‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 41 sur 154 · CHAPITRE PREMIER. Jl · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. Jl

Le traitement de l'orgeolet, comme celui clés furoncles, forme une exception à la règle générale, qui veut que la résolution soit la terminaison la plus favorable des tumeurs inflammatoires. Toutes les fois en effet qu'un furoncle a désorganisé un petit paquet de tissu cellulaire , la résolution ne peut s'effectuer , au inoins d'une manière complète; elle serait même, dans ce. cas , plus nuisible qu'utile , puisqu'elle laisserait une masse plus ou moins considérable de tissu cellulaire privé de vie, qui tôt ou tard ferait récidiver la maladie, ou se transformerait en un corps indolent et dur, qui serait la cause d'une difformité des paupières.

L'orgeolet commençant peut se terminer par résolution lorsque, borné aux téguments, il n'a pas encore envahi le tissu cellulaire subjacent. On peut favoriser cette terminaison par l'em* ploi des répercussifs , et surtout par l'application du froid porté sur le point où la paupière commence à rougir, à l'aide d'une tige métallique , d'une clé , ou d'une pièce de monnaie.

Mais si déjà une portion du tissu cellulaire est frappé de mort, tous les topiques répercussifs sont inutiles et dangereux, et l'on ne doit avoir recours qu'aux applications émollientes et anodines. Il faut alors appliquer sur les paupières affectées un cataplasme composé ave^c

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la mie de pain et le lait , auquel on ajoute un peu de safran , ou bien avec la pulpe d'une pomme cuite; on renouvelle ce topique toutes les deux heures , et plus souvent encore dans la saison froide.

Lorsqu'on voit blanchir le sommet de l'orgeolet , il ne faut pas se hâter de l'ouvrir pour donner issue à la petite quantité de sérosité purulente qui se trouve entre le bourbillon et la peau ; il faut attendre que celle-ci s'amincisse autour du point blanchâtre, qu'elle se rompe et s'ouvre assez d'elle-même pour laisser sortir avec le pus toute la portion morte du tissu cellulaire. Lorsque le bourbillon tarde trop à s'échapper, on le fait sortir en pressant doucement la paupière vers la base de la petite tumeur. Tous les symptômes de la maladie ne tardent pas ensuite à disparaître : le vide qui remplace le bourbillon se remplit et se ferme en il\ heures.

Quelquefois, mais rarement, le bourbillon ne sort qu'incomplètement. Il reste alors au fond de la cavité un petit paquet de tissu cellulaire jaunâtre , qui s'oppose à la guérison. Il serait inutile, dans ce cas, de continuer les cataplasmes ; il faut porter un pinceau imbibé d'acide sulfurique sur les vestiges du bourbillon , afin qu'entièrement désorganisées , ils se séparent des parties vivantes, et s'échappent audehors. La plaie ne tardera pas ensuite à se fermer. Si la paupière reste édémateuse et gon-

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