‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 132 sur 154 · CHAPITRE OIZI E M V · texte numérisé non relu

CHAPITRE OIZI E M V

Trente-neu vième Observation .

Mauro Pisani, paysan robuste, âgé de quarante-cinq ans, portait depuis long- temps un ptérygion dans l'angle interne de l'œil droit. Mais cette affection fut tellement négligée qu'elle parvint à couvrir les deux tiers de la pupille , et par conséquent à gêner considérablement la vision.

J'opérai le malade le 11 janvier 1793; il perdit beaucoup plus de sang qu'on ne devait l'attendre d'une opération aussi simple.

Le cinquième jour, la surface de la plaie se couvrit d'un enduit muqueux, signe certain de l'établissement de la suppuration. Pendant tout le traitement, le malade ne fit usage que des lotions d'eau de mauve, répétées trois ou quatre fois par jour , et resta presque toujours levé.

En vingt-huit jours, la cicatrisation s'accomplit entièrement. La cornée resta nébuleuse, comme c'est l'ordinaire, dans le lieu du ptérygion; mais la cicatrice occupait moins d'espace que la maladie : aussi le malade voyait-il moins confusément qu'avant l'opération.

Quarantième Observation.

Un menuisier, âgé de trente-quatre ans, d'une constitution robuste, portait depuis plusieurs

années un ptérygion sur l'œil droit. Cette affection s'étendait de l'hémisphère inférieur du globe de l'œil vers le centre de la cornée, et recouvrait environ un quart de la pupille, lorsque le malade était dans un jour modéré.

Le 12 mars 179,4 -> je saisis le ptérygion à une ligne et demie de son sommet, et le coupai avec des ciseaux un peu au-delà de la circonférence de la cornée; je saisis ensuite la base et l'emportai de la même manière avec une portion de la conjonctive, en suivant une ligne courbe, concentrique au bord de la cornée.

Après avoir laissé couler le sang, je couvris l'œil avec un plumasseau de charpie, trempé dans l'eau végéto-minérale, et passai par-dessus un tour de bande.

Le lendemain, les paupières étaient gonflées, rouges et douloureuses.

Je prescrivis une forte saignée, et j'appliquai sur l'œil un cataplasme émollient; le surlendemain je fis passer un purgatif. L'inflammation se dissipa le septième jour. Cependant la conjonctive était encore engorgée, rouge; et la surface de la plaie ne paraissait pas couverte de mucus.

Ce phénomène n'eut lieu que le douzième jour, et dès ce moment la cicatrisation commença.

Si l'on excepte l'application des cataplasmes dans le principe, je n'ai fait usage dans cette

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