CHAPITRE SEPTIÈME
triomphé de la période inflammatoire , ce qu'il est facile de reconnaître à la cessation de la fièvre, à la diminution de la douleur et de la tuméfaction des paupières, il faut, sans s'embarrasser si la distension des vaisseaux capillaires de la conjonctive et l'écoulement subsistent encore; il faut, dis-je, renoncer aux topiques émollients et les remplacer par des collyres astringents, telle que la dissolution d'un grain de sublimé corrosif dans dix onces d'eau distillée de plantain, dont on fera pénétrer quelques gouttes , deux ou trois fois par jour, entre les paupières et le globe de l'oeil ; toutefois si cette préparation paraissait trop irritante , on l'adoucirait en ajoutant une petite quantité de mucilage de semences de psyllium. La teinture thébaïque est encore un excellent moyen. Il n'est pas besoin de faire observer que ce traitement n'est convenable que dans les cas où l'excision de la conjonctive n'a pas été pratiquée , car après cette opération il faut s'abstenir, dans toutes les périodes de l'ophthalmie , des astringents et des stimulants , du moins des plus violents. Le même traite» ment convient à l'ophthalmie gonorrhoïque inoculée, avec cette différence que dans celle-ci, il n'est pas nécessaire d'employer des topiques pour rappeler le flux blennorrhagique dans son siège primitif, et que les collyres mous sont plus efficaces que les collyres liquides : de ce nombre
sontlonguent mercuriel ordinaire , la pommade ophthalmique de Janin , etc. (i)
Outre l'ophthalmie purulente des enfants et l'ophthalmie syphilitique , il en est une autre à-peu-près analogue qui se manifeste dans tous les kges et qui se propage évidemment par contagion. C'est à cette dernière espèce qu'il faut rapporter l'ophthalmie qui se manifesta parmi les troupes anglaises et françaises dans l'expédition d'Egypte. Ware(a) affirme que cette ter-
^i) Il est très-probable que M. Scarpa rapporte à la consistance des collyres ce qui dépend de leur composition. Ce n'est pas à leur mollesse que l'onguent mercuriel et celui de Janin doivent l'efficacité dont ils jouissent dans l'ophthalmie gonorrhoïque , mais au mercure qu'ils contiennent. M. Dupnylren a plusieurs fois éprouvé que celte ophthalmie résiste indéfiniment à l'usage des émollients et des saignées, tandis qu'elle cède très-promptement à l'insufflation dans l'œil de quelques grains de mercure doux. Cette poudre irrite d'abord: les yeux deviennent plus rouges, larmoyants, douloureux même; mais cette exacerbation est passagère ; ensuite le calme se rétablit, et l'état des yeux s'améliore. M. Boyer dit également en parlant de l'ophthalmie qui nous occupe, que lorsque l'inflammation commence à s'apaiser, il convient d'ajouter aux topiques anti-phlogistiques, quelques préparations mercurielles, ou même de faire subir au malade un traitement mercuriel complet dans les cas où l'ophthalmie est l'effet de l'inoculation du virus vénérien.
{Note des traducteurs.}
(2) Remarks on the purulent ophthalmy, London 1808. On lit dans cet ouvrage que, les naturels étant d'une constitution