‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 113 sur 154 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

les vaisseaux absorbants entrent en action , s'exercent sur la matière de l'épanchement d'où dépend l'albugo , et la cornée reprend sa transparence. Cette membrane a d'ailleurs beaucoup d'affinité avec les ligaments : douée de peu de vitalité, et dépourvue de vaisseaux sanguins, ce n'est que lorsqu'elle est enflammée qu'elle manifeste des signes évidents de sensibilité ; dans cette membrane , comme dans les parties ligamenteuses, l'inflammation est lente à se résoudre, et voilà pourquoi elle est si souvent suivie d'engorgements dont la résolution ne peut être opérée que par les vaisseaux absorbants excités par les topiques stimulants.

Mais s'il est facile de guérir l'albugo récent , il n'en est pas de même de l'albugo chronique , lorsque les vaisseaux absorbants ont perdu la plus grande partie de leur énergie , ou lorsque l'épanchement qui s'est fait dans les lames de la cornée a profondément altéré la texture de cette membrane. Que la matière de cet épanchement ait été absorbée ou non , la texture de la cornée , profondément altérée dans ce point, est affectée pour toujours d'une tache plus ou moins opaque.

Il existe une autre espèce d'albugo, suite de l'ophthalmie chronique variqueuse , dans laquelle , non-seulement les vaisseaux sanguins de la conjonctive qui tapisse la cornée, sont di-

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latés outre mesure, mais aussi ceux qui entrent dans la composition de cette membrane ellemême. Dans cette espèce d'albugo , l'épanchement qui se fait entre les lames de la conjonctive est plutôt sanguin que lymphatique; de sorte que si l'on retranche avec l'instrument les vaisseaux variqueux qui parcourent cette membrane, on obtient bien l'évacuation instantanée des vaisseaux qui se rendent à la cornée, mais ils se remplissent bientôt de nouveau , parce qu'ils communiquent avec d'autres vaisseaux plus petits, situés profondément dans la texture même de la cornée. La preuve de cela, c'est que si l'on pratique de petites ponctions sur l'œil le sang sort comme si l'on exprimait une éponge. Cette espèce d'albugo produite par l'excès de distension des vaisseaux superficiels et profonds de la conjonctive et de la cornée , résiste à tous les moyens préconisés jusqu'ici pour rétablir la transparence de la cornée, même à l'excision des vaisseaux variqueux et à l'emploi des topiques astringents et corroborants.

Les conditions les plus favorables au traitement , et par conséquent à la guérison de l'albugo , sont que la maladie soit récente, sans désorganisation de la cornée ni de la portion de conjonctive qui la recouvre, et que les sujets qui en sont affectés soient encore enfants , ou doués d'une bonne constitution; on conçoit en effet

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