CHAPITRE III
Des Tumeurs cystlques des paupières.
XL se forme assez souvent de petits kystes dans l'épaisseur des paupières. Quelques auteurs expliquent leur fréquente apparition dans ces organes par le nombre considérable de follicules sébacés qu'ils renferment. L'accroissement contre nature de l'un d'eux et surtout de l'un de ceux qui portent le nom de Meïbomius leur paraît être l'origine de toutes ces tumeurs folliculaires.
J'abandonne volontiers une telle discussion , qui ne me paraît avoir aucune utilité pratique; je ferai seulement observer que les follicules de Meïbomius occupent le bord des paupières , tandis que les tumeurs cystiques se montrent également sur tous leurs points, et paraissent ainsi se développer aussi bien dans les vésicules du tissu cellulaire que dans les glandes de Meïbomius elles-mêmes.
Au moment de leur apparition , ces tumeurs ne sont pas plus grosses qu'une lentille ou qu'un grain de millet; mais elles ne tardent pas à ac-
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quérir le yo;ume# d'une fève ou d'une noisette. Elles ne sont pas ordinairement douloureuses, elles gênent seulement plus ou moins lorsque parvenues à un certain volume , elles empêchent le libre mouvement des paupières, les tiennent abaissées en partie, ou compriment le globe de l'œil.
Quant au siège primitif de ces tumeurs, de nombreuses observations m'ont appris qu'elles sont dans leur principe plus près de la conjonctive que de la peau , de sorte qu'en relevant les paupières, on les trouve tellement superficielles, qu'on distingue très-bien à travers la conjonctive la transparence du follicule jaunâtre qui les constitue (j).
C'est envain que j'ai plusieurs fois tenté d'obtenir la résolution de ces tumeurs cystiques , soit que j'employasse l'eau régale conseillée par Morgagni (16), ou l'eau de fleurs de sureau avec addition d'une dose d'ammoniaque assez légère pour ne pas irriter trop fortement les paupières,
(i) Elles se développent toujours entre le muscle palpébrai et le ligament large des paupières ; néanmoins celles qui ont leur siège dans la paupière supérieure , font plus de saillie sous la peau que sous la conjonctive ; souvent c'est le contraire pour celles qui se forment dans la paupière inférieure. {Note des traducteurs.)
(2) Epist, Anat., xni, 2.
soit que j'eusse recours aux topiques gommeux résolutifs , ou aux frictions mercurielles. Je suis entièrement convaincu que l'extirpation de ces tumeurs est le seul moyen de s'en débarrasser, surtout lorsqu'elles existent depuis quelques mois (1).
J'ai dit que dans le plus grand nombre des cas, ces tubercules folliculaires se trouvent plus rapprochés de la conjonctive à laquelle ils adhèrent même intimement que de la peau; il résulte de là que si l'on incise cette dernière pour les extraire de dehors en dedans , on court le risque de percer les paupières d'outre en outre. C'est pourquoi je pense qu'il vaut beaucoup mieux les attaquer par la face interne des paupières, quoique le contraire ait été récemment avancé par des chirurgiens d'un grand mérite. En procédant, comme jel'indique, onnepratique qu'une incision très-superficielle; la séparation du follicule est facile, le traitement consécutif presque nul , et les paupières ne conservent aucune trace ni de la maladie, ni de l'opération qu'elle a nécessitée.
(1) M. le professeur Boyer a plusieurs fois fait disparaître des tumeurs cystiques de ce genre même assez volumineuses, en lavant fréquemment les paupières avec une solution d'ammoniaque , et en les couvrant d'un amplâtre de savon et de dyacîiilon gommé. (Note des traducteurs).