‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 74 sur 154 · CHAPITRE SIXIÈME. I Zj · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME. I Zj

le jeune homme sortit de l'hôpital dix jours après, n'ayant d'autre difformité qu'une légère tuméfaction à Ja paupière supérieure du côté de l'angle interne, vers l'endroit où l'abcès s'était ouvert. Il est certain que ce fut la présence de la petite paille qui pendant huit mois empêcha l'ulcère de la paupière de se cicatriser, mais il est surprenant que le malade ne se soit pas éveillé au moment de l'introduction de ce corps étranger dans l'œil.

Vingt- cinquième observation.

Un habitant de la campagne des environs de Stradella , nommé Joseph Antoine Scanarotti, âgé de 36 ans, portait depuis long- temps une verrue dans le voisinage du contour inférieur de l'orbite. Ce petit tubercule devintdouloureux dans le courant du mois de janvier de l'année 1795. Un chirurgien de l'endroit le couvrit d'un emplâtre dont l'effet fut d'occasioner un érysipèle qui s'étendit sur toute la partie droite de la face, et dès que l'érysipèle commença à diminuer, il appliqua le fer rouge sur le tubercule et le cautérisa profondement ; puis couvrit l'es- . carre d'un cataplasme de mie de pain et de lait ? qui fut renouvelé pendant plusieurs jours consécutifs. La plaie qui suivit la chute de l'escarre se cicatrisa dans l'espace de deux mois(i);

0) pi.n,'fig. 1.

JO

ï46 - MALADIES DES YEUX.

ia paupière inférieure demeura légèrement inclinée en dehors; peu-à-peu la conjonctive palpébrale se boursoufla, et devint au bout de deux ans tellement exubérante qu'elle renversa la paupière dans toute son étendue, comme le représente la figure Ire de la table ie. Le malade défiguré et tourmenté par un larmoiement continuel, se rendit dans cet hôpital le 29 avril de l'année 1797.

En pressant de bas en haut la paupière inférieure avec l'extrémité du doigt , je vis qu'elle remontait presqu'à sa hauteur naturelle, d'où je conclus la possibilité d'améliorer le sort de cet infortuné. Je commençai par appliquer pendant trois jours sur la conjonctive devenue dure et calleuse, un linge enduit d'un mélange de cérat et d'huile , et par-dessus un cataplasme fait avec la mie de pain et le lait.

Le 3 janvier 1 798 ? je divisai la conjonctive à l'aide d'un bistouri convexe au niveau du bord libre de la paupière et sans léser le point lacrymal; puis, après avoir détaché cette membrane de haut en bas , j'en excisai toute la partie fongueuse ; j'appliquai sur la paupière un linge enduit de cérat et d'huile, et une compresse qui s'étendait jusque sur l'os malaire. Cet appareil fut maintenu par un bandage analogue au monoculus.

Le sixième jour, à la levée du premier appa-

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