CHAPITRE TREIZIÈME. 3oO
terminée , si l'on en excepte quelques picotements passagers dont la malade se plaignait encore.
Le sixième jour, elle me parut plus tranquille qu'à l'ordinaire: en effet, l'hypopion était considérablement diminué, et j'aperçus une goutelette du fluide qui le constitue , sur le point de sortir par l'ulcère de la cornée. Je me gardai d'exercer la moindre pression sur le globe de l'œil , de peur d'occasionner la procidence de l'iris en voulant déterminer la sortie de la matière de l'épanchement. Je continuai donc les cataplasmes émollients jusqu'à l'évacuation complète de cette matière, qui se fit dans l'espace de sept jours. Alors je touchai le petit ulcère avec la pierre infernale , de manière à produire une escarre profonde et très- adhérente. L'intensité de la douleur qu'éprouva la malade, et la rougeur subite qui s'empara de la conjonctive, me firent craindre le retour de la première période de l'inflammation; mais les douches de lait tiède, les topiques émollients, une émulsion avec le laudanum liquide tous les soirs, ramenèrent un calme parfait. L'escarre se maintint en place pendant quatre jours consécutifs ; elle tomba le cinquième , et je touchai de nouveau l'ulcère avec le même caustique: les accidents déterminés par cette seconde opérati#n furent moindres que ceux de la première. A la chute de la
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seconde escarre , le fond de l'ulcère parut couvert de granulations, et dans un état voisin delà cicatrisation. Le collyre vitrioîique, continué pendant quinze jours, termina la guérison (i).
Quaran te-cinq u Verne o bservation.
Mauro Spagnoli , paysan , âgé de 60 ans , entra à l'hôpital le 20 mars 1793. Il était affecté d'un hypopion à l'œil gauche, qui, au rapport du malade, existait depuis trois semaines, et s'était manifesté à la suite d'une ophthalmie violente heureusement traitée par les saignées et les autres anti-phlogistiques. Il n'éprouvait d'ailleurs aucune douleur remarquable dans l'œil, et bravait sans répugnance une lumière
(1) Je pourrais extraire de mes journaux un grand nombre d'observations analogues aux précédentes , si je le croyais nécessaire à l'intelligence de la méthode curative que je viens d'exposer. Je me contenterai de faire observer qu'il est rare, dans les hôpitaux, de voir l'hypopion pendant la période inflammatoire de i'ophthalmie, parce que les habitants de la campagne et les gens du peuple sont dans l'habitude de se faire saigner abondamment et fréquemment dans les inflammations des yeux , ce qui leur réussit souvent. Mais lorsqu'après la cessation des symptômes inflammatoires, il se fait dans l'intérieur de l'œil un épanchement d'albumine qui trouble la transparence de la cornée, alors ils se décident à entrer à l'hôpital.