CHAPITRE TREIZIÈME. 3ll
modérée. La conjonctive était rouge, mais cette rougeur provenait de l'atonie de ses vaisseaux. L'âge du malade, le peu de sensibilité de l'œil et l'état stationnaire de l'hypopion, tout démontrait la nécessité de réveiller l'activité du système lymphatique, et de fortifier les vaisseaux de la conjonctive, pour hâter l'absorption de la matière épanchée dans la chambre antérieure. Ainsi, loin d'employer les anti-phlogistiques , comme dans les cas précédents , je prescrivis au malade des aliments nourrissants proportionnés aux forces de son estomac, et une décoction de quinquina, à la dose de trois onces, trois fois par jour. Je fis instiller, toutes les deux heures , quelques gouttes du collyre vitriolique dans l'œil, et je fis poser un vésicatoire à la nuque. En huit jours , l'hypopion diminua de moitié, et la conjonctive perdit ce rouge-brun qu'elle avait dans le principe. Enfin J'augmentai l'énergie du collyre vitriolique par l'addition de quelques gouttes d'esprit -de -vin camphré; et dix jours après il n'y avait plus vestige d'hypopion , ni de phlegmasie.
Quarante-sixième observation.
Jean Nuvola, âgé de quarante-cinq ans, d'une constitution faible, maladive, travaillant dans les rizières, fut frappé dans l'œil droit par un
3ra MALADIES DES YEUX.
épi de riz , avec tant de force, qu'il se manifesta , le jour même de l'accident, une ophthalmie trèsdouloureuse ; peu de jours après , on vit dans la chambre antérieure un épanchement de matière qui remplissait le tiers de sa capacité. Ce malade fut largement saigné , purgé , et fit assidûment des lotions sur l'œil avec une infusion de fleurs de sureau et de feuilles de mauve.
Le septième jour , la première période de l'ophthalmie fit place à la seconde, mais l'hypopion restait toujours dans le même état : l'œil affecté ne présentant aucun symptôme important, il était couvert seulement d'une simple compresse destinée à le défendre de l'impression de l'air et de la lumière.
Le malade sortait et se livrait encore un peu à ses travaux ordinaires; mais , quinze jours après la terminaison delà période inflammatoire, voyant que la transparence de la cornée ne revenait pas , il se décida à entrer à l'hôpital.
Une inflammation chronique occupait la conjonctive, et la cornée était opaque et légèrement excoriée dans deux points, comme si l'on eût enlevé l'épiderme.
Pour remplir la double indication présentée par la faiblesse générale et locale, je prescrivis des aliments toniques et nourrissants et l'usage intérieur du quinquina; je conseillai en même temps le collyre vitriolique, que le malade ne put