes passer le reste de l'année , parce que M. P*** fut malade à son retour, et j'allai à Honfleur l'opérer. Je fis ces deux opérations en présence de M. Flahault. Le cristallin, à chaque œil, suivit le bistouri. A peine l'incision était-elle terminée, que la lentille opaque tomba sur la joue. La vue de M. P*** est très-bonne des deuJ yeux.

Observation 438.

Son Altesse royale Monsieur me fit l'honneur de me recommander, en août i8i5, M. le maréchal-de-camp p***5 âgé de soixante -huit ans, de forte constitution , aveugle depuis deux ans , époque à laquelle il avait été opéré, sans succès, de l'œil gauche. L'extraction du cristallin avait été suivie d'accidents inflammatoires , qui , en s'étendant à l'œil droit , et jusqu'à ses membranes intérieures , avaient donné naissance à quelques adhérences entre le bord libre de l'iris et la capsule du cristallin, notamment à la partie inférieure de la pupille , comme on le voit dans la figure 2, planche 19, dessinée par moi avant l'opération, que 'je fis au mois de juin 1816. L'incision de la cornée exécutée ,' je fis passer , entre la capsule et le bord de l'iris, à la partie inférieure de la pupille, la pointe de mon kystitôme (pi. i4, fig- 7 et 9) en la dirigeant moins vers l'iris que vers la capsule, qui fut ouverte par ce mouvement. Le cristallin opaque sortit aisément , et laissa la pupille fort noire. Elle n'a conservé aucune irrégularité. Je me suis trouvé heureux, quelques jours après, de pouvoir, au lever du Roi , rendre compte à Sa Majesté du rétablissement de la vue d'un de ses plus fidèles serviteurs.

>7'^ m < J i 0 '< VIII, Cil API TR] M,

Observation 43q.

rai opéré, en 1800, le sieur C***, de Thorigny, âgé de vingl ans, d'un tempéramenl lymphatique, et de haute taille, aveugle de naissance. Les pu* pilles étaient très-mobiles avant l'opération, et cependant les rétines se trouvèrent paralysées. \|»ics la sortie des cataractes, qui étaient laiteuses, et dont la matière s'écoula promptement, il ne distingua rien ; ce ne fui qu'au bout de plusieurs mois qu'il commença à pouvoir se conduire seul. J'ai trouvé plusieurs cas analogues chez des aveugles de naissance. On doit être trèsréservé dans le pronostic de ces sortes de cataractes, même lorsque les apparences sont favorables.

Observation u<>.

11 y a vingt ans, je fis L'opération «le la cataracte à l'œil gauche d'une fille de dix-sept ans, d'une constitution très -débile dès son enfance. Elle était aveugle depuis l'âge de quatre mois. L'œil droit était atrophié. Je ne lui présentai aucun objet après la sortie du cristallin : l'œil fut couvert sur-le-champ. On la tint dans une chambre très-obscure. Le vingtième jour, je lui levai l'appareil dans le cabinet de M. Charles, physicien , en présence de M. Portai. Elle reconnut que M. Charles était plus grand qu'un jeune élève de M. Portai , quoiqu'on eût Eût placer ce dernier beaucoup plus près d'elle. Elle

reconnut aussi, sans le secours du toucher, qu'un livre était plus gros qu'un autre ; M. Portai la fit approcher d'une glace située sur une cheminée; ayant été arrêtée par le chambranle, elle devina que c'était son image que la glace réfléchissait , parce qu'elle savait qu'il y avait aussi une glace sur la cheminée de sa mère ; elle prit plaisir à examiner sa figure, exercice qui fatigua son oeil, et le fit pleurer. Les expériences furent suspendues: le sur- lendemain , elles furent reprises, dans le même cabinet, en présence de M. Portai , et de^RM. Charles, frères. Elle ne put distinguer, sans le secours du toucher, un cube d'avec une sphère ; une paire de ciseaux d'avec un couteau ; une clef d'avec un étui. Aussitôt qu'elle eut reconnu ces objets, à l'aide du tact, elle les nomma sans hésiter et à plusieurs reprises , quoiqu'on eût soin d'intervertir* l'ordre dans lequel on les lui présentait. Elle s'écria qu'elle se voyait dans une glace : c'était un écran à pied qu'on dérangea de manière qu'il lui renvoyât l'image d'une femme âgée. Elle eut de la peine à comprendre comment l'image qu'elle appercevait n'était plus la sienne. L'œil ne fut pas en état de continuer les expériences , qui devaient être reprises trois jours après ; mais elle fut si empressée de jouir de sa vue, que, dès le sur-lendemain, elle connaissait à -peu -près tous les corps qu'on aurait pu lui présenter.

Cette jeune personne, avant le rétablissement de sa vue, exécutait des ouvrages que l'on regar-

)<Sn BECT10D \ m i , CB \ i* i r n r II,

(l;ni comme des chefs-d'œuvre «le couture: l"iqu'elle vit, il lui fallut faire un apprentissage; même les paupières fermées, elle ne- pouvait plus coudre que 1 1 es -mal.

Observation \ \ i .

M. <;*", de Chartres, bien constitué, eut, à Page de liuit ans, la cornée de l'œil gauche ou* verte par un éclat de boisqui blessa !<• cristallin. Ce corps <1<'\ int opaque dans le mois suivant, et la pupille resta allongée du côté de la blessure. 11 y eut adhérence de llris v#s < e point , à la face concave de la cornée. Cinq ans après, je fus appelé à Chartres; j'y retournai au bout de huit mois.

Ce qui suit est l'extrait d'une lettre que j'écYivis à mon père, lors de mon second voyage.

« Je vous ,ii parlé au mois d'août dernier, dans une de mes lettres, d'un jeune garçon de treize ans, qui agita tellement son œil, que, la cornée à peine entamée par la pointe du bistouri, l'humeur aqueuse s'écoula ; l'état de déplacement dans lequel était l'iris , me détermina à ne pas continuer avec le même instrument la section de la cornée que je me proposais de faire à sa partie latérale externe: j'introduisis, dans la chambre antérieure , la pointe d'une des branches d'une paire de ciseaux courbes sur le coté, qui ohm H la capsule du cristallin, dans un mouvement, brusque du globe. La cataracte était solide, car il ne parut qu'une très-petite quantité de mucus

blanchâtre : l'enfant se refusa alors à toute tentative ultérieure. De vive voix, je vous ai fait connaître depuis, que , pendant les trois semaines suivantes , le cristallin avait fondu de près de moitié, que j'espérais qu'il fondrait entièrement, et que le malade commençait à cette époque à entrevoir les objets. Cette année, j'ai trouvé la cataracte totalement disparue, la pupille noire, et le malade voyant bien avec un verre convexe. On n'a rien fait pour obtenir ce résultat, qui a été le fruit des seuls efforts de la nature. M. Philippe, oncle, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu, qui m'a tenu la paupière supérieure , est étonné de la promptitude avec laquelle le cristallin a été absorbé. Je vous envoie le dessin que j'ai fait de

l'œil , dans l'état où il est actuellement »

(planche 48, figure i).

Observation 442-

M. l'abbé C¥**, âgé de soixante-neuf ans , d'un tempérament sanguin , prêtre habitué, depuis vingt-cinq ans, de la paroisse Saint-Roch, avait eu des ophtalmies internes, dues à un principe goutteux, qui étaient revenues périodiquement pendant plusieurs années. De petites adhérences s'étaient formées aux deux yeux entre le bord libre de l'iris et la capsule du cristallin (pi. 37, fig. 1) , qui était devenue opaque dans les points correspondants à ces adhérences. Ces points étaient peu étendus : j'annonçai que les cristallins perdraient leur transparence ; ce qui arriva

BECTIOfl \ i i i , ( il \ •■ i i i. i m,

deux &ns après. L'opération étant devenue indispensable; pour en assurer le su< es, je lis in- Btillcr dans chaque œil , * I < • ; i x fois par semaine, pendant plus d'un an, quelques gouttes d'un mélange d'eau el d'extrait de belladone. Les papilles se dilataient chaque fois, sur-toul poui un jour <>ii <lcn\, el le résultai de ces efforts répétés lui une telle diminution des petites adhérences, qu'elles furent détruites, au moment de l'opération, par le seul passage des lentihV travers les pupilles. La vue de M. ('."' a été parfaitement rétablie ; cependanl on voyail quelques petits points dans les pupilles, qui avaienl conservé un peu d'opacité , à-peu-près comme 6g. a, pi. 16. Les pupilles, sur-toul celle de l'oeil gauche, n'étaienl poinl entièrement rond

Observation \ ] '>.

Ce n'est pas l'ancienneté de l'opacité du cristallin qui fait contracter des adhérences à ce corps, OU plutôt à sa capsule : la plus léfi phlegmasie interne est bien plus capable de produire cet effet, qui se rencontre beaucoup plus rarement qu'on ne le croit.

M. h***, âgé de soixante -dix -sept ans, doué d'un tempéra meut spasmodique et sanguin, avait reçu, à l'âge de sept ans, un coup sur l'œil droit; il s'y était formé une cataracte : on avait désiré la faire abattre, lorsqu'il eut atteint l'âge de vingt ans; mais elle fut alors jugée adhérente, et on

décida qu'il ne fallait point y toucher. Une blessure, causée par un éclat de bois, lui fit perdre le gauche , il y a quinze ans. Deux heures après la blessure, je trouvai le cristallin et le corps vitré engagés entre les paupières , de manière à ne laisser aucun espoir de conserver même la forme du globe. Je n'y touchai point; et, selon ma méthode, je fis couvrir l'œil d'un cataplasme de mie de pain et de lait, qu'on renouvela six fois par jour. M. L*** fut saigné du pied , et mis à une diète modérée. Six semaines après, je fis l'extraction du cristallin de l'œil droit, qui était opaque depuis soixante -dix ans : je n'ai pas trouvé la plus faible adhérence. La vue a été rétablie au point que M. L*** vaquait assiduement, et comme avant, son accident, aux affaires de son gendre , architecte très-employé.

Observation 444-

J'ai été appelé à Bruxelles, au mois de mai 1806. J'y ai opéré de la cataracte aux deux yeux, en présence de M. Lambert, chirurgien en chef de l' Hôtel-Dieu, M. Morel, quincaillier, âgé de quatre-vingt-douze ans , de forte constitution. Il avait le cristallin de l'œil gauche opaque depuis quatre-vingt-quatre ans, par l'effet d'un coup de balle qu'il avait reçu à Toulouse, lieu de sa naissance. Cette cataracte n'était point adhérente; mais elle avait pris la consistance de la corne : il vit très-bien de l'œil droit, et très-peu du gauche , dont la pupille resta un peu terne. Elle

. mS '| SKCTIOB VIII, C HAUTE] i i ,

avait eu de I.i peine à se dilater, pour laisser passer ce corps solide, dont !<• volume paraissait d'autant plus considérable, que les cornées du malade étaienl naturellement très-petites.

Observation \ \ 5.

\1. I"'', chirurgien résident d<- la maison royale <!<• Saint -Denis, âgé de soixante- neul ans, d'un tempérament nerveux et sanguin, avait une cataracte complète à l'œil droit. Le cristallin du gauche commençait à s'obscurcir. .!<• trouvai, le ■>i> décembre 1816, L'opacité doublée depuis quinze jours, époque <i<- ma dernière visite à cette maison. Il me demanda de lui faire I opération au\ deux yeux, quoique la moitié extérieure de la lentille fût encore transparente , et la vue <!<• cet œil passable, lorsque la faiblesse de la lumière permettait à la pupille <!<• se dilater. Quelques amis, très -éclairés, avaient beaucoup insisté auprès de M. T*-** pour que l'opération fût faite par abaissement : j'avertis que je ne pourrais employer la dépression que du côté droit ; mais qu'il fallait extraire le cristallin de l'œil gauche, puisque le malade se refusait positivement à attendre son entière opacité. Je commençai par faire cette extraction. La pupille parut noire; mais, .ayant remarqué que la lentille, dont le centre seul était opaque, n'avait pas son volume naturel , je portai la curette sous la cornée, et j'olai un fragment assez considérable de la couche extérieure du cristallin, à travers lequel

M. T*** avait bien vu les plus petits objets , mais il les vit plus distinctement après. Il se décida , sur-le-champ , à me demander , pour l'œil droit , l'emploi de la même méthode , vers laquelle il savait que je penchais. L'opération fut aussi heureuse, et il serait difficile de trouver quelqu'un opéré de la cataracte qui vît plus distinctement des deux yeux que mon estimable collègue.

Observation 446.

M. l'abbé Q***, âgé de soixante -dix ans, trèsreplet et d'une constitution lymphatique , avait deux cataractes complètes depuis un an. Je lui fis l'extraction de celle de l'œil droit, il y a dix-huit ans, en présence de M. Lebreton, chirurgien-accoucheur, qui m'apprit le lendemain que notre opéré, entraîné par son zèle ardent pour les fonctions de son ministère, s'était livré, dans les vingtquatre heures de l'opération, à des applications de l'esprit qui avaient beaucoup fatigué l'œil opéré. La cicatrice , non encore consolidée , se rouvrit et donna passage à l'iris, qui, le dixième jour après l'opération, formait une tumeur double pour la grosseur de celle représentée pa^ îa pi. 32 , fig. 3. Je ne fis rien , selon mon usage. Elle grossit d'un tiers environ pendant les huit jours suivants, parce que la rougeur de la conjonctive augmenta; puis elle diminua peu-à-peu : il n'y en avait plus de traces au bout de six semaines. La pupille

SECTIOH \ i i i , ( il \ ci i i; i i i ,

resta un peu allongée pi. 36, fig. 3 , mais la vue ii .h fui pas moins bonne.

Observation m 7.

Madame I)*", âgée de cinquante-cinq ans, d'un tempérament bilieux, étail aveugle depuis six ans, pendant lesquels elle avait essayé, sans aucun relâche, tous les moyens qu'on lui avait indiqués pour fondre, disait-on, au moins une de ses deux cataractes, et ce fut sur-tout l'oeil gauche auquel elle lit éprouver le plus assidûment l'impression de divers moyens irritants, notamment pendanl 181 4, 181 5 et les premiers six mois de 181G. Je lui fis l'extraction de ses deux cataractes en ;ioùt suivant : M. le docteur Brissel voulut bien lui donner quelques soins à la suite de ces deux opérations. La vue fut d'abord très -bonne des deux yeux; le gauche resta cependant un peu rouge pendant un mois, après lequel cette phlegmasie, devenue chronique, s'étendit au tissu de l'iris; la pupille devint irrégulière, mais sur-tout plus étroite, et un nuage augmenta lentement dans la cornée, au point de cacher la pupille et de priver madame D*¥* de la vue de cet œil. Nous n'avons rien fait pour combattre cette maladie, qui s'est dissipée peu-à-peu, et madame D**% au bout de six mois, en voyait très-bien.

Observation 448-

Le nommé H***, portier, avait été opéré sans succès, de la cataracte à l'œil gauche, qui s'atrophia; il me dit qu'après la sortie du cristallin opaque, on avait été obligé d introduire la curette à six ou sept reprises pour enlever des matières qui obstruaient la pupille. Je l'opérai de l'oeil gauche, et, craignant la même terminaison, je ne passai qu'une seule fois la curette sous la cornée pour ôter seulement un fragment assez apparent de la couche extérieure du cristallin. Il vit : cependant la pupille n'était pas d'un noir bien franc, et il était facile de voir qu'il y avait encore un peu de mucus. L'extrême agitation de l'œil me décida entièrement à confier quelque chose à la puissante action du système absorbant. Le septième jour, un peu de mucus gênait la vision : cette gêne fut plus marquée un mois après. Ensuite l'œil s'éclaircit , et , sans jouir d'une vue excellente , le malade vaquait à ses affaires. Six mois après, on voyait dans la pupille ce qui était resté de mucus situé sous un pli transparent de la capsule. Cette matière s'élevait au haut de la pupille lorsque l'œil s'élevait, et lorsque cet organe était sans mouvement, on voyait ce nuage blanchâtre descendre lentement pour remonter au moindre mouvement du globe vers un point élevé. Le malade voyait monter et descendre ce qu'il appelait son ombrage; quand

BECTI09 \ n i , CBAPIT1I il,

l'œil était immobile, il l<- voyait descendre; ce qui

DrOUVe, contre de graves opinions, que les 61a-

iik-mi s qui paraissent voltiger devant les yeux d'un grand nombre de personnes, descendent effectirement, comme ils semblent !»• faire lorsque les yeux sont fi\<s ci sans mouvement pour quelques instants.

Observation \ ')<».

J'ai été cliargé, par la Société de Médecine de Tans, de faire un rapport sur l'observation suivante, qui lui avait été adressée au mois de décembre 1 8 1 6 : le Mémoire et le rapport ont été insérés dans le Journal de la Société, rédigé par mon savant et laborieux collègue M. Sédillot, toin. LIX , n° a45, pag. 72.

« Observation sur un cristallin qui a passé par la pupille dans la chambre antérieure de Vœil droit, à la suite de céphalalgies violentes et chroniques , par J. F. Frébault, chirurgien en chef de V hôpital de Nevers, docteur en médecine de la Faculté de Paris , professeur particulier d'anatomie.

« Dans le courant du mois d'avril dernier, Madame***, âgée de trente-cinq ans, bien constituée, m'exposa que depuis environ cinq ans elle éprouvait des maux de tète périodiques, suivis de rougeurs et de sensibilité à l'œil droit. Plusieurs médicaments indiqués par divers chirurgiens ayaut

DE LA CATARACTE. 38o,

été employés sans succès, cette dame avait jugé à-propos d'aller à Paris pour y consulter M. Demours, qui l'assura qu'elle avait une cataracte commençante, lui conseilla de pratiquer un exutoire au bras, et prescrivit en outre d'autres moyens qui, continués avec persévérance, procurèrent du soulagement. Cependant vers le commencement de novembre i8i5, la céphalalgie se manifesta avec une nouvelle violence , et fut accompagnée cette fois d'une douleur si aiguë dans l'intérieur de l'œil droit, qu'il semblait à la malade qu'un corps étranger traversait la totalité de l'organe. Cette douleur ne fut pas de longue durée ; mais il lui succéda une gêne singulière dans les mouvements ,du globe ; ce qui fit présumer à Madame qu'un corps étranger avait pénétré dans l'œil et qu'il y séjournait. Les douleurs avaient d'ailleurs presque entièrement disparu depuis cet événement extraordinaire. Plusieurs hommes de l'art ayant été consultés , les avis furent partagés sur la véritable cause de cette affection.

«Je m'informai exactement si la malade n'avait pas reçu quelque coup ou blessure à l'œil, si elle n'avait point éprouvé quelque affection cutanée ou autre maladie grave. J'appris seulement qu'à l'apparition des douleurs, Madame avait été atteinte d une fièvre aiguë d'un caractère dangereux. Ayant ensuite procédé à l'examen de l'œil affecté, je reconnus facilement qu'un corps blanchâtre , dont une petite partie était encore enga-

m)o | i . i i o I VIII» CHAPITRE II,

géc dans ta pupille, se trouvait placé dans 1» chambre antérieure. Sa forme, sa couleur »'t son volume, me firenl juger que c'était !«■ cristallin qui avait franchi L'ouverture de I;» pupille PI. ai, figure a). Un officier <!<■ santé, qui accompa* gnait la malade, et M. Thomas, jeune médecin, mon ami, partagèrent mon opinion. Nous con* vinmeB ions trois que le moyen Le plus sur et Le plus prompt de guérison était L'extraction du cristallin, devenu corps étranger. .!<■ prévins La malade que cette opération, peu douloureuse , était indispensable, et que les résultats o en pouvaient être <|iic favorables, soit pour calmer les douleurs, soit pour foire cesser la cécité; L'organe était d'ailleurs parfaitement sain. Madame consentit à cette opération, qui fui cependant encore différée par son état <le grossesse avancée el pai quelques accidents inflammatoires survenus à l'œil malade. Des moyens convenables ayant été employés avec succès, je procédai à l'opération par une incision à la cornée. Celte section était à peine terminée, que le cristallin sortit avec faci lité, et tomba sur la joue de la malade. Ce corps était blanchâtre, assez consistant, d'une grosseur ordinaire. Cette dernière circonstance est d'autant plus remarquable, qu'avant clé isolé de son chaton et plongé pendant plus de six mois dans l'humeur aqueuse, il aurait dû naturellement s'\ dissoudre.

«Du reste l'inflammation de l'oeil n'eut aucune

DE LA CATARACTE. 3g 1

conséquence fâcheuse , et les résultats de l'opération furent aussi heureux que je l'avais présumé. »

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