CHAPITRE PREMIER
Du Flux palpèbral puriforme , e£ âfe la Fistule
lacrymale.
(j'est à tort que la plupart des chirurgiens disent qu'il y a fistule lacrymale lorsqu'en comprimant l'espace qui se trouve entre le nez et le grand angle de l'œil, on fait refluer par les points lacrymaux un mélange de larmes et de matière purulente jaunâtre. Néanmoins si cette dénomination n'était qu'une simple inexactitude de langage, qui n'eût d'influence ni sur le diagnostic, ni sur le traitement de l'affection à laquelle on l'applique, je ne m'arrêterais pas à relever son inconvenance; mais elle renferme une erreur de fait qui peut égarer le jugement des jeunes praticiens , et leur donner une fausse idée de la maladie qu'elle désigne, et de plu-
sieurs autres affections des voies lacrymales. Pour prévenir cet inconvénient , je donnerai le nom de flux palpêbral puriforme à cet état morbide de l'appareil lacrymal dans lequel la compression du sac d'ailleurs intact fait refluer par les points lacrymaux une matière visqueuse et jaunâtre , qui, sans être un pus véritable, a cependant avec ce fluide la plus grande analogie (i). En second lieu, j'appelle fistule lacrymale cette affection dans laquelle il y a nonseulement distension , mais encore ulcération du sac lacrymal avec des végétations fongueuses
(i) La maladie que M. Scarpa nomme ici flux palpêbral puriforme, n'est autre chose que la tumeur lacrymale des auteurs; la définition qu'il propose est fondée sur l'origine qu'il assigne à cette affection; il croit , en effet , que la tumeur lacrymale dépend presque toujours d'une lésion particulière de la conjonctive palpébrale et des follicules de Meïbomius. Nous pensons, au contraire, qu'elle n'a pas de cause plus fréquente que l'obstruction , ou le rétrécissement du canal nasal. M. Scarpa présente à l'appui de son opinion ,, plusieurs observations qui, selon nous, prouvent bien la réalité , mais non la constance du fait sur lequel repose sa théorie ; nous en dirons autant des observations intéressantes que MM. Larrey, Nicod et Ducasse ont consignées dans la Revue médicale. Il nous serait facile d'invoquer en faveur de notre opinion l'autorité des noms les plus célèbres : J. L. Petit, Louis , Sabatier, Pott, Ware et la plupart des praticiens de nos jours placent dans le canal nasal la cause ordinaire de la tumeur lacrymale. {Note des Traducteurs.^.