CHAPITRE DOUZIÈME
li semble pourtant que, dans le cas rapporté par cet auteur, l'encanthis n'avait qu'un seul appendice , situé sur la face interne et au-dessous du rebord de la paupière supérieure.
11 arrive quelquefois, comme je l'ai dit en parlant du ptérygion, que l'encantbis devient cancéreux. On reconnaît cette dégénérescence à la couleur d'un rouge obscur et comme plombée de l'excroissance , à son extrême dureté , et aux douleurs lancinantes dont elle est le siège:
et Daniele Leclerc Lausanne nsibus , forcipe nostrâ oculari hic delineata tumorem apprehendimus. Tum attractâ paulatim
forcipe , et inversa supcriori palpebrâ , tumorem cultello separatorio ad id aptato commode separavimus. Posteà albumen ovi aquâ rosacedmixtum imposuimus. Inde collyriis anodinis , et abstersivis et tandem exsiccantibus oculum intra septimanas \ très, visu plane illœso , persanavimus. Intérim lamen purgationes aliquoties iteravimus , et cucurbitulas cum largiorî
Jlamma scapulis etnuchœ admovimus. Defensivum itemfronti et temporibus applicuimus.
Collyrium anodinum. Rec. mucilag. sem. cjdon. plantag. cum aqua rosacea extrada?, lactis muliebris , anauncias II; camphorœ, croci, ana scrupulum dimidium ; misce et applica iepide.
Collyrium exsiccans. Rec, aquarum plantag. rosar. ana iincias quatuor, tutiœ prœpœratœ, cornu cervi usti et prœ. parât., cerusœ lotœ , ana drachmam unam. Misce, fiât collyrium. Hic monitos velim chirurgos collyria in quœ ingreditur lac , œstate singulis , hieme verô alternis diebus iieranda esse. Acescit enim lac et acre efficitur : hinc dolores , et inflammationes excitât.
douleurs, qui s'étendent au front et aux tempes, et que le plus léger attouchement suffit pour exaspérer. La tendance aux hémorragies , des points d'ulcération , et le développement d'une substance fongueuse sur le corps même de la tumeur, l'écoulement d'une humeur acre et ténue, sont encore des symptômes de la même dégénérescence.
L'encanthis n'admet alors qu'un traitement palliatif, à moins qu'on ne veuille tenter l'extirpation de cette tumeur et de toutes les parties contenues dans l'orbite ; encore même le succès est-il très-douteux.
Quels que soient le volume et rétendue des racines de l'encanthis , il faut l'extirper. A cet effet , on le saisit avec des pinces et on l'emporte avec des ciseaux courbes, très-près de sa base. Il n'est pas nécessaire de passer un fil à travers la tumeur, comme le font quelques chirurgiens, pour la soulever et pour détruire ensuite ses racines avec plus de précision; on parvient au même but avec des pinces à disséquer , et l'on épargne au malade la douleur d'une opération d'ailleurs inutile. Toutefois il faut prendre garde , en extirpant un encanthis peu volumineux, de ménager la caroncule autant que possible, de peur de produire un larmoiement incurable.
Après l'opération , on lave Fœil avec de leau froide, et on le couvre d'une compresse qu'on