CHAPITRE IL
De VOrgeolet.
J-j'orgeolet n'est, à proprement parler, qu'un petit furoncle qui se développe sur le bord libre des paupières , le plus ordinairement vers le grand angle de l'œil. Cette petite tumeur est en effet, comme les clous, d'un rouge foncé, trèsenflammée, et beaucoup plus douloureuse qu'on ne le croirait, si l'on n'avait égard qu'à sa petitesse. Cela tient, d'une part, à la violence de l'inflammation ; de l'autre , à la tension et à l'extrême sensibilité de la peau qui tapisse le bord libre des paupières. L'orgeolet excite souvent la fièvre et l'insomnie chez les personnes délicates et sensibles ; il suppure et s'ouvre difficilement» Cette espèce d'inflammation , qu*on peut appeler furonculeuse , diffère sous plusieurs rapports de l'inflammation phlegmoneuse ordinaire. La première, en effet, commence toujours par la peau , gagne le tissu cellulaire , et le frappe pour ainsi dire de mort dans une étendue plus ou moins considérable; l'autre, au contraire, se développe d'abord dans le tissu cellulaire
t/Q MALADIES DES YEUX.
sans détruire sa vitalité, et de là se propage à l'extérieur jusqu'à la peau. L'inflammation furoncuieuse se limite très - promptement, et forme une tumeur circonscrite , dure , douloureuse, saillante, qui contient, au lieu d'une. lymphe coagulable , un bourbillon celluleux, tandis que l'inflammation phlegmoneuse tend à se propager le long du tissu cellulaire, en versant dans ses aréoles une quantité considérable de lymphe concrescible qui les soulève et les distend. Dans le furoncle qui contient une escarre, la suppuration est toujours incomplète , et ne s'établit pas au centre de la petite tumeur, mais entre elle et les parties voisines. Dans le phlegmon, au contraire, le pus se ramasse précisément au centre de la tumeur celluleuse, laquelle s'affaisse et disparaît aussitôt qu'il est sorti. Quand un furoncle arrive à sa seconde période, la peau qui le couvre se perce d'un ou plusieurs trous , d'où l'on voit sortir une goutte de sérosité ; le bourbillon qui formait la base de la petite tumeur, s'échappe ensuite sous la forme d'un corps étranger ; mais le vide qu'il laisse après lui ne tarde pas à se remplir et à s'effacer entièrement. Tous ces phénomènes caractéristiques de l'inflammation furonculeuse , appartiennent également à Forgeolet, dont la nature, je le répète, ne diffère nulle-* ment de celle des furoncles.