CHAPITRE DOUZIÈME. S
soit parce que , interposé entre la commissure interne des paupières, il les tient nécessairement écartées de ce côté. Il a d'ailleurs l'inconvéuieut d'entretenir l'ophthalmie chronique; il gêne les mouvements des paupières, et les empêche de se fermer; enfin, il dérange le cours des larmes , par la compression qu'il exerce , et par la déviation qu'il fait subir à la direction naturelle des points lacrymaux.
Dans son principe , cette excroissance est le plus souvent granuleuse comme une mûre, ou frangée sur ses bords, et formée de plusieurs lambeaux.
Quand elle a pris un certain degré d'accroissement, elle paraît encore granuleuse dans une certaine étendue; mais, dans tout le reste, elle est lisse, blanchâtre ou cendrée, et parsemée de vaisseaux variqueux. Quelquefois elle s'avance sur la conjonctive oculaire et parvient jusqu'au point où la cornée se réunit avec la sclérotique. Dans cet état, elle intéresse constamment la caroncule lacrymale, le pli semi- lunaire et la membrane interne des paupières , et jette un prolongement particulier sur toute la face interne de la paupière supérieure ou de l'infé rieure dans la direction de leurs bords; en d'autres termes, le corps de l'encanthis se divise aux environs de la cornée en deux appendices ou prolongements , dont l'un s'étend le long
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de la surface interne de la paupière supérieure, et l'autre parcourt la face interne de la paupière inférieure.
Le corps de l'encanthis égale quelquefois la grosseur d'une petite noix ou d'une châtaigne. Dans quelques cas , il est déprimé , et comme écrasé dans sa partie moyenne , qui n'en conserve pas moins l'apparence granuleuse qu'elle avait dans son principe, tandis que ses prolongements offrent l'aspect d'une substance lipomateuse. Si l'on renverse les paupières , ces prolongements font une saillie qui se porte en avant; en sorte que , lorsqu'ils existent sur les deux paupières, ils représentent une espèce d'anneau adossé au globe de l'œil. Fabrice de Hilden a bien connu la maladie dont nous parlons : il lui a donné le nom de ficus scirrhosus ad majorent oculi canthum (i).
(i) Centur. I, Obser. II, anno 1598. 2° feb. ad cèdes D, Pétri Dumantii verbi divini ministri ad qûadragenarium , habentem tumorem scirrhosum ad magnum oculi canthum , castanëœ magnitudine , colore livido > et multis venis capillaribus intertextum, vocatus fui. Ille autem tumor ab und parte adhœrebat conjunctivœ membranœ usque adiridem ; ab altéra vero hœrebat palpebrœ superiori , et lacrymali glandulœ : ita ut ad Oculi rnotum iotam cooperiret pupillam scirrhus ille. Nos ( œgro purgato , prout in prœcedente observatione fusius declaravimus), incisa item cephalicâ in sinistro brackio, institutâque optimâ victûs ratione,prœsente M. Nicolao Fevotto