CHAPITRE SEPTIÈME. l8f
l'année. Enfin, si l'on a des raisons de soupçonner que le lait dont se nourrit l'enfant a quelque part à cette affection , on changera de nourrice , ou on lui fera prendre des remèdes pour améliorer l'état de l'estomac, et par suite celui des humeurs.
Malheureusement, dans la classe indigente de la société où l'ophthahnie dont nous parlons est très-commune , le plus souvent le médecin n'est appelé qu'au second degré de la maladie, c'est-à-dire après la période inflammatoire, et lorsque l'écoulement puriforme est déjà bien établi. Au début et pendant toute la durée de la première période, outre les antiphlogistiques généraux , on appliquera sur les paupières des sachets d'herbes émollientes bouillies dans le lait et saupoudrées de camphre, ou bien encore un cataplasme de mie de pain et de lait safrané, ou de pommes cuites saupoudrées de camphre. Mais aussitôt que l'écoulement vient à se manifester (signe certain du passage de la première à la seconde période), on remplacera les topiques émollients par des astringents et des résolutifs, dans l'intention de rendre aux vaisseaux des paupières et de la conjonctive l'énergie qu'ils ont perdue , et de réprimer les fongosités de la membrane interne des paupières, d'où dépend la sécrétion morbide dont elles sont le siège. Je conseille à cet effet.
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comme un des meilleurs moyens qu'on puisse employer , l'instillation d'une petite quantité d'eau camphrée dans les yeux. Cette eau se compose de parties égales de vitriol romain et de bol d'Arménie, et d'un quart de camphre : le tout bien pulvérisé et bien mêlé. On prend une once de ce mélange , on le jette dans une livre d'eau bouillante , on retire le vase du feu , et on laisse reposer le liquide pendant quelques minutes , afin que les parties les plus grossières gagnent le fond; enfin, on filtre la liqueur. Ce remède s'emploie, dans le principe, de la manière suivante : on met un gros de cette eau camphrée dans deux onces d'eau distillée de plantain froide, et l'on augmente progressivement la dose de l'eau camphrée selon le besoin. On injecte ce collyre au moyen d'une petite seringue d'ivoire, dont on introduit le bout avec précaution entre les paupières, vers l'angle externe de l'œil ; on répète cette injection deux ou trois fois par jour lorsque la maladie est légère, et toutes les heures, dans les cas lés plus graves; on applique ensuite sur les paupières un morceau de linse fin enduit d'un blanc d'œuf battu avec de l'alun, et Ion prévient l'adhérence des paupières en frottant leurs bords libres, avec une pommade composée d'huile et de cire.
A la faveur de ce traitement, le flux des paupières cesse ordinairement dans l'espace dune
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quinzaine de jours, l'engorgement se dissipe et permet au chirurgien de prendre une connaissance précise de l'état des yeux. Lorsque la cornée paraît encore un peu trouble, on parvient souvent à l'éclaircir avec la teinture thébaïque de la pharmacopée de Londres, et à défaut de ce moyen, avec l'onguent ophthalmique de Janin.
L'ophthalmie gonorrhoïque est fort analogue à l'ophthalmie puriforme des enfants , quant à l'intensité de l'inflammation , à l'écoulement dont elle s'accompagne, et à la promptitude avec laquelle elle tend à détruire l'organe de la vision ; mais elle en diffère essentiellement par la cause dont elle provient.
Elle peut dépendre i° de la suppression subite d'une blennorrhagie vénérienne, quoique toute suppression n'ait pas cette conséquence ; i° d'une véritable inoculation du virus vénérien, transporté par inadvertance des parties génitales sur les yeux (1).
Dans la première supposition, la gonorrhée se supprime tout-à-coup à la suite d'une cause quelconque (abus des liqueurs spiritueuses, ex-
(i) Dans l'un et l'autre cas , la suppression de l'écoulement blennorrhagiquepeut avoir lieu; mais elle estla cause de l'oplithalmie dans le premier, tandis qu'elle en est l'effet dans !e second. (Note des Traducteurs.')
position à un air froid et vif, injections astringentes dans l'urètre, etc.), et l'ophthalmie se déclare : la tuméfaction des paupières est d'abord plus considérable que celle de la conjonctive; peu de temps après, il se manifeste un écoulement abondant d'une matière jaunâtre tirant un peu sur le vert, comme dans la blennorrhagie vénérienne; il y a de la fièvre; les malades se plaignent de chaleur, de céphalalgie, de douleur vive dans les yeux; ils ont une grande aversion pour la lumière; et quelquefois on observe un commencement à'hypopion dans la chambre antérieure. Dans la seconde supposition, Fophthalmie se déclare lorsque le malade s'inocule le virus vénérien en se frottant les yeux avec les doigts, ou avec un linge chargé de ce virus; toutefois les symptômes indiqués sont moins violents dans le second cas que dans le premier.
La plupart des praticiens pensent que , dans le premier cas, il se fait une véritable métastase, un transport de Ja matière gonorrhoïque sur les yeux; mais cette théorie ne paraît pas également satisfaisante à tous les esprits. En effet, la suppression subite de la gonorrhée n'est pas toujours suivie de l'ophthalmie puriforme dont nous parlons ; loin de là , cette affection est rare comparativement à la fréquence des cas de suppression inopinée de la blennorrhagie. Seconde-